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Le LMD et l'Orphelinat

Les pupilles de la nation se souviennent, non sans douleurs, comment ils apprenaient de manière insidieuse la disparition de leur papa, tombé au champ d'honneur.
L'administration coloniale l'avait remplacé par un tuteur. En agriculture, les jeunes pousses s'accrochent avec ardeur à un tuteur dont la fonction consiste à les protéger contre les vents violents et surtout à les élever aussi droit qu'une règle. Cette assistance à plantule en croissance permet de franchir sans encombres les premières années de la vie. En principe, dès la vie adulte, le tuteur n'a plus sa raison d'être. Sauf dans le cas de persistance de la vie infantile. D'où la notion d'éternel assisté qui sied parfaitement aux peuples immatures. Avec l'intrusion du système LMD que certains voudraient généraliser à l'université algérienne sans jamais l'avoir éprouvé, on assiste au retour du tuteurage dont la nouvelle mouture consiste à affecter un groupe d'élèves à la garde d'un enseignant. Premier couac, les tuteurs n'ont aucune notion de leur nouvelle fonction. Souvent les néo tuteurs s'avèrent être dans le besoin. Car un tuteur doit nécessairement avoir les pieds bien ancrés dans le sol, sinon il pencherait à la moindre brise. Second couac, un tuteur devrait avoir un local pour y exercer sa nouvelle science. Consacrer les après-midi au tuteurage nécessite des locaux que les tuteurs n'ont pas. C'est pourquoi, l'opération est en train de tourner court. Sauf pour les affidés à la carotte qui, comme chacun sait, n'est qu'une vulgaire racine coiffée d'une touffe d'herbe. Juste de quoi humer le vent et faire courbette. Un peu à l'image du LMD. Sans tuteurs confirmés, il aura juste droit à l'orphelinat et des tuteurs de remplacement.

Chronique parue dans El Watan du 14 - 11 - 2007

Commentaires

  1. plein de fausses notes dans ce système introduit à une vitesse excessive. on patauge davantage dans le bricolage.

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