dimanche 25 août 2013

Je n'ai pas connu Kasmi...je me rattrappe

Un Patriote s'en est allé: Il s'appelle Mhamed Kasmi, originaire de Toudja, sur l'autre versant du Djurdjura, celui par qui le soleil se lève sur la Grande Kabylie puis sur Alger.
Le hasard a voulu que je ne le croise jamais. Pourtant, sans etre responsable de quoi que ce soit, je m'en veux! Oui je m'en veux de ne pas avoir ét là lorsqu'il était là. Moi l'Oriental, originaire du dernier petit bout de la Petite Kabylie et lui l'autre  Oriental, puisqu'originaire de l'autre bout de la Petite Kabylie, là où coule la Soummam, sur les traces des Hammadites. A nous deux, moi à l'est et lui à l'ouest, nous tenions entre nos petits doigts toute la Petite Kabylie. Enfin, je dis Petite, mais je pense grande, plus Grande que la grande. Et Pourquoi donc, parce que ce sont ces petits bouts d'Algérie qui, à une année d'intervalle, ont donné un sens à la guerre de libération. N'est-ce pas dans Le Nord Constantinois, un peu Skikda, et dans le piémont de l'Akfadou, à deux encablures de Yemma Gouraya qui abritèrent l'insurrection du Nord Constantinois et le congrès de la Soummam? Immortalisant pour l'histoire la journée du 20 Aout. C'est suite à  l'insurrection du 20 aout 1955que la question Algérienne entra dans l'agenda de l'assemblée générale de l'ONU...une année plus tard, à Ifri, s'organisa le congrès de la Soumam, qui donna la primauté de l'intérieur sur l'extérieur et celle du politique sur le militaire....avec à la clé, des emmerdes à ne plus en finir....
Ah ce calendrier! lorsque Mhand Kasmi était venu à la wilaya de Mostaganem, en qualité de chef de cabinet de Neddir H'mimid, moi j'étais en Bretagne entamant à 34 ans, une carrière de chercheur...A mon retour, en 1989, Mhand Kasmi était déjà bien loin, probablement sur les terres de ses ancêtres. Et déjà à cette époque, son nom était plus connu et cité que celui du wali ou de Chadli...c'est dire si en quelques années, ce commis de l'Etat avait réussi le tour de force de se faire apprécier de la grande majorité des cadres et des fonctionnaires de la wilaya....et cerise sur le gâteau, de toutes les personnes qui comptent dans la société civile locale. Des amis très proches et très chers, m'ont parlent depuis plus de 25 ans. C'est dire si le personnage, simple, honnête et compétent à la fois, -si, si, c'est possible!- était parvenu à se faire respecter, à se faire reconnaitre et à se faire aimer. Je ne penses pas me tromper de bcp si je soutiens que jamais commis de l'Etat n'avait fait autant d'unanimité autour de lui et sur sa personne. Et moi qui labourais les laboratoires et les campagnes de Bretagne! Je suis certains que si nous nous étions croisés, lui et moi aurions formé un couple détonnant...au seul service de la population et du pays...un patriote de cette trempe, ça ne cours ni les rues, ni les travées de la république...autrement, ça se saurait et nous n'en serions pas là à nous regarder comme chiens de faïence. Ce qui est tout de même remarquable, c'est que ce personnage qui vient de nous quitter, n'aura laissé qu'une poignée de frustrés, qui se recrutent dans le système inique qui nous tient lieu de Beylik et une escouade d'admirateurs que l'on retrouve dans la presse, la littérature, le cinéma, le théâtre, la poésie, l’agriculture, les eaux et forets...et j'en oublie des milliers. Mais puisqu'il n'est plus là, c'est à tous ses admirateurs que je lance un défi: faire en sorte que des hommes de la trempe de Mhand Kasmi ne s'oublient pas. Faire aussi tout ce qui est possible pour sa disparition soit mise à profit, non pas pour l'enterrer, mais pour le ressusciter à travers nos actes de tous les jours. Il faudra surtout veiller à maintenir entre nous ce lien qui fait notre force et qui se base sur une idée simple: l'Algérie appartient à tous les Algériens, y compris ceux nés à Oujda et à Ghardimaou...et que la meilleure manière de l'aimer, c'est d'aimer les hommes et les femmes qui l'ont faite cette Algérie des hommes libres!  Je recommande cet article d'Améziane Ferhani qui fait  vraiment honneur à la tribu...  http://www.elwatan.com/hebdo/portrait/quoi-d-autre-25-08-2013-225729_164.php

