vendredi 14 mars 2014

l'injustice sera vaincue

Ma pauvre Khadidja Benaissa...elle est foudroyante votre candide question...mais du moment que nous ne sommes pas amis vous et moi, ça peut se comprendre...Pour moi, le Dahra est une pénitence...comme je suis très fidèle à mes aïeux, c'est devenu un sacerdoce...j'ai découvert cette région, voilà exactement 45 ans...mais je ne la voyais qu'à travers les paysages somptueux et les ravines indolentes qui lui donnent une profonde volupté...puis un jour de juin 2007, en compagnie de mon fils Ali, j'effectue une percée vers la grotte de Ghar El Frachih, ou grotte de Nekmaria...et c'est le coup de foudre imparable...je fais le serment de consacrer le restant de ma vie à faire connaitre cette région à travers les souffrances des ses populations...le destin en aura définitivement fixé les contours le jour où j'ai plongé à l'intérieur de la grotte et suis remonté avec les ossements de la tribu des Ouled Riah...c'était exactement le 20 juin 2011, soit 166 ans après le terrible massacre organisé et exécuté en toute conscience par le sanguinaire colonel Pelissier...puis j'ai lu L'Amour, la fantasia" d'Assia Djebbar qui est devenu mon unique livre de chevet...donc à chaque fois je j'étouffe, c'est vers cette grotte que je me tourne et je me rends compte combien mon sort est toujours plus enviable que celui de mes ancêtres et aïeux...alors le Dahra c'est un peu la cité interdite, un peu l'Eden et un peu aussi les traces du redoutable Bu Maza, le redoutable cavalier qui à 22 ans souleva les tribus pour dire non à l'oppression...le Dahra c'est une terre de révolte contre l'injustice...c'est aussi la preuve vivante que l'injustice sera vaincue...le Dahra c'est aussi la délivrance ...et ceux parmi mes amis qui me font l'honneur de m'y accompagner n'ont qu'une seule envie: y retourner un jour...parfois c'est moi qui fais le pèlerinage à leur place...

vendredi 7 mars 2014

Les Zaouia disent "Barakat"

 Selon la presse électronique, le Dr Chaalal Mahmoud Omar, président de l'Association Nationale des Zaouïa d'Algérie dit "non au 4ème mandat"!

Pour avoir suivi de prêt le parcours du Dr Mahmoud Omar Chaalal, le président de l'association nationale des zaouïa d'Algérie, je ne suis nullement surpris par cette position qui dénote d'un grand courage et d'une grande lucidité...dans un livre qu'il a eut l'obligeance de me dédicacer, j'avais noté sa rupture d'avec les autres courants et surtout d'avec l'idée du 4ème mandat. Pour comprendre cette posture, il serait bon d'en connaitre les racines profondes. Et lorsque l'on connait ces fondements qui font l'originalité des zaouïa et leur engagement dans le mouvement national, leur opposition au salafisme tel que prôné à l'époque par Ben Badis, on ne peux qu'apprécier à sa juste mesure la déclaration du Dr Mahmoud Omar Chaalal. Pour avoir une idée même superficielle, voici le texte que j'ai commis concernant le livre du Dr Chaalal...à lire jusqu'au bout, car c'est la chute qui est déterminante:

Parution d’un ouvrage sur le monde des Zaouia

Entre un passé assumé et un avenir incertain

Edité sur compte d’auteur, le livre « Itinéraire de la zaouia Al Chaalal » est sur les étals depuis quelques jours. Son auteur, le Dr Mahmoud Omar Chaalal n’est pas un inconnu, puisqu’il est le président de l’association nationale des zaouïa d’Algérie. Prenant appui sur des précieux témoignages ainsi que sur des bribes de manuscrits, l’auteur entame une studieuse rétrospective sur le parcours de la zaouïa qu’il connaît le mieux, celle de Sougueur, une ville située à 50 km au sud de Tiaret. L’ouvrage de 242 pages rappelle avec parfois de croustillant détails, ce que furent, il y a de cela deux siècles, les balbutiements d’une zaouïa, sous l’emprise du diktat Ottoman. On ya prend combien, l’école coranique fondée par ses aïeux, a été confrontée aux pressions du Makhzen turc pour ensuite subir de plein fouet l’implacable joug de la colonisation française. Entre les affronts des turcs et de leur relais indigènes, et les brimades et autres privations de l’administration coloniale, l’auteur nous restitue avec minutie les moindres actes de résistance des familles et des tribus autochtone, avec en toile de fond, l’apport soutenu de l’enseignement du Coran et de la langue qui le véhicule. Le lecteur se laisse guider à travers la vie de la zaouia, de ses adeptes, des chouyoukhs et de leurs apports séculaires au maintien d’une cohésion à l’intérieur de la société. A partit de sa zaouïa, le Dr Chaalal invite le lecteur à le suivre de marabouts en marabouts à travers ces hautes plaines et ces montagnes incrustées et rebelle de l’Ouarsenis. Puis à travers son propre itinéraire, il nous guide à travers les péripéties de sa scolarité au lycée franco musulman de Tlemcen et son premier contact avec la grande ville, ses habitants au raffinement avéré et ses sociétés savantes qui lui ouvriront les portes du sublime patrimoine musical andalous. Se voulant très pédagogue, l’auteur nous parlera de cette rencontre à la fois insolite et fondatrice entre son grand-père et Abdelhamid Ben Badis. Une confrontation entre «  le salafisme » rigoriste de l’un et le « soufisme séculaire de l’autre, qui fera que la zaouïa de Sougueur parviendra selon les mots de l’auteur «  à faire la synthèse entre les frères ennemis. Enfin, dans sa lucidité habituelle, l’auteur règle ses comptes avec les « zaouïa politiques » et refuse de s’associer aux appels à un 4ème mandant, n’hésitant pas à critiquer sans détours le patron de la zaouia «Habria »  de Sidi Maarouf, non loin d’Oran qu’il accuse d’avoir « altéré la Tariqa Habria » et de « diriger de sa secte, le mouvement du groupe d’Oujda ».

