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Articles

Affichage des articles du décembre, 2010

Les citronniers de Nekmarya

En ces vacances d'hiver, la correction des épreuves de culture générale, mais néanmoins agronomique, dans les 2 langues et près de 400 fois, m’a pratiquement cloué à la maison. C’est ma collègue Malika Boualem, l'entomologiste, qui m’a permis d’aller prendre l’air. Ayant reçue deux amies venues de France, Claire Villemant (http://www.eyrolles.com/Sciences/Livre/portraits-d-insectes-9782020590969?PHPSESSID=) et Fatma Hérouali, elle m’a sollicité pour leur faire découvrir une petite facette du Dahra. Avec ma fille, nous étions donc 5 à l’intérieur du cockpit de la Clio familiale. Départ en fanfare en direction de Chaâïbya dont nous contemplons la merveilleuse plage depuis le phare de Cap Ivi. Ce lundi matin, en ce décembre finissant, la mer virait du turquoise au bleu de Prusse – plus à l’ouest, on dirait «  Bleu Laârache- en moins éclatant. Car il n’est pas question ici de comparer les plages boueuses et capricieuses de l’Atlantique avec la splendide mer intérieure. Séance de p…

Éclairages sur le 20 Aout 55

Ci dessous le message que vient de me faire parvenir l'historienne Claire Mauss-Copeaux, la plus intrépide historienne des massacres du 20 aout 55, dans le Nord Constantinois. Son dernier ouvrage arrive au bon moment pour rappeler aux états Algérien et Français que nous sommes de plus en plus nombreux à lutter contre l'amnésie qui frappe depuis 55 ans ces douloureux évènements et ce que furent ces jours de terreur.  Ce cadeau est sans doute le plus beau et le plus utile, car pour ce qui me concerne, -bien que ne l'ayant pas encore lu- il n'est que le début d'une réhabilitation que les deux pays - pour des raisons différentes ou convergentes (?)- continuent d'ignorer. Deux jours après "Fraicheurs de Novembre" (voir infra) le message de Claire Mauss-Copeaux vient à point nommé remettre les pendules à l'heure. Merci infiniment Claire

“Le 20 août 1955 en Algérie, insurrection, répression, massacres”, Payot-Rivages, 2010, 260 pages, 22 euros, disponible…

Fraicheurs de Novembre

La première balle est-elle retombée?
Il y a des jours où la vie s’arrête. En ce 22 décembre, au douar Ouled El Hadj, il y avait foule. Ce matin, au niveau du vieux cimetière, on saluait le combat d’un brave du coin, tombé au champ d’honneur le 22 décembre 1954, soit à peine 52 jours après le début de la guerre d’indépendance. Et seulement 48 jours après la mort de Benabdelmalek Ramdane. C’est dire qu’ici, le déclenchement de la lutte armée n’est point un vain mot. Oui, je sais que de toutes parts, on tente bien futilement de s’accaparer la première balle, comme si les autres balles n’ont eut aucun impact sur la poursuite et sur l’issue de la guerre. Moi qui suis né et grandis à l’ombre de Sidi Ahmed, le marabout qui domine la vallée du Béni Mélek et qui surplombe majestueusement la ville de Skikda, qui fut le théâtre de la première grande offensive de l’ALN, je me sens tout à fait en droit de dire que c’est ici, dans cette région du Dahra, entre Ouillis, Bosquet et Sidi Ali, que la gue…

"Je suis pied-noir, j'ai vu le film de Jean-Pierre Lledo et je réponds à Aziz Mouats"

Par
Marie Claude San JuanLe Matin : 10 - 02 - 2008C'est très étrange que vous vous sentiez trahi, professeur Aziz Mouats. Et cela me donne envie de vous répondre. Car vous exprimez, dans le film, beaucoup de choses qui correspondent à ce que vous dites là, dans cet entretien. Je me demande si le débat douteux qu'il y a autour du film n'a pas provoqué cette impression de trahison. J'ai trouvé, pour ma part, que tout le passage où vous interveniez était douloureux, au sens où, justement, l'histoire de votre oncle, et la vôtre, tout ce témoignage, cela faisait passer un message nettement indépendantiste, nettement tragique, concernant les luttes et les souffrances endurées, les déchirements, la guerre. Rien dans tout cela n'édulcore quoi que ce soit, rien. Au contraire, vous apparaissez comme un témoin d'une histoire terrible, un visage qui pourra rester dans la mémoire du monde, comme celui d'un Algérien torturé par un drame révélateur d'…