mercredi 21 août 2013

Boudjedra chez ceux qui titubent

Une rencontre avec Boudjedra n'est point une sinécure, tant le romancier possède un sens raffiné de l'invective. Mais contrairement à certains parvenus, il rest un homme sur qui la célébrité n'a point déteint. Rédigé le 16-12-2004, lors d'une rencontre débat avec l'auteur de "La Répudiation" et de "l'Escargot entêté", le papier garde une réelle fraicheur et une cruelle actualité...passible encore de nos jours d'un tribunal de lèse-majesté...


Rachid Boudjedra: 
" j'écris pour les gens qui titubent"

Face à un public dense, dont un groupe du département de français venu en car spécialement depuis Tiaret, Rachid Boudjedra fera une lecture appliquée de son parcours.

Depuis sa tendre enfance - et le traumatisme symbolique qui continue de le poursuivre - en passant par ses premières années de prof de philosophie jusqu’à l’émergence de l’écrivain francophone, qui passera naturellement à l’arabe pour parler à ma mère, concédera-t-il avec beaucoup d’émotion. Revenant sans cesse sur les motivations profondes qui sous-tendent son œuvre, il mettra l’accent sur le choc provoqué chez le jeune enfant par la polygamie du père qui prendra pas moins de quatre épouses dont il aura 36 enfants. C’est l’humiliation faite à sa mère qui, de par son statut peu enviable de première épouse, devait subir toutes les humiliations, qui marquera à jamais le jeune Rachid. D’où la violence de La Répudiation qui le fera entrer de plain-pied dans la littérature non conventionnelle. Subversive, selon les termes inquisitoires des partisans d’une littérature arabe aseptisée. D’où seront bannies la violence, l’amour, l’érotisme, la misère, l’homosexualité et tout ce qui choque la société bien pensante, bourgeoise et terriblement hypocrite. Réfutant toutes ces critiques, il dira sa nette préférence pour les pauvres et les marginaux, qui hantent l’ensemble de son œuvre. C’est ainsi que l’on apprendra que, derrière les personnages qu’il met en situation dans ses romans, se cache toujours une histoire humaine. Il étonnera beaucoup les nombreux étudiants venus l’écouter, en s’attardant sur ses rencontres avec ses héros. "Ce sont, dira-t-il, des Algériens comme vous et moi, à la seule différence qu’eux vivent une grande détresse, à la lisière de la société. Des gens qui titubent." A l’image du héros de Timmimoun, qui s’avère être un ami du romancier. "C’est grâce à lui que j’ai aimé cette sublime oasis et à que j’y ai acquis une maison, dira-t-il, avant d’ajouter que ce pilote de chasse, dans un moment d’extrême détresse, s’était donné la mort voilà deux ans". Reconnaissant à Kateb et à Dib leur supériorité sur Naguib Mahfouz - un écrivain pour adolescents qui ne doit son prix Nobel qu’à sa caution à la capitulation de Camp David - il leur reprochera l’absence de subjectivité et de sexualité dans leurs romans. C’est ce quelque chose qui manquait au roman algérien que l’auteur du Désordre des choses et de L’Insolation dira avoir apporté. A une frêle étudiante qui lui demandait sa définition du roman, il répliquera qu’en aucune manière ce ne doit être un tract politique. Ce qui l’amènera inévitablement à remettre en selle sa querelle avec les écrivains à l’image de Mimouni et de Sansal, qui auraient manqué de courage, car n’ayant jamais fait de politique.
Pour Rachid Boudjedra qui n’omet pas de sublimer l’héritage khaldounien pour sa rigueur scientifique, un roman doit surtout véhiculer de la poétique au détriment de la thématique. A ceux qui lui parleront de son côté provocateur, il rétorquera que c’est une image qu’on a voulu lui coller, "car en réalité j’ai seulement cherché à faire exploser les tabous, violenter le texte littéraire et introduire la sexualité et l’érotisme dans la littérature arabe contemporaine." A celui qui lui parlait de son marxisme assumé et son engagement, il rejettera catégoriquement la notion d’écrivain engagé, qui ne veut plus rien dire de nos jours. "J’écris pour me guérir de mes blessures d’enfance, car pour moi, soulignera-t-il, les mots doivent être plus forts que les bombes." A la question de savoir ce que pensait le père spirituel du Fis de la haine de l’amnistie globale, Boudjedra répondra avec véhémence qu’il n’avait pas écrit ce livre pour qu’on libère les assassins. C’est avec beaucoup d’émotion qu’il parlera de Jean Sénac, dont il salue la réhabilitation, et de Mohamed Dib et Kateb Yacine, assurant que leurs œuvres seront bientôt traduites à l’italien. En quittant Mostaganem, il aura une pensée particulière pour Benanteur et Khadda, ces enfants terribles de Tigditt, au talent consommé, dont il dira le plus grand bien. Ainsi que pour cet enseignant de littérature qui lui suggérait qu’au lieu du triangle sacré - politique, sexe et religion - qui lui vaudra tant de haine de la part des extrémistes, désormais, il faudrait parler du triangle qui dérange.
El Watan du 18 décembre 2004, page culturelle. 