Pour la première fois depuis 1999 : l’Association nationale des zaouïas ne soutiendra pas Bouteflika

Le divorce semble définitivement consommé entre le président Bouteflika et l’Association nationale des zaouïas qui a décidé de n’accorder de soutien à aucun candidat à l’élection présidentielle du 17 avril prochain. Inattendue pour beaucoup d’observateurs de la scène politique nationale, vu que les rapports entre le chef de l’Etat et l’Association en question ont parfois atteint des niveaux de complicité surprenants, la décision constitue peut-être le signe d’une profonde mésentente entre les deux parties. Et c’est à partir de Mascara, à l’ouest du pays, que le président de l’Association a donné le ton. «Nous avons une position de neutralité complète sur l’élection présidentielle du 17 avril. Nous ne sommes ni pour ni contre un quatrième mandat du président en poste Abdelaziz Bouteflika», a, en effet, expliqué de manière publique Mahmoud Chaâlal, président de l'Union nationale des zaouïas algériennes (UNZA). Assailli par les journalistes venus couvrir son point de presse réservé aux préparatifs d’une rencontre internationale sur le soufisme, Chaâlal n’a pas hésité, contre toute attente, à dire tout haut sa position sur une échéance politique décisive pour le pays, en l’occurrence la présidentielle du 17 avril prochain. «Notre mouvement adoptera une position de neutralité et ne soutiendra aucun candidat», a-t-il tranché, lui qui avait fait du soutien à Bouteflika une constante depuis l’arrivée au pouvoir de ce dernier en 1999. Le président de l’Association des zaouïas révèle, de manière presqu’explicite, que le courant ne passe plus entre lui et le chef de l’Etat, candidat à sa succession. «Nous allons œuvrer avec celui qui sera élu et qui partagera nos idées et nos valeurs», a-t-il déclaré comme pour signifier que son organisation ne partage plus grand-chose avec Bouteflika pour lequel, pourtant, elle s’était toujours mobilisée.
A. Sadek

7 Toubibs dans l'arène

Mon ami, le Professeur Abbès Bahous...a fait une très pertinente remarque...il s'est demandé si nous n'étions pas à la veille d'un "7-11-87" à l'algérienne...tout en rappelant que face à la détérioration de la santé mentale et physique de feu le président Habib Bourguiba (paix à son âme), les patriotes tunisiens avaient réunis un panel de 7 médecins au dessus de tous soupçons...ce derniers avaient rendus un verdict qui est rentré dans l'histoire... bien sur que durant un très bref instant, je me suis mis à rêver...puis je me suis vite ravisé, me souvenant qu'en Algérie il manque toujours quelque chose...et d'abord un général Benali qui aura la bonne idée d'aller réunir 7 médecins au dessus de tout soupçon...pourtant il va bien falloir passer par là...car l'affaire est par essence médicale...et qui oserait remettre en cause le verdict d'un collège de médecins Algériens scrupuleux et jaloux de leur patriotisme et surtout inamovible défenseurs du serment d’Hippocrate! car après l'éventualité d'une validation de la candidature de Bouteflika par le conseil constitutionnel, la forfaiture viendrait certainement du certificat médical que l'un de leurs collègues aura commis...Soit, je reconnais que je n'y comprends rien en matière d'AVC, mais au vu des images du candidat lors du dépôt de dossier entre les mains de Medelci, le doute n'est plus de mise... je me demande lequel parmi les braves pères de familles de ce pays confierait la garde de ses enfants à un monsieur qui a perdu l’usage d'une partie importante de ses fonctions...c'est pourquoi, si forfaiture il y a, elle sera médicale ou ne sera pas... C'est pour ça que ce qu'un médecin hésitant aura commis, seul un collège de médecins choisis par leurs pairs sera à même de récuser en toute déontologie...afin de rétablir l'honneur perdu de la profession... autrement, je suggère que les milliers de médecins que compte ce pays s'expriment à travers une prise de position claire et sans bavures...d'abord pour dénoncer la dérive de leur collègue, ensuite pour demander sa radiation pour exercice hasardeux, voire déshonorant de la médecine, et enfin pour démontrer à la face du monde que malgré des conditions de travail exécrables et des salaires minables, les toubib de ce pays ont une haute conscience de leur statut et de leur place dans la société...pour cela, ils se doivent de mettre au ban des accusés le ou les toubibs qui auraient émis un certificat de virginité à Bouteflika...je suis persuadé qu'il en existe et qu'ils ne tarderont pas à s'exprimer aussi clairement que possible...notre élite n'a pas le droit de se débiner de son devoir...ils pourraient même constituer un comité d'éthique médicale ad hoc pour ausculter le candidat Bouteflika en toute sérénité et en toute objectivité...je ne peux pas croire que nos toubibs soient aveugles à ce point...je ne veux pas croire que nos éminents spécialistes accepteront de laisser faire un collègue véreux...La honte médicale ne peut pas exister en Algérie...ceux et celles qui ont stigmatisé l'attitude de leur collègue Bougharbal  ( l'autre synonyme de Boussayar!), l'auteur du fameux accident ischémique sans gravité du 27 avril dernier nous doivent une piqure de rappel...celle de l'honneur d'une profession dont tout algérien est fier...à raison...alors même avec votre graphisme excécrable, mesdames et messieurs les toubibs, c'est à votre tour de descendre dans l'arène...rien ne dit que le verdict sera différent, mais pour éviter à l'Algérie d'autres malheurs, il serait sage que les médecins prennent la parole...nul doute qu'elle sera entendue et qu'ils auront gagné notre estime éternelle...

vendredi 28 février 2014

C’est le système qui est malade, pas Bouteflika !




