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La facture salée du dessalement

 La récente mise en service de la station de dessalement du Chéliff coïncide avec l'ouverture d'un débat certes encore timide à mon gout, mais qui risque de réveiller les vieux démons...Un jour avant la visite de Bouteflika -les 27 et 28 juillet 2007-, je publiais sur les colonnes d'El Watan un reportage sur les risques de la construction de cette unité de dessalement...j'étais bien seul à l'époque...aujourd'hui que l'usine est une réalité...il va bien falloir payer la facture...dans la sinistrose économique qui se profile, il apparait que les choix étaient hasardeux, irréfléchis et surtout très couteux pour nos portes-monnaies, pour notre environnement et pour notre avenir...

le dossier se compose:

1-de l'article d'El Watan du 26 juillet 2007

2- de l'article de TSA du 08 Aout 2011

3- du communiqué du RCD publié par TSA le 22 Juin 2009

1- Article d'El Watan

Disposant de réserves souterraines et de nombreux barrages

Les dérives du dessalement tous azimuts à Mostaganem

  El Watan du 26/07/2007 | 22:35
lien:

Dans une région qui lutte depuis plus de 30 ans sur divers fronts pour trouver un équilibre entre la baisse des ressources en eau et les besoins sans cesse croissants de l’agriculture et de la population, la question peut paraître déplacée.

Mostaganem. De notre correspondant Pas si sûr, si on prend le soin de disséquer avec sérénité et rigueur les données disponibles. Disposant d’une grande réserve d’eaux souterraines, la région de Mostaganem est connue pour être l’une des plus agricoles du pays. Bénéficiant d’un climat maritime très favorable, elle offre des possibilités de production de primeurs et de maraîchages que lui envient toutes les autres régions du pays. De ce fait, elle aura développé une agriculture diversifiée et performante. Ceci par la grâce de disponibilités hydriques importantes. C’est pourquoi, pendant très longtemps, les besoins de la population urbaine en eau domestique seront totalement assurés par des forages qui parsèment toute la zone du plateau. Mais cette disponibilité commencera à s’estomper sous les effets conjugués d’une production agricole irriguée en constante évolution, d’une croissance démographique soutenue et d’une sécheresse récurrente.

70 000 foyers au réseau d'eau

Le recours aux eaux de surface par la construction de barrage et de retenues collinaires sera alors envisagé sans précipitation. C’est ainsi que la région du Dahra — mieux arrosée par les eaux de pluie mais moins pourvue en eaux souterraines — hérita d’un projet de construction d’un barrage sur l’oued Kramis. Confié à une entreprise italienne, le barrage sera lancé par le président de la République lors d’une visite en mars 2002. Actuellement, il renfermerait environ 25 millions m3, dont une infime partie est distribuée à travers le réseau d’AEP de toutes les agglomérations connectées. C'est-à-dire la plupart des centres urbains. Ce qui donne approximativement une bonne douzaine de milliers de foyers, car à l’heure actuelle, le nombre total de foyers qui sont reliés au réseau d’eau s’élève pour l’ensemble de la wilaya à environ 70 000, dont près de la moitié se trouve à l’intérieur du tissu urbain du chef-lieu de wilaya. Concernant la disponibilité de l’eau potable au niveau de la région depuis le piquage réalisé du temps de Abdelmadjid Attar, alors ministre des Ressources en eau, sur la conduite reliant le barrage du Gargar à Oran, la disponibilité de l’eau potable aura atteint le seuil de 15 000 m3/j. Même après l’entrée en vigueur d’un rationnement qui se traduira par une alimentation des foyers un jour sur deux, à raison de 9000 m3 quotidiens, la population n’aura nullement souffert. Cette manne sera augmentée, depuis bientôt une année lors de l’entrée en service du barrage de Kramis qui aura également profité indirectement aux agglomérations du plateau et du chef-lieu, qui hériteront d’environ 5000 m3 d’eau initialement destinés à la région du Dahra. Sans parvenir au seuil digne des pays modernes fixés à 150 l/j/habitant, les populations de la wilaya, hormis celles éparses pour lesquelles une adduction à l’AEP serait illusoire et ruineuse, il apparaît nettement une certaine aise dans ce domaine très sensible. Par ailleurs, la mobilisation en cours — grâce au projet du MAO dont les travaux, même après avoir enregistré des retards certains consécutivement au retrait du constructeur allemand — des eaux de l’oued Chéliff à hauteur de 150 millions m3/an devrait mettre définitivement à l’abris la région. Car initialement le projet MAO avait pour ambition d’alimenter les 12 agglomérations de l’axe Mostaganem-Arzew-Oran en eau potable à hauteur de 155 millions m3 que l’étude initiale prévoyait de répartir en fonction des besoins.  

