Ma pauvre Khadidja
Benaissa...elle est foudroyante votre candide question...mais du moment que
nous ne sommes pas amis vous et moi, ça peut se comprendre...Pour moi, le Dahra
est une pénitence...comme je suis très fidèle à mes aïeux, c'est devenu un
sacerdoce...j'ai découvert cette région, voilà exactement 45 ans...mais je ne
la voyais qu'à travers les paysages somptueux et les ravines indolentes qui lui
donnent une profonde volupté...puis un jour de juin 2007, en compagnie de mon
fils Ali, j'effectue une percée vers la grotte de Ghar El Frachih, ou grotte de
Nekmaria...et c'est le coup de foudre imparable...je fais le serment de
consacrer le restant de ma vie à faire connaitre cette région à travers les
souffrances des ses populations...le destin en aura définitivement fixé les
contours le jour où j'ai plongé à l'intérieur de la grotte et suis remonté avec
les ossements de la tribu des Ouled Riah...c'était exactement le 20 juin 2011,
soit 166 ans après le terrible massacre organisé et exécuté en toute conscience
par le sanguinaire colonel Pelissier...puis j'ai lu L'Amour, la fantasia"
d'Assia Djebbar qui est devenu mon unique livre de chevet...donc à chaque fois
je j'étouffe, c'est vers cette grotte que je me tourne et je me rends compte
combien mon sort est toujours plus enviable que celui de mes ancêtres et
aïeux...alors le Dahra c'est un peu la cité interdite, un peu l'Eden et un peu
aussi les traces du redoutable Bu Maza, le redoutable cavalier qui à 22 ans
souleva les tribus pour dire non à l'oppression...le Dahra c'est une terre de
révolte contre l'injustice...c'est aussi la preuve vivante que l'injustice sera
vaincue...le Dahra c'est aussi la délivrance ...et ceux parmi mes amis qui me
font l'honneur de m'y accompagner n'ont qu'une seule envie: y retourner un
jour...parfois c'est moi qui fais le pèlerinage à leur place...
vendredi 14 mars 2014
vendredi 7 mars 2014
Les Zaouia disent "Barakat"
Selon la presse électronique, le Dr Chaalal Mahmoud Omar, président de l'Association Nationale des Zaouïa d'Algérie dit "non au 4ème mandat"!
Pour avoir suivi de prêt le parcours du Dr Mahmoud Omar Chaalal, le président de l'association nationale des zaouïa d'Algérie, je ne suis nullement surpris par cette position qui dénote d'un grand courage et d'une grande lucidité...dans un livre qu'il a eut l'obligeance de me dédicacer, j'avais noté sa rupture d'avec les autres courants et surtout d'avec l'idée du 4ème mandat. Pour comprendre cette posture, il serait bon d'en connaitre les racines profondes. Et lorsque l'on connait ces fondements qui font l'originalité des zaouïa et leur engagement dans le mouvement national, leur opposition au salafisme tel que prôné à l'époque par Ben Badis, on ne peux qu'apprécier à sa juste mesure la déclaration du Dr Mahmoud Omar Chaalal. Pour avoir une idée même superficielle, voici le texte que j'ai commis concernant le livre du Dr Chaalal...à lire jusqu'au bout, car c'est la chute qui est déterminante:
Parution d’un ouvrage sur le monde des ZaouiaEntre un passé assumé et un avenir incertain
Edité sur compte d’auteur, le livre « Itinéraire de la zaouia Al Chaalal » est sur les étals depuis quelques jours. Son auteur, le Dr Mahmoud Omar Chaalal n’est pas un inconnu, puisqu’il est le président de l’association nationale des zaouïa d’Algérie. Prenant appui sur des précieux témoignages ainsi que sur des bribes de manuscrits, l’auteur entame une studieuse rétrospective sur le parcours de la zaouïa qu’il connaît le mieux, celle de Sougueur, une ville située à 50 km au sud de Tiaret. L’ouvrage de 242 pages rappelle avec parfois de croustillant détails, ce que furent, il y a de cela deux siècles, les balbutiements d’une zaouïa, sous l’emprise du diktat Ottoman. On ya prend combien, l’école coranique fondée par ses aïeux, a été confrontée aux pressions du Makhzen turc pour ensuite