Avec la dernière sortie de Mouloud Hamrouche, le micro zeste d’espoir qui restait pour sortir du tunnel, s’est effondré comme un château de cartes. Une belle et froide douche qui n’enlèvera rien à nos stupeurs et à notre désespoir. D’ailleurs, les rares voix qui se sont exprimées, notamment celle de Med Benchicou – sur le site du matin juste après la conférence de Si Mouloud Hamrouche à l’hôtel Essafir- ou celle prémonitoire de Abed Charef – le quotidien d’Oran de jeudi matin-, il apparaît clairement que le peu d’intelligentsia encore audible dans ce pays est totalement perdue entre circonspection et abattement…Alors que faire en absence de repères, sinon lire la longue et essoufflante plaidoirie de Mourad Benhachenhou en soutien à la prorogation du règne. J’avoue que des trois chroniques, c’est incontestablement celle du Tlemcenéen Benhachenhou qui m’a le plus contrarié. Non pas par sa longueur excessive (1 page entière dans le QO de jeudi 27-02-2014), mais par les curieux raccourcis qu’emprunte l’ex tonitruant ministre de Zéroual, connu jadis pour son pragmatisme Tlemcenéen pur jus. Comme je n’ai lu son papier insipide, voire écœurant, qu’après avoir pris connaissance du contenu de la conférence de Si Mouloud Hamrouche, je me suis senti trahi par la démonstration à l’eau de rose de Mourad Benhachenhou. Voilà quelqu’un avec qui je n’avais aucune raison de me fâcher tant le technocrate nous avait habitué à une rigueur toute anglaise. Je me demande par quel miracle, cet économiste iconoclaste au discours si tranché de par le passé, s’est soudain découvert ce talent de laudateur, d’autant que le système avait déjà affiché sa stratégie de l’immobilisme sclérosant que dénonce avec le souffle de la dernière chance Mouloud Hamrouche. J’ai l’ultime conviction que l’impétueux économiste s’y prend bien tardivement et si maladroitement qu’il aurait mieux fait de persister dans son silence. Car avouons-le tout net, même si tout est remis aux calendes grecques, que jamais ce pays ne sortira du marécage dans lequel il se débat depuis 1958, que ni l’ANP, ni aucun de ses embranchements ne sont aptes à initier le moindre virage, il est tout de meme désespérant de voir un brillant économiste rejoindre la légion de Saadani, de Bouguetaya, de Ghoul, d’Amara ( je ne dis pas Benyounès par respect à son martyr de père), de Belkhadem, de Ouyhia, de Bensalah et de Sellal. N’aurait-il pas valu pour lui de se cloitrer dans son confortable silence ? Surtout que l’universitaire nous avait habitués à plus de clairvoyance et à plus de lucidité. J’ai lu son très long papier et j’ai de la peine à lui en attribuer la paternité, parce que s’il y avait quelqu’un que je ne soupçonnais pas de larbinisme accentué, c’était bien Mourad Benhachenhou, l’enfant de Tlemcen. Son ralliement à la cohorte est fortement interpelatif. Car il fallait que la pression soit si forte ou l’appel du ventre si incisif au point de faire tourner la tête à un universitaire d’une rare acuité intellectuelle. Visionnaire, percutant, incisif, Mourad Benachenhou  s’est transformé, l’espace d’une chronique, en un grand flagorneur de service. Passé le choc des premiers instants, je me tourne vers Mouloud Hamrouche et je m’aperçois que lui aussi semble désemparé au point de parler des « impasses qui recèlent de graves menaces, exacerbent les facteurs de division, paralysent les institutions et soumettent les hommes à des pressions impossibles ». Afin de se dédouaner de ceux qui l’ont mal compris lors de sa lettre du 17 février, Mouloud Hamrouche se fait le défenseur des « forces de défense, de sécurité, les cadres et acteurs économiques (qui) restent soumis, à chaque échéance présidentielle et à chaque changement de responsables, à d’intolérables pressions, interrogations et examens de conscience ». Se voulant plus convaincant, l’ancien chef du gouvernement réformateur déplore que les hauts responsables soient contraints d’affirmer leur « allégeance » aux dirigeants du moment, au lieu « d’appliquer des programmes élaborés et défendus par des courants politiques organisés en partis ». Il fallait bien ça pour justifier son retrait de la course. Mais ce n’est pas pour autant qu’il y sera arrivé, puisque la rue continue de gronder. Et les réseaux sociaux s’emballent à un point de non retour que même le républicanisme de Mouloud Hamrouche aura de la peine à contenir. Du coup, la candidature de Bouteflika apparaît plus comme une défaite du système qui l’a ramené, caressant le fol l’espoir de le voir renvoyer l’ascenseur. Mais c’est prouver encore une fois que jamais le système y compris lorsqu’il était aiguillonné par le Cardinal, n’est parvenu à élucider l’équation Bouteflika. Car voilà un homme trahis par la santé, dont le sort devait se jouer entre 2 vols vers le Val de Grace, qui refait un fulgurant feed-back dont il détient le profond secret ! Finalement, des deux protagonistes, qui est réellement malade ? Abdelaziz Bouteflika ou le système ? La question mérite d’être méditée car c’est en elle que se trouve la solution. Au lieu d’en appeler à l’ANP pour barrer la route du 4ème mandat, pourquoi ne pas chercher un autre acteur ? C’est ce que semble suggérer Mouloud Hamrouche. Mais comme lui-même attend un geste de ses « compagnons d’armes », n’est-il pas normal que cela débouche sur l’impasse qui se dessine et dont Abdelaziz Bouteflika ne serait que le quart de l’équation. N’oublions pas qu’il est bien plus jeune et surtout beaucoup plus rusé que son chef d’état major.