mardi 20 août 2013

Moubarak premier bénéficiaire de la Sissité




Vases communicants dans les geôles de l'Egypte post Morsy...les militaires libèrent Hosny Moubarak, l'un des leurs, normal nous sommes dans république tribale, et ce sont les chefs islamistes qui le remplacent...très bonne suite dans les idées chez Sissy et consorts...après il va falloir expliquer ces choix au bon peuple...j'attends avec délectation les réaction de Tamarroud, les pseudos démocrates derrière lesquels s'abritent les militaires pour faire avaler le fût de canon au bon peuple d’Égypte...il faut vraiment être bien intentionné pour commettre autant d’erreurs en même temps et dans une aussi longue série...Pourquoi ne pas leur suggérer de désigner Moubarak pour la prochaine présidentielle?...Lavé de toute poursuite, l’ancien Raïs ferait un candidat idéal pour ses pairs de l’armée la plus entreprenante du monde. En effet, contrairement aux autres nations avancées, l’Egypte a le privilège d’avoir une armée qui contrôle 40% de l’activité économique du pays…sachant que le tourisme et le Canal de Suez rapportent plus de 20 milliards de dollars, on devine de suite où sont les investissements militaires du pays des Pharaons…Pourtant, il reste une seule zone d’ombres…que vont faire les islamistes, ceux à qui on a enlevé le pouvoir et le droit de manifester…on les savait gros avaleurs de couleuvres, mais les « frères » d’Egypte ne sont jamais aussi percutants que dans l’opposition et la clandestinité…les derniers massacres des places Rabéa et Nahdha seront de formidables leviers pour rameuter des troupes de djihadistes…le premier bénéficiaire sera bien entendu Assad qui devra se faire à l’idée que les groupes djihadistes qui adorent les mariages fugaces, se fassent la belle et aillent se délecter sur les bords du Nil. Dans leur migration, ils pourront être rejoints par les salafistes égorgeurs de Lybie, de Tunisie et de Gaza…qui se feront un plaisir de faire le chemin à pied et en plein jour…c’est désolant à dire, mais encore une fois les militaires d’Egypte font preuve d’une grande Sissité…que les marais poisseux du Delta et les sables mouvants du Sinaï se feront un immense plaisir d’abriter. La nonchalance criminelle des égyptiens, surtout des policiers et des militaires, feront le reste…Habitués au farniente qui leur va comme un gant de chirurgien pressé, ils se laisseront canarder par les hordes intégristes que le sang versé dans une coupable insouciance, ne fera que galvaniser…on comprend mieux l’étonnante réserve des USA et la frénésie insoupçonnée et fortement intéressée des Saoudiens…le décors macabre étant planté, le carnage à grande échelle peut commencer…encore une fois, il est malheureux que la leçon Algérienne n’ait servit qu’à faire revenir Bouteflika aux affaires…