subir de plein fouet l’implacable joug de la colonisation française. Entre les affronts des turcs et de leur relais indigènes, et les brimades et autres privations de l’administration coloniale, l’auteur nous restitue avec minutie les moindres actes de résistance des familles et des tribus autochtone, avec en toile de fond, l’apport soutenu de l’enseignement du Coran et de la langue qui le véhicule. Le lecteur se laisse guider à travers la vie de la zaouia, de ses adeptes, des chouyoukhs et de leurs apports séculaires au maintien d’une cohésion à l’intérieur de la société. A partit de sa zaouïa, le Dr Chaalal invite le lecteur à le suivre de marabouts en marabouts à travers ces hautes plaines et ces montagnes incrustées et rebelle de l’Ouarsenis. Puis à travers son propre itinéraire, il nous guide à travers les péripéties de sa scolarité au lycée franco musulman de Tlemcen et son premier contact avec la grande ville, ses habitants au raffinement avéré et ses sociétés savantes qui lui ouvriront les portes du sublime patrimoine musical andalous. Se voulant très pédagogue, l’auteur nous parlera de cette rencontre à la fois insolite et fondatrice entre son grand-père et Abdelhamid Ben Badis. Une confrontation entre « le salafisme » rigoriste de l’un et le « soufisme séculaire de l’autre, qui fera que la zaouïa de Sougueur parviendra selon les mots de l’auteur « à faire la synthèse entre les frères ennemis. Enfin, dans sa lucidité habituelle, l’auteur règle ses comptes avec les « zaouïa politiques » et refuse de s’associer aux appels à un 4ème mandant, n’hésitant pas à critiquer sans détours le patron de la zaouia «Habria » de Sidi Maarouf, non loin d’Oran qu’il accuse d’avoir « altéré la Tariqa Habria » et de « diriger de sa secte, le mouvement du groupe d’Oujda ».
Pour la première fois depuis 1999 : l’Association nationale des zaouïas ne soutiendra pas Bouteflika
Article |
Le divorce semble définitivement
consommé entre le président Bouteflika et l’Association nationale des
zaouïas qui a décidé de n’accorder de soutien à aucun candidat à
l’élection présidentielle du 17 avril prochain. Inattendue pour beaucoup
d’observateurs de la scène politique nationale, vu que les rapports
entre le chef de l’Etat et l’Association en question ont parfois atteint
des niveaux de complicité surprenants, la décision constitue peut-être
le signe d’une profonde mésentente entre les deux parties. Et c’est à
partir de Mascara, à l’ouest du pays, que le président de l’Association a
donné le ton. «Nous avons une position de neutralité complète sur
l’élection présidentielle du 17 avril. Nous ne sommes ni pour ni contre
un quatrième mandat du président en poste Abdelaziz Bouteflika», a, en
effet, expliqué de manière publique Mahmoud Chaâlal, président de
l'Union nationale des zaouïas algériennes (UNZA). Assailli par les
journalistes venus couvrir son point de presse réservé aux préparatifs
d’une rencontre internationale sur le soufisme, Chaâlal n’a pas hésité,
contre toute attente, à dire tout haut sa position sur une échéance
politique décisive pour le pays, en l’occurrence la présidentielle du 17
avril prochain. «Notre mouvement adoptera une position de neutralité et
ne soutiendra aucun candidat», a-t-il tranché, lui qui avait fait du
soutien à Bouteflika une constante depuis l’arrivée au pouvoir de ce
dernier en 1999. Le président de l’Association des zaouïas révèle, de
manière presqu’explicite, que le courant ne passe plus entre lui et le
chef de l’Etat, candidat à sa succession. «Nous allons œuvrer avec celui
qui sera élu et qui partagera nos idées et nos valeurs», a-t-il déclaré
comme pour signifier que son organisation ne partage plus grand-chose
avec Bouteflika pour lequel, pourtant, elle s’était toujours mobilisée.A. Sadek
7 Toubibs dans l'arène
Mon
ami, le Professeur Abbès Bahous...a fait une très pertinente