samedi 22 février 2014

Le pilote et le saltimbanque

Mes amies et amis, je suis au regret de vous annoncer que mon pays rentre dans une zone de grosses turbulences et qu'il n'est pas question pour moi de laisser faire le pilote, le copilote, le mécanicien de bord, le mécanicien au sol, la direction de l'aviation civile et militaire...ça fait déjà bcp de monde à la fois...car j'omets de citer les amuseurs, les équilibristes, les bonimenteurs, les saltimbanques, les troubadours, les dresseurs de serpents à sonnettes et à sornettes...les amnésiques et les aphasiques, les laudateurs et les chauffeurs...alors soyez indulgents avec moi, je vais continuer à vous assommer avec mes préoccupations de l'heure...qui sont purement patriotiques...et éminemment éthiques...car il y va du devenir de mon pays pour lequel j'ai déjà tant donné, vous comprendriez pourquoi je n'ai pas l'intention ni de me taire ni de laisser faire...toutefois, rassurons-nous les un (e) s les autres, je ne suis nullement insensible à vos activité que je suis avec dévotion...enfin, je serais bien ravis d'avoir de temps à autre vos avis, voire seulement vos clins d’œil...on ne me reprochera pas d'avoir ignoré ce que vécurent mes amis ainsi que les populations de Tunisie, du Maroc, de Libye, de Syrie et d'Egypte...l'Algérie ne ne sont pas que les Algériens domestiques...je sais que nous avons des amis partout et des voisins tout autour de la maison...si je fais trop de bruit, n'hésitez plus, venez vous joindre au concert, ça en vaut vraiment la peine...et si par chance le 17 avril nous basculions dans le seconde république, alors là vous n'aurez plus aucune excuse pour ne pas venir faire la fête avec nous et entre nous...si par malheur ça ne se ferait pas, j'aurais au moins la satisfaction d'avoir lutté et surtout d'avoir encore des ami(e)s et amis...j'ai une chance sur deux de me tromper...c'est pas mal!

samedi 18 janvier 2014

Hamrouche où la fin de la kermesse



« Si Mouloud » au secours ton pays est au bord de la falaise...
A l’enfant de Constantine, au patriote sincère et dévoué, à l’ancien moudjahid dès l’adolescence, au fils de chahid, au père biologique de la presse libre, au capitaine au long cour des réformes les plus intelligentes qu’ait entreprises l’Algérie depuis l’insurrection de Bou Maza (1845-1847) et du soulèvement du 20 aout 55, l’acte fondateur de la révolution populaire, à l’homme politique sans peur et sans reproches, au bâtisseur de l’Algérie plurielle, à Mouloud Hamrouche…Le dernier voyage au Val de Grâce du président de la république algérienne n’est pas un acte anodin, ni un simple bilan de « bonne santé retrouvée ». A bord de l’avion estampillé du drapeau national de l’Algérie Algérienne, le déplacement du président de la république « en terre ennemie » est un acte de souveraineté écorchée qui ne peut laisser insensible un patriote. Mais laissons aux historiens la primauté du jugement de cet acte qui de toutes les manières et sous tous les angles possibles, reste un acte majeur dans la vie de la Nation. Ce qui compte désormais, c’est le sort de l’Algérie qui est en train de se façonner dans une ambiance de kermesse tribale dont notre pays est devenu coutumier. Car qui peut croire un seul instant que la candidature par procuration d’Abdelaziz Bouteflika ne mènera pas le pays vers les gorges acérées du Rhummel ? Qui peut nous dire en quoi cette campagne indigne et sournoise pourrait aider notre pays à gagner les berges de la seconde république à laquelle aspirent à la fois les vrais patriotes, sincères et désemparés, les jeunes qui rêvent d’une vie de labeur, les fellah et les opérateurs qui rongent leurs freins et continuer à donner le meilleur, et ce depuis un demi siècle d’une paix chèrement acquise et d’une souveraineté disputée ? Qui mieux que vous pourrait donner des assurances à Abdelaziz Bouteflika, si tant est qu’il soit encore capable de discernement, afin qu’il puisse finir ses jours parmi nous, dans la sécurité, la sérénité et la générosité ? Qui autant que vous pourrait donner à notre glorieuse armée nationale, celle de Tiguentourine, des monts et des vaux, où chaque jour se livrent les batailles contre les maquis islamistes, les groupes terroristes et les barons et leurs valets des cartels de la drogue que des Rifains malfamés déversent avec le soutien d’un Mahkzen criminel, sur nos jeunes afin de les asservir sans vergogne, cette assurance que ces combats ne sont pas vains ? Qui mieux que vous pourrait donner à ce pays meurtri par des décennies d’incertitudes et d’errements, une voie à suivre pour rassembler et pour construire enfin la seconde république de tous les espoirs et de toutes les certitudes ? Alors Si Mouloud ? Accepteriez-vous de voir demain ce pays en prise à une multitude de luttes aussi inutiles que meurtrières ?  Je sais d’instinct que vous et vos semblables n’allez pas abandonner le devenir de ce pays et ces charognards sans vergogne, à ces suceurs d’argent public et à ces charmeurs de vipères. Sinon, pourquoi avoir combattu le colonialisme à un âge où il faisait bon déguster un sorbet à la chantilly sur la place de la Brèche…ce trou béant creusé par les canons de Valée  et de Danrémont dans l’inexpugnable citadelle de Constantine…le premier y perdra la vie et le second sera fait maréchal en marchant sur les cadavres de nos aïeux… Si par malheur votre silence vous incitait à tourner le dos à votre destin, sachez Si Mouloud que les combats des anciens ne vous le pardonneront pas…ceux qui se sont scarifiés pour que ce pays émerge des ténèbres  attendent de vous un sursaut salvateur qui n’est pas étranger à votre lignage. S’il ya un moment dans la vis tourmentée de ce pays où votre contribution est décisive c’est bien celui-là…sans vous, la présidentielle du 17 avril 2014 signifiera l’enterrement des espoirs d’un peuple…votre place est dans la brèche…tous les patriotes, ceux en uniformes et ceux en bleu de travail seront à vos cotés car il y va de l’avenir et du passé de l’Algérie…la situation est grave au point que des nationaux parfaitement bien intégrés à la civilisation occidentale ont flairé le roussi au point de se départir de leur double nationalité pour venir au chevet de leur pays agonisant…vous ne pouvez pas, vous le parfait connaisseur des arcanes du pouvoir, les laisser combattre seuls…Si Mouloud Hamrouche, aujourd’hui, à l’heure où les aiguiseurs de couteaux s’activent intensément, rappelez-leur combien ce pays compte à vos yeux et à votre cœur…et qu’il n’est ni à plaindre, ni à blâmer…il a juste besoin de traverser les crues printanières qui sont souvent catastrophiques dans cette région du monde…
Aziz Mouats Mostaganem le 18 janvier 2014