dimanche 18 août 2013

Le diable est dans l’assiette




Quoi de plus normal qu’une virée agronomique au cœur des OGM. Ce que rapporte cet article est absolument alarmant car il décrypte certaines facettes de la biologie des plantes qui remet en cause nos anciennes connaissances et jette un éclairage pertinent et précis sur les dérives possibles dans la manipulation du génome des plantes. Le papier a le mérite de ne jamais verser dans le catastrophisme, mais il est suffisamment clair sur les dangers qui peuplent nos assiettes. Car la très grande majorité du maïs est utilisée dans l’alimentation du bétail, lequel participe pour bcp dans l’alimentation humaine. A lire pour s’instruire et garder son esprit en vigilance accrue…
La stratégie diabolique des futures plantes OGM
Jeudi 1er août (2013, NDLR), le Conseil d'Etat a annulé le moratoire qui frappait depuis 2012 le MON810, un maïs transgénique de la firme américaine Monsanto. Le MON810 est une plante à laquelle un gène a été ajouté pour qu'elle produise une toxine dite "Bt" (du nom de la bactérie Bacillus thuringiensis qui la synthétise naturellement), toxine qui tue les insectes ravageurs de ce maïs, comme la pyrale, en paralysant l'intestin des larves. Dans l'esprit des créateurs de cette plante transgénique, faire fabriquer le pesticide directement par la plante évite aux agriculteurs d'en épandre sur leurs cultures.
Cette décision du Conseil d'Etat a une nouvelle fois relancé le débat sur la culture d'organismes génétiquement modifiés (OGM) en France, les opposants aux OGM soulevant plusieurs arguments, comme les risques pour la santé des consommateurs (humains ou animaux d'élevage), la contamination des cultures non-OGM et du miel, le fait que certains insectes utiles seraient victimes de la plante ou bien le développement de résistances à la toxine chez les nuisibles.
Ce débat, qui a depuis longtemps quitté le domaine de la science pour tomber dans celui de la politique – les arguments exploités par les uns et les autres étant plus d'ordre idéologique que biologique –, pourrait bien de toute manière devenir rapidement un combat d'arrière-garde avec la future génération de plantes transgéniques, ainsi que le souligne Science dans son numéro spécial du 16 août, consacré à l'épineuse question des pesticides. En effet, les OGM de demain ne seront plus conçus suivant le principe assez basique qui consistait à leur faire produire l'insecticide. Non, ils seront l'insecticide, grâce à une stratégie diabolique, celle de l'interférence ARN.
Derrière cette expression se cache un phénomène dont la découverte a valu à Craig Mello et Andrew Fire le Nobel de médecine 2006. Pour le comprendre, il faut entrer dans le mécanisme cellulaire. Dans le noyau se trouve l'ADN, qui constitue le support de l'information génétique et détient la recette de fabrication des protéines indispensables à la vie. En revanche, l'usine qui synthétise ces protéines est située dans le cytoplasme de la cellule, c'est-à-dire à l'extérieur du noyau. Pour fabriquer une protéine, il faut par conséquent copier l'information contenue dans le gène qui, au sein de l'ADN, correspond à cette protéine, puis la transporter à l'extérieur du noyau. C'est le rôle de l'ARN messager.
Ce qu'ont découvert Mello et Fire, c'est que l'on pouvait, à l'aide d'un ARN dit "interférent", intercepter le facteur en cours de route : de tout petits morceaux de cet ARN interférent viennent se coller à l'ARN messager, ce qui entraîne sa destruction. Conclusion : le message ne parvient jamais à l'usine à protéines, la protéine n'est pas synthétisée et son gène est comme éteint. Le phénomène de l'interférence ARN se retrouve dans la nature, soit pour lutter contre l'introduction de génomes étrangers (de virus, par exemple), soit pour moduler l'expression de certains gènes.