remarque...il s'est demandé si nous n'étions pas à la veille d'un
"7-11-87" à l'algérienne...tout en rappelant que face à la détérioration
de la santé mentale et physique de feu le président Habib Bourguiba
(paix à son âme), les patriotes tunisiens avaient réunis un panel de 7
médecins au dessus de tous soupçons...ce derniers avaient rendus un
verdict qui est rentré dans l'histoire... bien sur que durant un très
bref instant, je me suis mis à rêver...puis je me suis vite ravisé, me
souvenant qu'en Algérie il manque toujours quelque chose...et d'abord un
général Benali qui aura la bonne idée d'aller réunir 7 médecins au
dessus de tout soupçon...pourtant il va bien falloir passer par là...car
l'affaire est par essence médicale...et qui oserait remettre en cause
le verdict d'un collège de médecins Algériens scrupuleux et jaloux de
leur patriotisme et surtout inamovible défenseurs du serment
d’Hippocrate! car après l'éventualité d'une validation de la candidature
de Bouteflika par le conseil constitutionnel, la forfaiture viendrait
certainement du certificat médical que l'un de leurs collègues aura
commis...Soit, je reconnais que je n'y comprends rien en matière d'AVC,
mais au vu des images du candidat lors du dépôt de dossier entre les
mains de Medelci, le doute n'est plus de mise... je me demande lequel
parmi les braves pères de familles de ce pays confierait la garde de ses
enfants à un monsieur qui a perdu l’usage d'une partie importante de
ses fonctions...c'est pourquoi, si forfaiture il y a, elle sera médicale
ou ne sera pas... C'est pour ça que ce qu'un médecin hésitant aura
commis, seul un collège de médecins choisis par leurs pairs sera à même
de récuser en toute déontologie...afin de rétablir l'honneur perdu de la
profession... autrement, je suggère que les milliers de médecins que
compte ce pays s'expriment à travers une prise de position claire et
sans bavures...d'abord pour dénoncer la dérive de leur collègue, ensuite
pour demander sa radiation pour exercice hasardeux, voire déshonorant
de la médecine, et enfin pour démontrer à la face du monde que malgré
des conditions de travail exécrables et des salaires minables, les
toubib de ce pays ont une haute conscience de leur statut et de leur
place dans la société...pour cela, ils se doivent de mettre au ban des
accusés le ou les toubibs qui auraient émis un certificat de virginité à
Bouteflika...je suis persuadé qu'il en existe et qu'ils ne tarderont
pas à s'exprimer aussi clairement que possible...notre élite n'a pas le
droit de se débiner de son devoir...ils pourraient même constituer un
comité d'éthique médicale ad hoc pour ausculter le candidat Bouteflika
en toute sérénité et en toute objectivité...je ne peux pas croire que
nos toubibs soient aveugles à ce point...je ne veux pas croire que nos
éminents spécialistes accepteront de laisser faire un collègue
véreux...La honte médicale ne peut pas exister en Algérie...ceux et
celles qui ont stigmatisé l'attitude de leur collègue Bougharbal ( l'autre synonyme de Boussayar!),
l'auteur du fameux accident ischémique sans gravité du 27 avril dernier
nous doivent une piqure de rappel...celle de l'honneur d'une profession
dont tout algérien est fier...à raison...alors même avec votre graphisme
excécrable, mesdames et messieurs les toubibs, c'est à votre tour de
descendre dans l'arène...rien ne dit que le verdict sera différent, mais
pour éviter à l'Algérie d'autres malheurs, il serait sage que les
médecins prennent la parole...nul doute qu'elle sera entendue et qu'ils
auront gagné notre estime éternelle...
vendredi 28 février 2014
C’est le système qui est malade, pas Bouteflika !
Avec la dernière sortie de Mouloud Hamrouche, le micro zeste
d’espoir qui restait pour sortir du tunnel, s’est effondré comme un château de cartes.
Une belle et froide douche qui n’enlèvera rien à nos stupeurs et à notre désespoir.
