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La trahison de trop

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 «Dos à dos» est une expression qui symbolise une singulière prestation de laquelle il ne sortira ni vainqueur, ni vaincu ; autant dire sans gloire et sans panache.
S’il s’était agit d’un vulgaire match de football que les protagonistes auront malencontreusement tronqué devant un public peu regardant, l’affaire aurait été entendue. Il ne s’agit même pas d’une banale altercation larvée entre deux bandes d’adolescents en mal de virilité, ni d’une inutile bagarre de chiffonniers. L’affaire concerne toute une filière dont le chiffre d’affaires peut parfois atteindre 1 milliard de dollars. En assurant annuellement à chacun des 33 millions de citoyens pas moins de 45 kg de patates, la filière de la pomme de terre est devenue sans doute la culture la mieux pratiquée par nos fellah. Cependant, ce tubercule n’a qu’un seul défaut, son extrême sensibilité au Mildiou. Pendant que les firmes proposent une large série de parades – depuis une multitude de fongicides jusqu’à la production de plants résistants-, nos braves paysans éprouvent les pires difficultés à asseoir une stratégie de lutte. Tout ceci en l’absence sidérale des universitaires. Y compris à l’ère du LMD triomphant censé rapprocher la science des préoccupations citoyennes. Réunis récemment à Tipaza, les pontes de la recherche agronomique se sont tout de même entendus sur une révision de la Constitution. Il parait que c’est très bon pour le statut quo. Pour le mildiou, faudra attendre le passage du facteur. Dans ce dos-à-dos mortel entre les universitaires et les redoutables champignons, il y a malheureusement place pour la trahison des scientifiques. Lorsqu’un sujet d’une aussi intense actualité ne mobilise personne dans la communauté universitaire, il y a de quoi désespérer.

Boussayar


Chronique publiée dans El Watan du 05/03/2008

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