L'idée des fabricants de semences OGM consiste à faire fabriquer à leurs plantes un micro-ARN interférent réduisant au silence une protéine-clé pour l'organisme des insectes ravageurs. Une fois que ces derniers auront croqué dans la plante et assimilé l'ARN interférent en question, celui-ci empêchera la production de la protéine vitale et l'animal mourra. On peut dans ce cas considérer que la plante a été transformée en poison pour ces insectes.
Une étude canadienne publiée en 2009 a montré que la technique fonctionnait avec plusieurs parasites bien connus, comme le tribolium rouge de la farine, le puceron du pois ou le sphinx du tabac. Autre point important de cette étude : il est possible de cibler une espèce sans porter préjudice à ses cousines proches. Ces chercheurs ont ainsi choisi un gène présent chez quatre drosophiles, mais dont l'écriture varie suivant les espèces. En sélectionnant très précisément un petit morceau du code génétique spécifique à l'une de ces mouches, il a été possible d'éteindre le gène chez elle, alors qu'il demeurait actif chez les trois autres espèces.
Ainsi que l'explique Science, les premières plantes OGM à ARN interférent devraient arriver sur le marché d'ici à la fin de la décennie. Les semenciers se sont mis en ordre de bataille, comme le Suisse Syngenta qui, pour plus de 400 millions d'euros, a racheté en 2012 l'entreprise belge DevGen, spécialiste de l'interférence ARN. Monsanto n'est pas en reste qui, toujours en 2012, s'est allié à un autre champion de cette biotechnologie, Alnylam Pharmaceuticals. Par ailleurs, au cours de l'année écoulée, les chercheurs de Monsanto ont publié deux articles (ici et ) dans lesquels ils expliquent avoir mis en sommeil, par interférence ARN, un gène de la chrysomèle des racines du maïs, insecte qui coûte un milliard de dollars par an aux producteurs de maïs américains.
Toute la question est désormais de savoir si ces OGM produisant des micro-ARN interférents seront sans risque pour les mammifères (hommes ou bétail) qui les consommeront. On a longtemps pensé (et certains le pensent toujours) que ces minuscules molécules étaient trop fragiles pour résister au processus de digestion. Mais une étude chinoise publiée en 2011 par la revue Cell Research est venue jeter le doute : ses auteurs affirmaient avoir retrouvé dans le sang d'humains des micro-ARN interférents provenant de plantes diverses et notamment du riz. Et un de ces ARN interférents était même capable de réguler l'élimination du cholestérol !
L'étude ne parlait absolument pas des futurs OGM, mais cela n'a pas empêché le site AlterNet de faire le rapprochement et de lancer l'alerte. De ce long pamphlet contre les OGM, pas toujours très exact, je retiendrai la seule proposition scientifique sensée : avant toute commercialisation d'une plante transgénique fonctionnant sur le principe de l'interférence ARN, il faudra évidemment prendre la précaution élémentaire de vérifier que le micro-ARN sélectionné ne correspond pas, par un hasard malheureux, à une séquence du code génétique d'Homo sapiens ou des principaux animaux d'élevage.
Pour le reste, on laissera aux hommes politiques, aux lobbies de tout bord et aux instituts de sondage le soin de décider si les OGM doivent ou pas être cultivés.
Pierre Barthélémy 

samedi 17 août 2013

Combien de « Khalil » autour de Chakib ?