D’ailleurs, les rares voix qui se sont exprimées, notamment celle de Med Benchicou
– sur le site du matin juste après la conférence de Si Mouloud Hamrouche à l’hôtel Essafir-
ou celle prémonitoire de Abed Charef – le quotidien d’Oran de jeudi matin-, il apparaît
clairement que le peu d’intelligentsia encore audible dans ce pays est totalement
perdue entre circonspection et abattement…Alors que faire en absence de repères,
sinon lire la longue et essoufflante plaidoirie de Mourad Benhachenhou en
soutien à la prorogation du règne. J’avoue que des trois chroniques, c’est
incontestablement celle du Tlemcenéen Benhachenhou qui m’a le plus contrarié. Non
pas par sa longueur excessive (1 page entière dans le QO de jeudi 27-02-2014),
mais par les curieux raccourcis qu’emprunte l’ex tonitruant ministre de Zéroual,
connu jadis pour son pragmatisme Tlemcenéen pur jus. Comme je n’ai lu son
papier insipide, voire écœurant, qu’après avoir pris connaissance du contenu de
la conférence de Si Mouloud Hamrouche, je me suis senti trahi par la
démonstration à l’eau de rose de Mourad Benhachenhou. Voilà quelqu’un avec qui
je n’avais aucune raison de me fâcher tant le technocrate nous avait habitué à
une rigueur toute anglaise. Je me demande par quel miracle, cet économiste
iconoclaste au discours si tranché de par le passé, s’est soudain découvert ce
talent de laudateur, d’autant que le système avait déjà affiché sa stratégie de
l’immobilisme sclérosant que dénonce avec le souffle de la dernière chance Mouloud
Hamrouche. J’ai l’ultime conviction que l’impétueux économiste s’y prend bien
tardivement et si maladroitement qu’il aurait mieux fait de persister dans son
silence. Car avouons-le tout net, même si tout est remis aux calendes grecques,
que jamais ce pays ne sortira du marécage dans lequel il se débat depuis 1958,
que ni l’ANP, ni aucun de ses embranchements ne sont aptes à initier le moindre
virage, il est tout de meme désespérant de voir un brillant économiste
rejoindre la légion de Saadani, de Bouguetaya, de Ghoul, d’Amara ( je ne dis
pas Benyounès par respect à son martyr de père), de Belkhadem, de Ouyhia, de
Bensalah et de Sellal. N’aurait-il pas valu pour lui de se cloitrer dans son
confortable silence ? Surtout que l’universitaire nous avait habitués à
plus de clairvoyance et à plus de lucidité. J’ai lu son très long papier et j’ai
de la peine à lui en attribuer la paternité, parce que s’il y avait quelqu’un
que je ne soupçonnais pas de larbinisme accentué, c’était bien Mourad Benhachenhou,
l’enfant de Tlemcen. Son ralliement à la cohorte est fortement interpelatif.
Car il fallait que la pression soit si forte ou l’appel du ventre si incisif au
point de faire tourner la tête à un universitaire d’une rare acuité
intellectuelle. Visionnaire, percutant, incisif, Mourad Benachenhou s’est transformé, l’espace d’une chronique, en
un grand flagorneur de service. Passé le choc des premiers instants, je me
tourne vers Mouloud Hamrouche et je m’aperçois que lui aussi semble désemparé
au point de parler des « impasses qui recèlent de graves menaces, exacerbent
les facteurs de division, paralysent les institutions et soumettent les hommes
à des pressions impossibles ». Afin de se dédouaner de ceux qui l’ont mal
compris lors de sa lettre du 17 février, Mouloud Hamrouche se fait le défenseur
des « forces de défense, de sécurité, les cadres et acteurs économiques
(qui) restent soumis, à chaque échéance présidentielle et à chaque changement de
responsables, à d’intolérables pressions, interrogations et examens de
conscience ». Se voulant plus convaincant, l’ancien chef du gouvernement
réformateur déplore que les hauts responsables soient contraints d’affirmer
leur « allégeance » aux dirigeants du moment, au lieu « d’appliquer
des programmes élaborés et défendus par des courants politiques organisés en
partis ». Il fallait bien ça pour justifier son retrait de la course. Mais
ce n’est pas pour autant qu’il y sera arrivé, puisque la rue continue de
gronder. Et les réseaux sociaux s’emballent à un point de non retour que même
le républicanisme de Mouloud Hamrouche aura de la peine à contenir. Du coup, la
candidature de Bouteflika apparaît plus comme une défaite du système qui l’a
ramené, caressant le fol l’espoir de le voir renvoyer l’ascenseur. Mais c’est
prouver encore une fois que jamais le système y compris lorsqu’il était aiguillonné
par le Cardinal, n’est parvenu à élucider l’équation Bouteflika. Car voilà un
homme trahis par la santé, dont le sort devait se jouer entre 2 vols vers le Val
de Grace, qui refait un fulgurant feed-back dont il détient le profond secret !