Le LMD et l'Orphelinat

Les pupilles de la nation se souviennent, non sans douleurs, comment ils apprenaient de manière insidieuse la disparition de leur papa, tombé au champ d'honneur.
L'administration coloniale l'avait remplacé par un tuteur. En agriculture, les jeunes pousses s'accrochent avec ardeur à un tuteur dont la fonction consiste à les protéger contre les vents violents et surtout à les élever aussi droit qu'une règle. Cette assistance à plantule en croissance permet de franchir sans encombres les premières années de la vie. En principe, dès la vie adulte, le tuteur n'a plus sa raison d'être. Sauf dans le cas de persistance de la vie infantile. D'où la notion d'éternel assisté qui sied parfaitement aux peuples immatures. Avec l'intrusion du système LMD que certains voudraient généraliser à l'université algérienne sans jamais l'avoir éprouvé, on assiste au retour du tuteurage dont la nouvelle mouture consiste à affecter un groupe d'…

La trahison de trop

«Dos à dos» est une expression qui symbolise une singulière prestation de laquelle il ne sortira ni vainqueur, ni vaincu ; autant dire sans gloire et sans panache. S’il s’était agit d’un vulgaire match de football que les protagonistes auront malencontreusement tronqué devant un public peu regardant, l’affaire aurait été entendue. Il ne s’agit même pas d’une banale altercation larvée entre deux bandes d’adolescents en mal de virilité, ni d’une inutile bagarre de chiffonniers. L’affaire concerne toute une filière dont le chiffre d’affaires peut parfois atteindre 1 milliard de dollars. En assurant annuellement à chacun des 33 millions de citoyens pas moins de 45 kg de patates, la filière de la pomme de terre est devenue sans doute la culture la mieux pratiquée par nos fellah. Cependant, ce tubercule n’a qu’un seul défaut, son extrême sensibilité au Mildiou. Pendant que les firmes proposent une large série de parades – depuis une multitude de fongicides jusqu’à la product…

Ghrib Elektroniks contre SAG

Oui ! Ça ressemble à un groupe de musique, ça ne fait pas de bruit mais quelle vague ! Quelle souffle et à quel rythme ! Franchement pendant deux heures, les plus courtes de ma vie ! nous étions une bonne cinquantaine venus à l’invitation de Med Bahloul, au siège de son institut, en plein cœur du vieux Canastel, parce que plus loin c’est toujours la jungle. Pas très nombreux, mais sereins. Moi je ne le connaissais que de par son appartenance aux « réformateurs ». C’était largement suffisant comme argument pour se convaincre que le personnage avait de l’étoffe et des choses à dire. Il faut cependant rendre à Kasdi ce qui appartient à Merbah. C’est lui, dès sa nomination au poste de chef du gouvernement, qui fera appel à Med Ghrib. C’est la preuve que l’ancêtre du DRS savait reconnaître les compétences nationales et leur faisait appel sans rougir. Lui était en voyage à l’étranger lorsque le wali de SBA se mettra à sa recherche. C’est de l’étranger qu’il apprendra l’appel du devoir. Car j…

L’Adieu à Hadj Boukli

Inéluctable est la mort. Insoutenable est notre destin. Mais nous n’avons d’autres choix que de l’assumer. Après tout nous avons eut un parcours très particulier. Tout le monde n’a pas eut la chance de participer à l’expérience de l’ITA. En 1970, Mostaganem était une coquette mais modeste ville de moins de 70.000 habitants. Avec l’encadrement et le personnel de soutien, environ 500 personnes, il y a avait deux promotions, soit près de 900 jeunes de tous horizons. Cela faisait du monde dans la ville. L’enseignement c’était pas moins de 8 heures par jour, tous les jours. La cafétéria était tenue par Hadj Bouchachi au cercle Fromentin, qui deviendra quelques temps après le siège du Planning, un service où Nicolas allait exceller, après avoir mis sur rail « la vie collective » avec Bouzid Mezardja. A midi tapante, c’était la ruée vers le restaurant. C’est le royaume de Hadj Boukli. Les cuisines étaient sous la responsabilité directe de Hadj Maâta, beau père de HBA Benzaza et transfuge de …