vendredi 3 janvier 2014

Dieudonné à l'Elysée

La fin de l'année 2013 a vu François Hollande aller se prosterner en Israël, faire des génuflexions sordides en Arabie Saoudite, la courbette devant les mamelouks du Qatar et se payer la tête de Bouteflika et par ricochet de l'Algérie par une fumante boutade à l'intention de Valls....ça fait bcp de gestes et d'actes pour l'amorphe Flamby, eh bien non, comme si ça ne suffisait pas, le voilà qui en rajoute une couche devant ses hotes Saoudiens...sa cible n'est ni une ONG, ni un dictateur africain, encore moins un richissime potentat du Golfe persique, pas meme l'Iran qui lui en fait voir de toutes les couleurs en soutenant le régime sanguinaire de Bachar...même la mauvaise blague sur le retour "sain et sauf" d'Algérie de son ami Valls était déjà noyée dans une mauvaise soupe de poissons algéroise...non le désormais ennemi public premier n'est autre qu'un humoriste qui a le malheur d’être à la fois Français (Breton, par sa mère, ça aussi ça devrait le disqualifier) et Camerounais...que lui promet-il à ce métis jongleur de mots et grand amateur de quenelle? Rien moins qu'une loi pour le faire taire à jamais...bon on a beau être président de la 5ème république, il n'en demeure pas moins que ça fait désordre de parler de politique intérieure depuis un pays étranger...Mais le sire Hollande n'en a cure...on peut cependant le comprendre, avec 15% d'opinions favorables, franchement il n'as plus aucune légitimité dans l'opinion...mais delà à s'impliquer dans les affaires internes depuis un pays ami - une amitié toute récente, toute relative, mais qui rapportent de fabuleux contrats- où on ne parle même pas Français, où les femmes n'ont même pas le droit de conduire une charrette...c'est que l'affaire doit être très grave et relever de l'honneur de la France! qu'on se rassure, Hollande n'a pas encore déclaré la guerre et n'a toujours pas envoyés de parachutistes devant la maison du Franco-Camerounais...mais au rythme où vont les choses, vu l’acharnement de Valls et de Fabius...Dieudonné devrait craindre pour sa vie...jamais l’humoriste d'origine Bretonne n'a été aussi plébiscité que depuis que François Hollande, l’Élysée, le CRIF, la LICRA et tous les cireurs du PS, ainsi que la très grande majorité des médias hexagonaux, à la demande expresse de l'ami Pérès, ont décidé de s'allier comme un seul homme pour appuyer sur le bouton..... nucléaire...Dieudonné va être pulvérisé...c'est ne pas croire à l'intelligence du peuple de France qui n'a plus les yeux bleus mais qui sait reconnaitre les siens...en sus un succulent article de la journaliste Diana Johnstone, traduit de manière truculente par un "Dziri" bien de chez nous...à lire et à partager sans retenue aucune, l'ivresse  fait vivre...longtemps...surtout lorsqu'elle tacle la bêtise et l'abaissement...car désormais, l'affaire se décide en terme de popularité...et Dieudonné a déjà une belle longueur d'avance sur Hollande...2017 n'est plus loin...

La campagne contre Dieudonné vue par Diana Johnstone pour le magazine américain Counter Punch

Un bon article très remarqué de Diana Johnstone sur les développements autour du geste de la quenelle popularisé par l’humoriste Dieudonné.
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Diana Johnstone
L’article est publié par Counter Punch, un magazine américain de gauche, c’est-à-dire extrémiste dans la terminologie politique en vigueur aux Etats Unis, pays où dominent traditionnellement un centre gauche et un centre droit.
Je en ferai pas de commentaires même si ce n’est pas l’envie de le faire qui manque.

La tentative de museler Dieudonné M’Bala M’Bala

la Bête Noire [en français dans le texte, NdT] de l’establishment français
par DIANA JOHNSTONE à Paris, Counter Punch (USA) 1er janvier 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri
Les médias traditionnels et les politiques commencent la nouvelle année avec une résolution partagée pour 2014 : museler définitivement un comédien franco-africain qui devient trop populaire auprès des jeunes gens.
Entre Noël et la Saint-Sylvestre, ce n’est personne d’autre que le Président de la République, François Hollande qui, lors d’une visite en Arabie Saoudite pour de (très grosses) affaires commerciales, a déclaré que son gouvernement devait trouver un moyen d’interdire des spectacles de l’humoriste Dieudonné M’Bala M ‘ Bala, ainsi qu’a appelé à le faire le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls.
Le leader du parti conservateur d’opposition, l’UMP Jean-François Copé, a fait immédiatement chorus en apportant un «soutien total» à la réduction au silence de l’incontrôlable comédien.
Au milieu de ce choeur médiatique unanime, l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur a écrit en éditorial que Dieudonné est «déjà mort,» lessivé, fini. La rédaction débattait ouvertement de la meilleure tactique entre essayer de le faire emprisonner pour «incitation à la haine raciale», l’annulation de ses spectacles sur la base de potentielles «menaces de trouble à l’ordre public,» ou l’exercice de pressions en menaçant les communes de diminuer le montant des subventions pour la culture si elles l’autorisent à se produire.
 L’objectif de Manuel Valls, le patron de la police nationale, est clair, mais le pouvoir tâtonne quant à la méthode.