Finalement, des deux protagonistes, qui est réellement malade ? Abdelaziz
Bouteflika ou le système ? La question mérite d’être méditée car c’est en
elle que se trouve la solution. Au lieu d’en appeler à l’ANP pour barrer la
route du 4ème mandat, pourquoi ne pas chercher un autre acteur ?
C’est ce que semble suggérer Mouloud Hamrouche. Mais comme lui-même attend un
geste de ses « compagnons d’armes », n’est-il pas normal que cela
débouche sur l’impasse qui se dessine et dont Abdelaziz Bouteflika ne serait
que le quart de l’équation. N’oublions pas qu’il est bien plus jeune et surtout
beaucoup plus rusé que son chef d’état major.
samedi 22 février 2014
Le pilote et le saltimbanque
Mes
amies et amis, je suis au regret de vous annoncer que mon pays rentre
dans une zone de grosses turbulences et qu'il n'est pas question pour
moi de laisser faire le pilote, le copilote, le mécanicien de bord, le
mécanicien au sol, la direction de l'aviation civile et militaire...ça
fait déjà bcp de monde à la fois...car j'omets de citer les amuseurs,
les équilibristes, les bonimenteurs, les saltimbanques, les troubadours,
les dresseurs de serpents à sonnettes et à sornettes...les amnésiques
et les aphasiques, les laudateurs et les chauffeurs...alors soyez
indulgents avec moi, je vais continuer à vous assommer avec mes
préoccupations de l'heure...qui sont purement patriotiques...et
éminemment éthiques...car il y va du devenir de mon pays pour lequel
j'ai déjà tant donné, vous comprendriez pourquoi je n'ai pas l'intention
ni de me taire ni de laisser faire...toutefois, rassurons-nous les un
(e) s les autres, je ne suis nullement insensible à vos activité que je
suis avec dévotion...enfin, je serais bien ravis d'avoir de temps à
autre vos avis, voire seulement vos clins d’œil...on ne me reprochera
pas d'avoir ignoré ce que vécurent mes amis ainsi que les populations de
Tunisie, du Maroc, de Libye, de Syrie et d'Egypte...l'Algérie ne ne
sont pas que les Algériens domestiques...je sais que nous avons des amis
partout et des voisins tout autour de la maison...si je fais trop de
bruit, n'hésitez plus, venez vous joindre au concert, ça en vaut
vraiment la peine...et si par chance le 17 avril nous basculions dans le
seconde république, alors là vous n'aurez plus aucune excuse pour ne
pas venir faire la fête avec nous et entre nous...si par malheur ça ne
se ferait pas, j'aurais au moins la satisfaction d'avoir lutté et
surtout d'avoir encore des ami(e)s et amis...j'ai une chance sur deux de
me tromper...c'est pas mal!
samedi 18 janvier 2014
Hamrouche où la fin de la kermesse
« Si Mouloud » au secours ton pays est au bord de
la falaise...