La fin des incertitudes

Ainsi, Oran, Mostaganem, Arzew, Aïn Tédelès et Sidi Ali devaient recevoir respectivement 94,50, 33,40, 7,20, 3,50 et 3,30 millions m3 annuellement, soit 141,90 millions m3, le reste, à savoir 8,10 millions m3, était réparti entre Mazagran, Hassi Mamèche, Bethioua, Aïn Beïda, Gdyel, Hassi Ben Okba et Hassi Bounif. Le projet était présenté comme vital pour assurer une alimentation régulière de l’Ouest algérien. Il avait pour ambition de libérer de l’eau pour les agglomérations de Aïn Témouchent, Sidi Bel Abbès et Tlemcen. Rien que pour Mostaganem, l’idée de développer l’irrigation des terres à partir des eaux de forage était fortement suggérée. Actuellement, il apparaît que non seulement le projet MAO est en phase avancée, mais qu’après la mise en service du barrage de Kramis, celle du système MAO ne saurait tarder. Les hypothèses les plus pessimistes avancent la date de l’été 2008, soit à peine une année. Mais alors à quoi vont servir les stations de dessalement de l’eau de mer prévues à Mostaganem (200 000 m3/j), à Mers El Hadjadj (500 000 m3/j) et à Arzew (90 000 m3/j) qui fonctionne déjà ? Annoncé depuis une dizaine d’années, le recours au dessalement de l’eau de mer aura défrayé la chronique. Régulièrement remisé pour différentes raisons — celles relatives à l’absence de financements et à la non-maîtrise de cette nouvelle technologie étant les plus récurrentes — il aura fallu attendre le raffermissement inespéré des cours de pétrole et ses heureuses conséquences sur nos réserves de change pour que la machine s’ébranle dans tous les sens. Après plus d’une décennie de tergiversations, l’Etat décidera de passer la vitesse supérieure. Alors que le montage de quelques stations monoblocs — d’une capacité de 1500 à 2000 m3 — dans les zones touristiques et industrielles se traduisait par une grande décrispation chez nos décideurs, ce sera une véritable ruée vers les différentes technologies disponibles à l’échelle mondiale. Le tabou du dessalement devenait une certitude chez nos responsables qui commencèrent à voir grand. Il est vrai que les coûts de production semblaient suffisamment attractifs du moment que le mètre cube pouvait se négocier à moins d’un dollar, voire en dessous de 30 cents. De quoi convaincre les plus irréductibles. Tout le pays venait de se convertir à cette nouvelle religion à laquelle personne ne trouvera de défauts. L’unité du Hamma d’une capacité de 200 000 m3/j, en raison de la très forte pression de l’agglomération algéroise, allait faire l’objet de toutes les sollicitudes. Lors de son lancement, en avril 2004, Ahmed Ouyahia, alors chef du gouvernement, soulignera que «le dessalement de l'eau n'est plus un choix, mais un impératif et une alternative à la création des barrages». Un conglomérat d’entreprises sera créé grâce à une réglementation fortement allégée. L’une des firmes les plus en vue dans le domaine, américaine de surcroît, ce qui n’étonnera personne, allait s’engager dans la course et remporter l’appel d’offres.A l’époque, le prix de cession du mètre cube avait été fixé à 0,82 dollars US. Sa capacité nominale est en réalité de 226 134 m3, car l’usine se compose de 9 trains d'une capacité de 25 126 m3/j chacun.  

L’alternative

Celle prévue à Mostaganem aura vraisemblablement des caractéristiques similaires. Mais il faut souligner qu’au départ, l’unité — dont les travaux seront lancés par le président Bouteflika le 28 juillet — avait été étudiée pour une capacité de 100 000 m3/j. Toutes les études entamées jusqu’à une date récente y feront référence.
Devant un parterre de spécialistes nippons, Abdelmalek Sellal, ministre des Ressources en eau, déclarait en septembre 2004 que 11 stations de dessalement de l'eau de mer d'une capacité de 40 000 à 50 000 m3/j seront réalisées d'ici à 2009 à travers les villes côtières algériennes. Des quantités tout à fait raisonnables qui seront très rapidement revues à la hausse. Ce sera le cas de l’usine de Mostaganem, dont la capacité aura été doublée et qui sera érigée sur la plage du Chéliff. Chez les spécialistes, ni le choix du site ni le volume d’eau traité ne trouvent d’adeptes. L’embouchure du plus grand oued du pays est connue pour être le réceptacle de toutes les alluvions drainées sur une distance de 730 km. De ce fait, la mer est trouble durant au moins six mois de l’année. Cette forte charge en matières organiques et autres particules nécessitera un traitement particulier qui grèvera davantage le coût. Ensuite, il y a la destination finale de l’eau produite qui risque fortement de ne pas trouver preneur. Car pour vendre l’eau produite, il faudrait que les 90 000 foyers consomment quotidiennement 2,2 m3/j, avec un coût initial fixé à 0,72 dollar US, chaque famille devra débourser en moyenne 500 DA/j.