Le cliché méprisant qui est constamment répété est que «Dieudonné ne fait plus rire personne.»
En réalité, c’est le contraire qui est vrai. Et c’est là le problème. Dans sa récente tournée dans les villes françaises, des vidéos montrent de grandes salles archi combles pliées de rire devant leur humoriste préféré. Il a popularisé un geste simple qu’il appelle la «quenelle.» Ce geste est imité par des jeunes gens dans toute la France. Elle veut dire tout simplement et à l’évidence : on en a marre.
 Pour inventer un prétexte pour détruire Dieudonné, la principale organisation juive, le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, équivalent français de l’AIPAC) et la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), qui jouit de privilèges particuliers dans le droit français (la journaliste parle du droit de se porter partie civile, NdT) ont sorti une histoire extravagante pour qualifier Dieudonné et ceux qui le suivent de «nazis.» La quenelle n’est selon toute évidence qu’un geste grossier signifiant à peu près «dans ton cul» avec une main placée en haut de l’autre bras pointé vers le bas pour préciser la longueur de la quenelle.
Mais pour le CRIF et la LICRA, la quenelle est «un salut nazi à l’envers». (On n’est jamais assez «vigilant» quand on cherche un Hitler caché)
Comme quelqu’un l’a remarqué, un «salut nazi à l’envers» peut tout aussi bien être considéré anti-nazi. Si encore le geste a quelque chose à voir avec Heil Hitler. Ce qui n’est manifestement pas le cas.
 Mais le monde des médias reprend cette affirmation, en signalant tout du moins que «certains considèrent la quenelle comme un salut nazi à l’envers. » Peu importe si ceux qui pratiquent ce geste n’ont aucun doute sur ce qu’il veut dire : N…e le système !
 Mais jusqu’à quel point le CRIF et la LICRA sont-ils «le système» ?
La France a un grand besoin de rire 
L’industrie française est en train de disparaître, avec des usines qui ferment les une s après les autres. L’imposition des citoyens à faibles revenus est à la hausse, pour sauver les banques et l’euro. La désillusion vis-à-vis de l’Union européenne est de plus en plus forte. Les règles de l’UE empêchent toute action sérieuse pour améliorer l’état de l’économie française. Pendant ce temps, les politiciens de gauche et de droite continuent leurs discours creux, émaillés de clichés sur les «droits de l’homme» – en grande partie comme prétexte pour aller à la guerre au Moyen-Orient ou pour des diatribes contre la Chine et la Russie. Le pourcentage d’opinions positives sur le président Hollande a dégringolé à 15%. Pourtant les gens votent, avec pour résultat les mêmes politiques, décidées par l’UE.
Pourquoi alors la classe dirigeante concentre-t-elle sa vindicte sur «l’humoriste le plus talentueux de sa génération" (ainsi que le reconnaissent ses confrères, même quand ils le dénoncent)?
La réponse en bref est probablement que la popularité montante de Dieudonné auprès de la jeunesse illustre un accroissement de l’écart entre générations. Dieudonné fait rire aux dépends de l’ensemble de l’establishment politique. Ce qui a eu pour conséquences un torrent d’injures et de démarches pour interdire ses spectacles, le ruiner financièrement et même le faire aller en prison. Les attaques verbales fournissent le contexte propice à des agressions physiques contre lui. Il y a quelques jours, son assistant Jacky Sigaux a été agressé physiquement en pleine journée par plusieurs hommes masqués devant la mairie du 19ème arrondissement – juste en face du parc des Buttes Chaumont. Il a déposé plainte.
Mais quelle protection peut-on espérer de la part d’un gouvernement dont le ministre de l’intérieur, Manuel Valls – en charge de la police – a promis de trouver les moyens de faire taire Dieudonné ?
Cette affaire est importante mais il est pratiquement certain qu’elle ne sera pas traitée correctement dans les médias hors de France – exactement comme elle n’est pas traitée correctement dans la presse française qui est la source de presque tout ce qui est rapporté à l’étranger. Les problèmes liés à la traduction, une part de malentendus et de contrevérités ajoutent à la confusion.
 Pourquoi le haïssent-ils ?
Dieudonné M’Bala M’Bala est né dans la banlieue parisienne il y a 48 ans Sa mère était une blanche originaire de Bretagne, son père était un Africain originaire du Cameroun. Ce qui devrait faire de lui l’enfant-modèle du «multiculturalisme» que l’idéologie dominante de la gauche affirme promouvoir. Et durant la première partie de sa carrière, en duo avec son ami juif Elie Semoun, il était exactement ça : il faisait campagne contre le racisme, concentrant ses attaques sur le Front National allant même jusqu’à se présenter aux élections municipales contre une candidate du Front National à Dreux, une cité dortoir à environ 90 kilomètres à l’ouest de Paris où il réside. Comme les meilleurs humoristes, Dieudonné a toujours ciblé les événements de l’actualité, avec un engagement et une dignité peu courants dans la profession. Sa carrière était florissante, il jouait dans des films, était invité à la télévision et travaillait désormais en solo. Très bon observateur, il excelle dans des imitations assez subtiles de divers types de personnalités et groupes ethniques, des Africains aux Chinois.
Il y a dix ans, le 1er décembre 2003, en tant qu’invité dans une émission de télévision traitant d’actualité intitulée «On ne peut pas plaire à tout le monde,» un nom tout à fait approprié, Dieudonné était arrivé sur le plateau sommairement déguisé en «converti au sionisme extrémiste», suggérant aux autres de «rejoindre l’axe du bien israélo-américain. ». Cette mise en cause relativement modérée de « l’axe du mal » de George W. Bush semblait complètement dans l’air du temps. Ce sketch se terminait par un bref salut «Isra-heil». On était loin du Dieudonné des débuts mais l’humoriste populaire avait été néanmoins salué avec enthousiasme par les autres comédiens tandis que le public présent sur le plateau lui avait fait une standing ovation.
C’était dans la première année de l’attaque américaine contre l’Irak à laquelle la France avait refusé de s’associer, ce qui avait amené Washington à rebaptiser ce qu’on appelle là-bas « french fries » (belges en réalité) en «freedom fries» .
Puis les protestations ont commencé à arriver, concernant particulièrement le geste final vu comme posant une équivalence entre Israël et l’Allemagne nazie.
