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Malek Bennabi à Tripoli

Dans l'affaire Libyenne, le ratage impardonnable de la diplomatie algérienne rentrera dans les annales...jamais aucun pays n'a réussi à dilapider son capital confiance auprès de la communauté internationale avec autant de désinvolture...le comble c'est que le responsable de cette décadence connaissait l’immense effort accomplis durant et après la guerre de libération pour asseoir notre diplomatie, dont les premiers balbutiements furent tissés dans la douleur et dans des conditions désespérées lors de la conférence de Bandoeng du 18 avril 1955...
Ce capital a été dilapidé sur la muraille de Bab El Azizya...je suis incapable de dire pourquoi, n'étant pas dans le secret des dieux...mais je peux dire que c'est catastrophique pour la voix de l'Algérie dans le concert des nations...de nombreux amis, à la lumière des exigences de l’Algérie – engagement du CNT à lutter contre l’AQMI- pensent que nous nous en tirons pas mal....j'aimerai bien les croire...mais s'il y a un peuple avec lequel nous ne pouvions pas nous fâcher c'est bien le peuple Libyen...lui le prend pour la pire des trahisons parce que venant d'un véritable peuple frère...parce que c'est nous...je sais que jeunes et moins jeunes sont un peu scotchés sur l'idée que Bouteflika est infaillible...je trouve cette posture inintelligente parce que bâtie sur des éléments subjectifs, voire par atavisme. C’est lorsque nous serons capables de discernement sans accointances aucune que nous deviendrons un peuple adulte ; pour l'instant nous nous comportons comme des enfants gâtés qui se suffisent de quelques tapes dans le dos et de friandises.
Moi je suis toujours dans la vigilance et dans le questionnement, j'accepte mes erreurs de jugement et je me corrige ; mais lorsque j'ai raison, je ne recule plus ! Quitte à casser la boite de vitesse, car dans mon esprit l'essentiel est dans la résistance.
Tous les algériens pris individuellement disent qu'il n'y a aucun espoir que ce pays change...c'est une posture défaitiste et confortable...propre aux peuples aptes à la "colonisabilité" selon l'excellente formule de BENNABI.
Moi je suis dans la sphère de ceux qui pensent profondément que tout est réversible....à moins de 6 ans j'ai assisté au déferlement des humbles à mains nues sur Philippeville/Skikda, le 20 aout 55...à l'époque personne ne donnait cher de notre peau...pourtant malgré ou en raison des lourds sacrifices le peuple Algérien avait vaincu sa peur et a finit par se libérer...
Aujourd'hui nous sommes redevenus aptes à la colonisabilité  car les jeunes ne croient pas au changement et se complaisent dans des projets débiles de Harga (fuite) ou d'ANSEJ...ça serait trop facile...un bon vieux dicton populaire pour conclure "Essadji ma T'khalilou, El Djayah ma T'khalilou" (ne rien laisser ni à l’enfant prodige ni à l’enfant prodigue)…une note optimiste pour finir, entre les deux peuples existent des liens ancestraux, des liens de sang et de respect mutuels, des liens tissés dans le combat libérateur, si forts et si sincères que toutes les contingences seront vite contournées grâce à des Algériens - dans le système et dans la société civile- et des Libyens capables de transcendances...

Commentaires

  1. Cette tragédie, vue et vécue en direct sur les télés du monde entier,a été au départ prise pour un"chahut d'enfants" par certains ,qui croyaient ferme que cette révolution serait étouffée dans l'oeuf, d'où (peut être)une position de neutralité.Mais avec le temps ce "chahut" de gamins a grandi et les armes ont parlé.C'est bien douloureux de voir nos frères libyens s'entretuer.Il s'agit certes d'une affaire intérieure , mais une intervention énergique des dirigeants arabes aurait pu mettre fin à ce bain de sang , durant ce mois sacré.Tout le monde peut se tromper ,et tout le monde peut se corriger.

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