L’annonce bien tardive d’une procédure judiciaire par un juge d’Algérie, contre un ancien et fortuné ministre de l’énergie, des mines de Sonatrach, des pétroles et gaz, par ailleurs copain de classe de Bouteflika, a mis en branle la grande majorité de la presse nationale, publique et privée….Privée de quoi ? C’est justement là la véritable question ! Car hormis quelques titres, avant l’annonce de la procédure de mandat d’arrêt international, peu de journaux s’étaient aventurés à déchiffrer les rares interventions du mis en cause. Cette peur, qui n’a rien à voir avec la retenue, s’explique pourtant par une seule et unique phrase du sieur Chakib. Questionné suite à l’interpellation de s responsables de Sonatrach, et au lieu de chercher à se disculper en se défaussant – comme il ne cesse de le faire depuis le fameux mandat d’Interpol-, sur les gestionnaires et les cadres ayant géré la boite qui aliment le trésor public de l’Algérie. 


Alors qu’il était encore aux affaires, mais également au sommet de l’arrogance dont il ne s’est toujours pas départi, Chakib avait tout bonnement rappelé à l’intention d’une meute de journalistes trop curieux et trop bavards, qu’il ne fallait surtout pas oublier qu’il «  appartenait au clan présidentiel ». Une formule très Américaine, quoi de plus normal pour un détenteur de la Green-Card, formule loudre de sens et qui n’avait fait sursauter personne. Pourtant, c’était un rappel cinglant à l’intention de ses amis « du clan présidentiel », mais également de ceux qui seraient tentés d’aller poursuivre quelques investigations. Il faut reconnaître que cet ancien économiste du FMI ou de la BM, à défaut de sauver l’Argentine de la débâcle, ce pourquoi il avait été nommé et grassement payé, Chakib savait trouver les mots qui tuent. Du seul fait de son appartenance fièrement brandie au clan, Il se prémunissait de toute poursuite. Et ce ne sont pas ses interviews téléphoniques à partir de sa résidence texane qui risquent de lui attirer le moindre ennui. Du moins avec la justice de son pays dont il dit craindre la partialité. Tiens donc ! Même un  ancien ministre, détenteur de la Green-Card qui vaut toutes les immunités, ne ferait plus confiance à la justice du pays qui l’a fait ministre et vice roi en charge des recettes ! C’est tout de même fort de café, avouons-le sans rougir ! Mais passons ! Toutes ces déclarations, copieusement relayées par la presse indigène doivent certainement avoir un sens ! Si Chakib se fait aussi disert, c’est que ses messages cachent très mal son système de défense. Car en répétant à tue-tête que lui en qualité de ministre, il n’a rien à voir avec ces histoires de détournements d’argent sale et de pots de vins, c’est qu’il doit avoir des raisons. Et c’est là où sa plaidoirie prend tout son sens. On sait très bien que dans ce genre de combines à plusieurs tiroirs et à multiples comptes devises, le nombre d’intervenants, d’intermédiaires et de suceurs est proportionnel aux somme subtilisées. Ici il s’agit de contrats portants  sur des dizaines de milliards de dollars, étalés sur plus d’une décennie ! Après la décennie rouge -ou noire, c’est selon-, voici venue celle de la décennie bleue pétrole ! Comme pour extraire le pétrole et le faire parvenir au marché de Londres ou d’Amsterdam, il faut nécessairement une chaine de solidarité. Car pour les commissions et les pourboires, il est indispensable de créer une chaine parallèle. Et dans cette chaine parallèle, on trouve le premier cercle, c’est celui du clan, puis viennent ensuite les autres maillons de la chaine de solidarité, ceux qui entretiennent les circuits et qui se servent au passage, puis il faut aussi veiller à en donner à ceux qui sont en charge de la surveillance…ça fait beaucoup de monde ? Mais la réussite  est à ce prix, tous ceux qui travaillent dans le pétrole vous le diront, sans une solidarité sans failles, rien ne peut sortir des derricks. Comment faire pour s’assurer que tout baigne dans l’huile autrement qu’en introduisant des lubrificateurs à tous les niveaux des rouages ! Et c’est ainsi que l’on se fait des amis partout ! Dans la poésie Arabe classique, le poète a toujours à ses cotés deux potes (Khalilayne)  dont il ne se départit jamais. Ils sont présents partout et aucun poète n’a osé s’en séparer, sans perdre la sève. Ce sont les « Khalil », qui même lorsqu’ils ne sont qu’imaginaires, aident à combler un trou. Nul doute que ce sont ces « Khalil » des temps modernes qui ont fait la fortune et l'immunité de Chakib. Et ces « Khalil » sont partout où se trouve non pas le pétrole ou le gaz, mais seulement leur odeur. C'est-à-dire en tout lieux où se traitent les affaires du pétrole, des mines, de l’électricité et du dessalement…de l’eau de mer…du coup ça fait des milliers de « Khalil » pour Chakib…c’est ce qui lui donne autant d’arrogance et autant d’insouciance, ses milliers d’amis, même ceux qui s’ignorent, sont là pour le protéger et venir à son secours…un acte salutaire pour soustraire toute cette racaille à toutes les justices du monde…et l’Italienne n’a qu’à bien se tenir…tant que la pétrochimie Algérienne peut encore lui offrir des contrats juteux…et si peu encombrants…et puis entre Khalil, on se doit assistance en tous lieux et en toute circonstance, la prose n’en sera que plus belle…et surtout plus juteuse…et plus fluide…c’est ça le charme des fluides, c’est leur liquidité qui les rends si précieux…comme un « Khalil » sans qui la poésie classique manquerait de saveurs…qui, contrairement aux gouts et aux couleurs, se partagent aisément et donne de la profondeur aux alliances, même les plus inattendues…Demandez à Chakib, il en connaît un bout …de torchère…