Une facture d’eau à 15 000 DA/mois en dissuaderait plus d’un. Même contraints et forcés, les abonnés limiteront drastiquement leur consommation. Quid alors des 200 000 m3 ? A quoi auront servi les investissements dans le système MAO et dans le barrage de Kramis ? Que deviendront les nombreux forages que l’on continue de creuser et d’équiper dans la plaine intérieure ? Avec l’unité de Mers El Hadjadj et celle d’Arzew, le dispositif de dessalinisation du golfe d’Arzew traitera quotidiennement 790 000 m3 d’eau de mer. Ce qui devrait engendrer la production journalière de près de 30 000 t de sels marins, qu’il faudra dissoudre ou stocker. Les deux alternatives comportent des risques tant pour l’environnement marin que terrestre.
A qui profitera ce sur-dimensionnement des unités de dessalement ? Chez nos interlocuteurs, le seul consensus se fera autour de la nécessité d’y aller de manière progressive en installant des trains autonomes en fonction de la demande. Cette alternative aura le mérite d’ajuster l’offre à la demande, d’éviter de produire plus que le besoin, de réduire les investissements et de profiter des nouvelles technologies. Passer rapidement du système classique barrages et forages au dessalement intégral ne semble répondre à aucune logique. Pourtant, c’est la voie que semblent privilégier nos gouvernants. Mais dans l’hypothèse la plus vraisemblable que toute l’eau produite ne sera pas consommée, que deviendra-t-elle ? Peut-on imaginer le volume des réservoirs à construire pour la stocker ? Autrement, irons-nous jusqu’à l’injecter dans la nappe en attendant des jours plus cléments ? Pourvu que nos responsables aient raison. Et que la facture ne soit pas trop salée.
Yacine Alim 
2- Article de TSA


Depuis le mois de juillet, la station de dessalement d’eau de mer de Fouka fonctionne à plein régime. Elle traite 120 000 m3 d’eau par jour destinée à une population estimée à 500 000 personnes à l’ouest d’Alger, a indiqué, lundi 8 août, la société espagnole Acciona Agua, en charge de la gestion de l’usine pour une durée de 25 ans. Le projet, lancé en 2007, devait être livré avec près de deux ans de retard (lire). L’usine utilise la technologie de dessalement par osmose inverse.
Selon les chiffres fournis par le groupe espagnol, le projet a représenté un investissement total de 185 millions de dollars dont 158 millions de coûts de réalisation. Il a été financé à hauteur de 80 % par le Crédit populaire d’Algérie (CPA) et à 20 % par les partenaires au sein de la société Miyah Fouka spa. Cette dernière, créée pour le suivi et l’exploitation du projet, est détenue à 51 % par SNC Lavalin et Acciona Agua (25,5 % chacune) et à 49 % par l’Algerian Energy Compagny (AEC), une filiale commune à Sonatrach et Sonelgaz créée en 2001.
Mais plus que la réalisation, c’est le coût d’exploitation de l’usine qui suscite des interrogations sur la pertinence du choix du dessalement pour mettre fin à la pénurie d’eau potable dans le pays. En effet, le groupe espagnol affirme que l’exploitation de la station va lui rapporter 790 millions de dollars sur une période de 25 ans. A ce montant, il faudrait ajouter les frais liés à l’énergie. Les stations de dessalement sont en effet connues pour être gourmandes en énergie électrique. La facture énergétique pèse sur le prix de revient du mètre cube.
Enfin, les stations de dessalement ont un coût environnemental élevé. « A l’heure actuelle, les usines de dessalement sont essentiellement alimentées par des énergies fossiles. Or, les combustibles fossiles  et partant, le dessalement  présentent pour l'environnement l'inconvénient d'émettre des polluants atmosphériques, notamment du dioxyde de carbone (CO2), des oxydes de soufre et d'azote et des particules solides », note une étude française. En 2009, le RCD a publié une étude intitulée « dessalement de l’eau : désastre annoncé », dans laquelle il évoquait un désastre financier et écologique.
En 2007, le gouvernement a lancé un projet visant la réalisation d’au moins 13 stations de dessalement à travers le pays pouvant produire près de 2 millions de m3 par jour.  La production de chaque unité varie entre 50 000 et 500 000 m3/jour. On ignore l’état d’avancement des projets, vu que le dossier est géré dans l’opacité. Mais si on prend comme base de comparaison le coût d’exploitation de la station de Fouka, ces projets, une fois terminés, représenteront un véritable gouffre financier pour l’Algérie.
Dans ce contexte, le gouvernement a-t-il fait le bon choix en optant pour la multiplication des projets de dessalement ? « Le dessalement de l’eau de mer coûte excessivement cher. Le mètre cube revient entre 0,60,8 dollars. C’est une nécessité pour les pays touristiques comme l’Espagne ou la Tunisie pour faire face à la demande d’eau excessive en été. Mais pour l’Algérie, l’investissement dans les barrages et de moyens simples de captage d’eau sont plus bénéfiques et beaucoup moins coûteux », explique un expert. Avant de préciser : « Avec un baril à 100 dollars, l’Algérie peut faire face à ces coûts. Mais si le baril chute, il sera plus difficile pour le gouvernement de continuer à subventionner l’eau des stations de dessalement ».
3- Communiqué du RCD