« Antisémitisme ! » criait-on même si la cible du sketch était Israël (et les Etats Unis et leurs alliés au Moyen Orient). Les appels se multipliaient pour interdire ses spectacles, le poursuivre en justice, détruire sa carrière. Dieudonné a essayé d’expliquer que son sketch ne visait pas les Juifs en tant que tels mais, à la différence d’autres avant lui, il n’a pas présenté d’excuses pour une offense qu’il considère ne pas avoir commise.Pourquoi n’y-a-t-il pas eu de protestations de la part des Africains dont il s’est moqué ? Ou des Musulmans, Ou des Chinois ? Pourquoi une seule communauté a-t-elle réagi avec autant de rage ?
A commencé alors une décennie d’escalade. La LICRA entama une longue série d’actions en justice contre lui (« incitation à la haine raciale »), les perdant au début mais ne relâchant pas la pression. Au lieu de céder, après chaque attaque Dieudonné a poussé plus avant sa critique du « sionisme », Dans le même temps, Dieudonné était graduellement exclu des studios de télévision et traité comme un paria par les médias grand public. C’est seulement la profusion récente sur internet d’images montrant de jeunes gens en train de faire le geste de la quenelle qui a poussé l’establishment à conclure qu’une attaque frontale serait plus efficace que d’essayer de l’ignorer.
L’arrière-plan idéologique
 Pour essayer de comprendre la signification de l’affaire Dieudonné, il est nécessaire d’appréhender le contexte idéologique. Pour des raisons trop complexes pour qu’on les présente ici, la gauche française – la gauche dont la préoccupation principale était autrefois le bien-être des travailleurs, l’égalité sociale, l’opposition aux guerres d’agression, la liberté d’expression – n’existe pratiquement plus. La droite a gagné la bataille décisive de l’économie avec le triomphe de politiques qui favorisent la stabilité monétaire et les intérêts du capital dfinancier international (le « néolibéralisme »). Comme prix de consolation, la gauche jouit d’une certaine prééminence idéologique basée sur l’anti-racisme, l’anti-nationalisme et l’engagement en faveur de l’Union Européenne – et même de l’hypothétique « Europe sociale » qui s’éloigne à grands pas pour rejoindre le cimetière des rêves disparus. En fait, cette idéologie coïncide parfaitement avec une mondialisation fondée sur les exigences du capitalisme financier international.
En l’absence de toute véritable gauche sociale et économique, la France a sombré dans une sorte de «politique de l’identité » qui fait à la fois l’éloge du multiculturalisme et réagit avec véhémence contre le «communautarisme », c’est-à-dire l’affirmation de n’importe quel particularisme jugé indésirable. Mais certains particularismes ethniques sont encore moins les bienvenus que d’autres. Le voile islamique a été d’abord interdit dans les écoles, et les demandes pour le faire interdire dans l’espace public se font de plus en plus pressantes. Le niqab et la burqa, quoique rares, ont été interdits par une loi. Des controverses éclatent sur la nourriture halal dans les cantines, les prières sur la voie publique, tandis que des caricatures raillent régulièrement l’Islam. Quoi qu’on puisse penser de tout ça, la lutte contre le communautarisme peut être vue par certains comme dirigée contre une communauté en particulier. Dans le même temps, les dirigeants politiques français ont pris la tête de ceux qui appellent à la guerre dans des pays musulmans comme la Libye et la Syrie tout en affichant leur dévotion pour Israël.
En même temps, une autre communauté fait l’objet d’une sollicitude de tous les instants. Ces vingt dernières années, alors que la pratique religieuse et l’engagement politique ont considérablement décliné, l’holocauste, appelé Shoah en France, est devenu progressivement une sorte de religion d’Etat. Les écoles commémorent la Shoah chaque année, elle domine de plus en plus dans une conscience historique en recul sous les autres aspects tout comme nombre d’approches en sciences humaines. En particulier, de tous les événements de la longue histoire de France, le seul protégé par une loi est la Shoah.. La loi dite Gayssot prohibe tout questionnement sur l’histoire de la Shoah, une interférence absolument sans précédent avec la liberté d’expression. En outre, certaines associations comme la LICRA, se sont vues accorder le privilège de pouvoir poursuivre des individus en justice sur la base de « l’incitation à la haine raciale » (interprétée de manière très large et inégale) avec la possibilité d’encaisser des dommages et intérêts au nom de la « communauté insultée ». En pratique, ces lois servent surtout à poursuivre «l’antisémitisme» présumé et le «révisionnisme» par rapport à la Shoah. Même si elles sont souvent rejetées par les tribunaux, de telles actions en justice participent du harcèlement et de l’intimidation. La France est un des rares pays où le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre la colonisation israélienne peut aussi être attaqué devant les tribunaux pour «incitation à la haine raciale.»
Organisation violente, la Ligue de Défense Juive (LDJ), illégale aux Etats Unis et même en Israël, est connue pour avoir saccagé des librairies ou frappé des individus isolés, parfois âgés. Quand les agresseurs sont identifiés, la fuite en Israël est une bonne porte de sortie. Les victimes de la LDJ n’inspirent jamais dans l’opinion publique quoi que ce soit de comparable à l’indignation publique massive quand un citoyen juif est victime d’une agression gratuite. Par ailleurs, les politiciens se rendent au dîner annuel du CRIF avec le même zèle que ceux des Etats Unis pour aller au dîner de l’AIPAC -pas pour financer leurs campagnes électorales mais pour prouver la bienveillance de leurs sentiments.
La France possède la plus importante communauté juive d’Europe occidentale, une population qui a en grande majorité échappé à la déportation pendant l’occupation allemande au cours de laquelle les immigrés juifs avaient été expulsés vers les camps de concentration. En plus d’une communauté juive établie depuis très longtemps, il y a beaucoup de nouveaux venus originaires d’Afrique du Nord. Tout cela contribue à une population aux succès très dynamiques, très présente dans les professions les plus visibles et les plus populaires (le journalisme, le show business ainsi que la science et la médecine entre autres)
