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L'Algérie hors-jeu au partout

Les récents développements de la situation en Libye traduisent le terrible désarroi de la diplomatie Algérienne; qui se trouve totalement disqualifiée dans ce qui était son pré carré, le Maghreb...Pour celui qui a été ramené en 99 pour redorer le blason du pays sur le plan international, le résultat est affligeant...12 ans après, notre pays est devenu totalement aphone et complètement inaudible...Ci dessous un avis d'expert, celui d'un ancien ambassadeur et ancien ministre de la communication qui a eut le courage de démissionner dès le premier conseil des ministres de l'ère Bouteflika...j'ai nommé Abdelaziz Rahabi, une fine fleur de la diplomatie algérienne...

Abdelaziz Rahabi, diplomate et ancien ministre, à TSA

Libye : "l’autorité de décision en Algérie a fait preuve d’un amateurisme affligeant"



Diplomate et ancien ministre de la Culture et de l’information, Abdelaziz Rahabi revient dans cet entretien sur les enjeux inhérents à la chute de Kadhafi. Il évoque les ratés de la diplomatie algérienne et ses conséquences sur le futur de la région du Maghreb.  
 
 
Quelle analyse faites‑vous des derniers développements de la situation en Libye ?
 
Ce qui se passe en Libye est à mon sens un aboutissement logique de deux situations. La première est celle de Kadhafi qui n’a pas su gérer une crise politique interne parce qu’il n’est pas habitué à écouter et à faire des compromis avec son propre peuple. La seconde est celle du monde occidental et de ses alliés arabes qui se sont engagés pleinement dans une opération diplomatico‑militaire qui met en place les conditions de leur autorité politique et économique sur notre région.
 
 
L’Algérie a dès le début du conflit refusé de demander le départ de Kadhafi et de reconnaître le CNT. Qu’est‑ce qui a motivé cette position, selon vous ?
 
L’Algérie a fait au moins deux erreurs d’évaluation. La première était celle de considérer que Kadhafi était en mesure de résister sur le plan militaire et que l’intervention de l’Otan allait susciter un rejet des opinions publiques arabes. La seconde est qu’elle a fait preuve de fébrilité  à la suite des déclarations de membres du CNT sur son supposé soutien militaire et politique à Kadhafi. Sur cette question, le CNT a fait le jeu de la France et du Maroc pour neutraliser notre diplomatie, la confiner dans une  position défensive et exclure l’Algérie de la gestion de cette crise. L’autorité de décision en Algérie a fait preuve d’un amateurisme affligeant.
 
 
Comment peut-on interpréter la décision tunisienne de reconnaître le CNT, contre l'avis d'Alger ?
 
La Tunisie a fait preuve de pragmatisme dès le début dans la mesure où elle avait déjà établi des contacts avec le CNT pour consolider ses chances de médiation entre les deux parties. Nous sommes là dans un cas atypique de relations entre deux pouvoirs en pleine transition, un peu comme entre l’Espagne et le Portugal à la fin des années soixante‑dix. Les convergences entre les islamistes et les démocrates des deux pays ne sont pas récentes, elles remontent aux longues années d’exil. Il sera donc plus aisé pour les Tunisiens que pour nous d’envisager l’avenir des relations avec la nouvelle Libye.
 
 
Nous partageons une longue frontière aux multiples enjeux (traçage, eau, hydrocarbures, sécurité…) avec le voisin libyen. Comment voyez‑vous l’évolution des rapports entre les deux capitales à la lumière du froid entre Alger et le CNT ?
 
Le CNT lui-même n’est pas un modèle de cohésion, son unité s’est forgée autour d’un seul objectif, celui de faire partir Kadhafi. Il faut peut être attendre la fin du processus de transition, qui prendra plus d’un an, pour avoir une idée plus claire de la prochaine configuration des forces politiques dominantes en Libye, même si on devine un peu que le courant islamiste est dominant, celui de l’opposition démocratique en exil n’a pas de relais sociaux et les dissidents de l’ancien régime auront du mal à se redéployer. Avec ces nouvelles forces politiques, l’Algérie n’a presque pas de relations. Bouteflika s’est enfermé dans un tête à tête avec Kadhafi dont nous payons le prix aujourd’hui. Le peuple libyen nous en voudra pour encore longtemps. La mémoire des peuples est indélébile.
 
 
Quelle sera alors la nouvelle position de l'Algérie dans un Maghreb démocratique ?
 
L’Algérie officielle a gâché une chance historique d’être un État pivot dans la nouvelle architecture du Maghreb. Elle n’a pas soutenu la révolte des Tunisiens, n’a pas mesuré la force de la rue en Égypte et n’a pas tendu la main au CNT. Il faudra attendre que notre pays change et se démocratise pour prétendre jouer un quelconque rôle dans la région. En attendant, nous avons beaucoup à apprendre des différentes expériences du réveil arabe.

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