Dangereuses pour l'environnement, coûteuses et énergétivores : les stations de dessalement de l'eau mer, de plus en plus répandues en Algérie, suscitent des inquiétudes. Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), dans une étude intitulée « dessalement de l'eau : désastre annoncé », pointe du doigt cette méthode. Le parti de Said Sadi estime que « le dossier des stations de dessalement d'eau de mer conçu dans l'opacité annonce de graves dommages environnementaux, énergétiques et financiers pour le pays ».

Dans l'étude, signée par le secrétaire national chargé de l'environnement Ahmed Bennegueouch et disponible sur le site Internet du parti, le RCD s'interroge sur les critères retenus par les pouvoirs publics pour choisir la solution du dessalement massif de l'eau de mer afin de  pallier au manque de ressources en eau conventionnelles. Il s'interroge également sur le choix des sites d'implantation des usines de dessablement de l'eau de mer. « Le choix des terrains est déroutant, la quasi-totalité des stations sont implantées sur le rivage et dans des zones d'extension touristique à l'image de Mainis (Ténès wilaya de Chlef) et celle de Tlemcen (plage Tafsout) malgré les réserves des services de l'environnement », révèle l'étude. La station de dessalement de l'eau de mer d'El Hamma à Alger est considérée comme dangereuse pour l'environnement et le choix de ce site n'a pas été judicieux, selon le RCD.

Le parti de Said Said ne comprend pas aussi la décision du gouvernement d'opter pour des stations dessalement géantes de plus de 100.000 m3 par jour « difficiles à entretenir et énergétivore » alors que des pays comme l'Espagne préfèrent de petites usines  de 5.000 à 50.000 m3 par jour, plus faciles à entretenir. Le choix du gouvernement de confier le pilotage du projet dessalement de l'eau de mer au ministère de l'Energie au lieu du ministère des Ressources en eau, suscite également les appréhensions du RCD qui ne fournit toutefois pas d'explications sur ces inquiétudes.

Concernant le prix de construction des stations de dessalement de l'eau de mer en Algérie, le RCD a fait une petite comparaison avec la Tunisie. « La station de dessalement de l'eau de mer de Djerba (Tunisie) d'une capacité de 50 000 m3 par jour a coûté 40 millions de dollars alors que la station de Ténès d'une capacité de 200 000 m3 par jour coûtera 280 millions de dollars », note l'étude.

Le parti de Said Sadi s'inquiète également des conséquences néfastes des stations de dessalement sur l'environnement et le littoral. Ces usines dégagent d'énormes quantités de saumure nocive au milieu marin, des gaz à effet de serre et beaucoup de produits chimiques, selon le RCD qui cite le Fonds mondial pour la nature et le professeur et expert en environnement Abdelouahab Chouikhi de Turquie. « Le Fonds mondial pour la Nature estime que les activités intensives de dessalement peuvent provoquer le développement de saumures et entraîner la destruction de précieuses régions côtières, et ainsi contaminer la vie marine, les cours d'eau, les zones humides, les eaux souterraines et plus généralement les écosystèmes qui assurent l'épuration de l'eau et la protègent contre les catastrophes ».

Le RCD propose des solutions palliatives notamment le traitement des eaux usées, la réparation des réseaux d'adduction de l'eau potable pour réduire les fuites et la récupération des eaux de pluie.

L'Algérie a entamé en 2005 des investissements de l'ordre de 12 milliards de dollars pour construire 13 stations de dessalement de l'eau sur le littoral et produire 2,2 millions de m3 par jour.

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