De tous les partis politiques français, le Parti Socialiste (en particulier via le Parti Travailliste de Shimon Peres qui est membre de l’Internationale Socialiste) est celui qui a les liens historiques les plus étroits avec Israël. Dans les années 1950, quand la France combattait le mouvement de libération nationale algérien, le gouvernement français (via Peres) avait contribué au projet israélien de production d’armes atomiques. Aujourd’hui, ce n’est pas le Parti Travailliste qui gouverne Israël mais l’extrême droite. La récente visite amicale faite par Hollande à Benjamin Netanyahou a montré que la dérive droitière de la vie politique en Israël n’a absolument pas tendu les relations – qui semblent plus étroites que jamais.
Il n’empêche que la communauté juive est très petite en comparaison du grand nombre d’immigrés arabes venus d’Afrique du Nord ou des immigrés noirs originaires des anciennes colonies françaises en Afrique. Il y a quelques années, Pascal Boniface, un intellectuel de renom membre du PS, avait prudemment averti les dirigeants du parti que leur biais en faveur de la communauté juive pourrait finir par causer des problèmes électoraux. Cet avertissement qui figurait dans un document d’analyse politique avait provoqué un tollé qui lui avait presque coûté sa carrière.
Mais le fait demeure : il n’est guère difficile pour les français d’origine arabe ou africaine d’avoir le sentiment que le «communautarisme » qui a vraiment de l’influence est le communautarisme juif.
Les usages politiques de l’holocauste
Norman Finkelstein a montré il y a quelques temps que l’holocauste peut être exploité à des fins pour le moins dénuées de noblesse : comme extorquer des fonds à des banques suisses. La situation en France est cependant très différente. Il ne fait guère de doute que les rappels constants de la Shoah fonctionnent comme une sorte de protection pour Israël contre l’hostilité que génère le traitement infligé aux palestiniens. Mais la religion de l’holocauste a un autre impact politique plus profond qui n’a pas de relation directe avec le destin des Juifs.
Plus que toute autre chose, Auschwitz a été interprété en tant que symbole de ce à quoi mène le nationalisme. La référence à Auschwitz a servi à donner mauvaise conscience à l’Europe, et notamment aux Français si on tient compte du fait que leur rôle relativement marginal dans cette affaire [Auschwitz] avait été une conséquence de la défaite militaire et de l’occupation du pays par l’Allemagne nazie. Bernard-Henri Lévy, l’écrivain dont l’influence s’est accrue dans des proportions grotesques ces dernières années (il a poussé la président Sarkozy à la guerre contre la Libye), avait commencé sa carrière en soutenant que le «fascisme» est l’authentique «idéologie française». Culpabilité, culpabilité, culpabilité. En faisant d’Auschwitz l’événement le plus significatif de l’histoire contemporaine, un certain nombre d’écrivains et de personnages publics justifient par défaut le pouvoir croissant de l’Union Européenne en tant que remplacement indispensable des nations européennes intrinsèquement «mauvaises.» Plus jamais Auschwitz ! Dissoudre les Etats nations dans une bureaucratie technocratique libérée de l’influence émotionnelle de citoyens qui pourraient ne pas voter correctement. Vous vous sentez français ? Ou allemand ? Vous devirez en éprouver de la culpabilité – à cause d’Auschwitz.
Les Européens sont de moins en moins enthousiastes devant l’UE car elle ruine leurs économies et leur retire tout contrôle démocratique sur elles. Ils peuvent voter pour le mariage gay, mais pas pour la moindre mesure keynésienne et encore moins socialiste. La culpabilité pour le passé est néanmoins supposée maintenir leur fidélité à l’égard du rêve européen.
Les fans de Dieudonné, si on en juge par les photos, semblent être en majorité des hommes jeunes, âgés entre 20 et 30 ans. Ils sont nés deux bonnes générations après la seconde guerre mondiale. Ils ont passé leurs vies à entendre parler de la Shoah. Plus de 300 écoles parisiennes arborent une plaque commémorant le sort funeste d’enfants juifs déportés dans les camps de concentration nazis. Quel peut bien être l’effet de tout ça ? Pour beaucoup de ceux qui sont nés longtemps après ces terribles événements, il semble que tout le monde est supposé se sentir coupable – si ce n’est pas pour ce qu’ils n’ont pas fait, alors c’est pour ce qu’ils auraient été supposés avoir fait s’ils en avaient eu la possibilité [s'ils avaient vécu à l'époque, NdT].
Quand Dieudonné a transformé Chaud Cacao, une vielle chanson «tropicale» un peu raciste, en Shoah Ananas, le refrain a été repris en masse par les fans de Dieudonné. J’ose croire qu’ils ne se moquent pas de la véritable Shoah mais plutôt de ceux qui leur rappellent tout le temps des événements qui sont supposés les faire se sentir coupables, insignifiants et impuissants. Une bonne partie de cette génération en a assez d’entendre parler de la période 1939 – 1945 alors que son propre avenir est sombre.
 Personne ne sait quand s’arrêter 
Dimanche dernier, Nicolas Anelka, un footballeur très connu d’origine afro-belge [la famille d'Anelka est en fait originaire des Antilles, NdT] qui évolue en Angleterre a fait une quenelle après avoir marqué un but – en signe de solidarité avec son ami Dieudonné M’Bala M’Bala. Suite à ce geste simple et à la base insignifiant, le tumulte a atteint de nouveaux sommets.
A l’Assemblée Nationale française, Meyer Habib représente les «Français de l’étranger» – dont 4 000 Israéliens d’origine française [plus de 78 000 inscrits sur les registres électoraux en réalité, NdT]. Lundi dernier, il a twitté «La quenelle d’Anelka est intolérable ! Je vais déposer une proposition de loi pour punir ce nouveau salut nazi pratiqué par les antisémites.»

La France a adopté des lois pour « punir l’antisémitisme » [aucune de ces lois ne concerne exclusivement l'antisémitisme, NdT]. Le résultat est à l’opposé. De telles dispositions tendent simplement à confirmer la vieille idée selon laquelle «les juifs dirigent le pays» et participent à la montée de l’antisémitisme. Quand de jeunes français voient un Franco-israélien essayer de transformer en délit un simple geste, quand la communauté juive se mobilise pour interdire leur humoriste préféré, cela ne peut que faire monter l’antisémitisme et même encore plus rapidement.
Il reste que dans cette escalade le rapport de forces est très inégal. Un humoriste n’a pour armes que des mots et des fans qui pourraient bien se disperser quand la situation va se corser. De l’autre côté se trouvent l’idéologie dominante et le pouvoir de l’Etat.
Dans ce genre de conflit, la paix civile dépend de la sagesse et de la capacité de ceux qui ont le plus de pouvoir à faire montre de retenue. S’ils n’agissent pas en ce sens, alors cela pourrait être un jeu sans vainqueurs.

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