Pour etre complet, voici une interview de Djilali Hadjadj, le pérsident de la commission de lutte contre la corruption paru dans TSA du 17-08-2013 ( lien : http://www.tsa-algerie.com/actualite/item/1575-djilali-hadjadj-revient-sur-l-affaire-khelil-il-y-a-des-luttes-de-clans-entre-le-drs-et-l-entourage-de-bouteflika) 

Djilali Hadjadj revient sur l’affaire Khelil « Il y a des luttes de clans entre le DRS et l’entourage de Bouteflika »

Propos recueillis par Hadjer Guenanfa
Djilali Hadjadj, porte-parole de l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC), lie  le mandat d’arrêt international lancé contre Chakib Khelil à des luttes de clans entre le DRS et l’entourage de Bouteflika. Son association compte dévoiler de nouvelles affaires de corruption.
Vous avez jugé peu crédible le lancement du mandat d’arrêt international contre Chakib Khelil. Pourquoi ?

La justice algérienne, depuis l’indépendance et particulièrement ces dernières années, ne nous a jamais habitués à faire preuve d'indépendance et de compétence. Ce n’est donc pas avec une déclaration à la presse qu’un procureur général va nous faire croire que la justice est indépendante et qu’elle a décidé d’ouvrir un certain nombre de dossiers.

Aujourd’hui, nous savons que les magistrats italiens ont un dossier assez complet et qui est presque en voie d’être bouclé en termes d’instruction. Et que contrairement à ce que déclare le procureur général d’Alger, la justice algérienne ne collabore pas beaucoup. Les commissions rogatoires envoyées par les Suisses et les Italiens auprès de leurs collègues algériens n’ont pas eu les réponses espérées ou attendues. L’association a des informations sûres et vérifiées émanant des magistrats suisses et italiens indiquant que la collaboration des juges algériens est extrêmement insuffisante.

Dans le cadre de l’affaire SNC-Lavalin, par exemple, les juges suisses ont proposé à leurs homologues algériens de venir auditionner l’ancien vice-président de SNC-Lavalin qui est en prison à Genève, et qui était en fonction au moment où des contrats ont été attribués par l’Algérie à ce groupe. C’était une opportunité extraordinaire. Mais, les juges algériens n’ont pas donné suite. Quand la gendarmerie royale canadienne, qui enquête sur l’affaire, a demandé à auditionner ce responsable, les juges suisses ont répondu favorablement dans la semaine.

Les juges italiens et suisses ont également évoqué un sérieux problème de compétence de leurs homologues algériens par rapport à ces affaires qui sont extrêmement complexes. Ils ont notamment évoqué des commissions rogatoires très mal ficelées, très mal rédigées, et des informations demandées qui manquent totalement de précisions.

Quelle lecture faites-vous, alors, de la procédure judiciaire en cours contre l’ancien ministre de l’Énergie ?

Il ne faudrait pas qu’on soit dupes ! S’il y avait une justice indépendante, Chakib Khelil aurait été convoqué depuis 2010. Cela fait partie des luttes de clans, entre le DRS et l’entourage de Bouteflika, dans la perspective de 2014. Nous sommes malheureusement habitués à cela. Les déclarations à la presse de Chakib Khelil et le communiqué de Farouk Ksentini font d’ailleurs partie d’une contre-offensive du clan présidentiel pour essayer de minimiser les propos du procureur général d’Alger. M. Ksentini s'est exprimé en tant que président de la Commission consultative de la promotion et de la protection des droits de l’Homme. Il a porté des critiques, non pas en tant qu’avocat mais en tant que président de la commission, sur les propos du procureur général d’Alger. À aucun moment, il ne dit que la corruption est une atteinte aux droits de l’Homme. Il dit que le dossier doit être transféré à la Cour suprême. On sait très bien que la Cour suprême est le cimetière des affaires de corruption où sont entassés des personnages très proches du président.

En fait, nous sommes toujours en face du même pouvoir en Algérie. En tant qu’association, cette lutte ne nous concerne pas directement. Car elle peut très bien se terminer dans un ou deux mois par un accord et toutes ces affaires seront ainsi enterrées. Ce qui nous intéresse, c’est que ces affaires puissent aller le plus loin possible au niveau des justices des pays concernés. Nous ne nous faisons pas trop d’illusions sur la justice algérienne, sur son indépendance et sa compétence.

Vous ne croyez pas non plus à une réelle volonté du DRS pour lutter contre la corruption ?

Pas du tout ! Sur le plan de la loi, il est habilité à faire des enquêtes à partir du moment où il dispose d’un service de police judiciaire qui est reconnu légalement et qui est réglementé et à partir du moment où ces enquêtes sont menées sous l’autorité d’un juge. Mais nous aurions souhaité que le DRS ne soit pas habilité à mener ce type d’enquête puisqu’il ne s’agit pas d’une institution de sécurité qui fonctionne selon un minimum de transparence.

Vous avez évoqué des pressions algériennes sur les Italiens. De quoi s’agit-il ?

Nous avons des informations indiquant que le clan présidentiel, à travers ses différents relais nationaux et internationaux, est en train de faire pression sur le gouvernement et les entreprises italiens pour essayer d’interrompre ou de freiner les enquêtes judiciaires en exerçant une sorte de chantage : soit vous arrêtez les enquêtes, soit nous arrêtons les projets et on ne donne plus de marchés. Et cet exercice du chantage est une technique assez ancienne du pouvoir algérien.

Votre association menace de révéler d’autres affaires de corruption. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Il s’agit d’informations que nous sommes en train de vérifier et de recouper et que nous donnerons en temps utile. Elles concernent les nouvelles retombées de l’affaire SNC-Lavalin et d’autres affaires entre l’Algérie et l’Espagne. Il s’agit de la commercialisation du gaz, l’affaire du gazoduc et des contrats avec des firmes espagnoles. Nous avons des informations sur des intermédiaires internationaux qui auraient manœuvré pour obtenir des pots-de-vin. Le roi d’Espagne a effectué une visite officielle en Algérie en 2007. Il était accompagné de plusieurs ministres et de plusieurs dizaines de chefs d’entreprises espagnoles. Ce qui est normal. Ce qui ne l’est pas, c’est que dans la délégation, il y avait une intermédiaire européenne, très proche du roi, qui avait déjà approché des officiels algériens pour faciliter l’octroi de marchés à des entreprises espagnoles.

Le retour de Regina, une lumière d'Allemagne

Belle surprise ce matin, dans mon messenger, je reçois une visite totalement inattendue et complètement inespérée. Qui frappe à l...