A l’enfant de Constantine, au patriote sincère et dévoué, à
l’ancien moudjahid dès l’adolescence, au fils de chahid, au père biologique de
la presse libre, au capitaine au long cour des réformes les plus intelligentes
qu’ait entreprises l’Algérie depuis l’insurrection de Bou Maza (1845-1847) et du
soulèvement du 20 aout 55, l’acte fondateur de la révolution populaire, à l’homme
politique sans peur et sans reproches, au bâtisseur de l’Algérie plurielle, à
Mouloud Hamrouche…Le dernier voyage au Val de Grâce du président de la
république algérienne n’est pas un acte anodin, ni un simple bilan de « bonne
santé retrouvée ». A bord de l’avion estampillé du drapeau national de l’Algérie
Algérienne, le déplacement du président de la république « en terre
ennemie » est un acte de souveraineté écorchée qui ne peut laisser
insensible un patriote. Mais laissons aux historiens la primauté du jugement de
cet acte qui de toutes les manières et sous tous les angles possibles, reste un
acte majeur dans la vie de la Nation. Ce qui compte désormais, c’est le sort de
l’Algérie qui est en train de se façonner dans une ambiance de kermesse tribale
dont notre pays est devenu coutumier. Car qui peut croire un seul instant que
la candidature par procuration d’Abdelaziz Bouteflika ne mènera pas le pays
vers les gorges acérées du Rhummel ? Qui peut nous dire en quoi cette
campagne indigne et sournoise pourrait aider notre pays à gagner les berges de
la seconde république à laquelle aspirent à la fois les vrais patriotes,
sincères et désemparés, les jeunes qui rêvent d’une vie de labeur, les fellah
et les opérateurs qui rongent leurs freins et continuer à donner le meilleur,
et ce depuis un demi siècle d’une paix chèrement acquise et d’une souveraineté
disputée ? Qui mieux que vous pourrait donner des assurances à Abdelaziz
Bouteflika, si tant est qu’il soit encore capable de discernement, afin qu’il
puisse finir ses jours parmi nous, dans la sécurité, la sérénité et la
générosité ? Qui autant que vous pourrait donner à notre glorieuse armée
nationale, celle de Tiguentourine, des monts et des vaux, où chaque jour se
livrent les batailles contre les maquis islamistes, les groupes terroristes et
les barons et leurs valets des cartels de la drogue que des Rifains malfamés
déversent avec le soutien d’un Mahkzen criminel, sur nos jeunes afin de les
asservir sans vergogne, cette assurance que ces combats ne sont pas vains ?
Qui mieux que vous pourrait donner à ce pays meurtri par des décennies d’incertitudes
et d’errements, une voie à suivre pour rassembler et pour construire enfin la
seconde république de tous les espoirs et de toutes les certitudes ? Alors
Si Mouloud ? Accepteriez-vous de voir demain ce pays en prise à une multitude
de luttes aussi inutiles que meurtrières ? Je sais d’instinct que vous et vos semblables
n’allez pas abandonner le devenir de ce pays et ces charognards sans vergogne, à
ces suceurs d’argent public et à ces charmeurs de vipères. Sinon, pourquoi avoir
combattu le colonialisme à un âge où il faisait bon déguster un sorbet à la chantilly
sur la place de la Brèche…ce trou béant creusé par les canons de Valée et de Danrémont dans l’inexpugnable citadelle
de Constantine…le premier y perdra la vie et le second sera fait maréchal en
marchant sur les cadavres de nos aïeux… Si par malheur votre silence vous
incitait à tourner le dos à votre destin, sachez Si Mouloud que les combats des
anciens ne vous le pardonneront pas…ceux qui se sont scarifiés pour que ce pays
émerge des ténèbres attendent de vous un
sursaut salvateur qui n’est pas étranger à votre lignage. S’il ya un moment
dans la vis tourmentée de ce pays où votre contribution est décisive c’est bien
celui-là…sans vous, la présidentielle du 17 avril 2014 signifiera l’enterrement
des espoirs d’un peuple…votre place est dans la brèche…tous les patriotes, ceux
en uniformes et ceux en bleu de travail seront à vos cotés car il y va de l’avenir
et du passé de l’Algérie…la situation est grave au point que des nationaux
parfaitement bien intégrés à la civilisation occidentale ont flairé le roussi
au point de se départir de leur double nationalité pour venir au chevet de leur
pays agonisant…vous ne pouvez pas, vous le parfait connaisseur des arcanes du
pouvoir, les laisser combattre seuls…Si Mouloud Hamrouche, aujourd’hui, à l’heure
où les aiguiseurs de couteaux s’activent intensément, rappelez-leur combien ce
pays compte à vos yeux et à votre cœur…et qu’il n’est ni à plaindre, ni à blâmer…il
a juste besoin de traverser les crues printanières qui sont souvent
catastrophiques dans cette région du monde…
Aziz Mouats Mostaganem le 18 janvier 2014
vendredi 3 janvier 2014
Dieudonné à l'Elysée
La fin de l'année 2013 a vu François Hollande aller se prosterner en Israël, faire des génuflexions sordides en Arabie Saoudite, la courbette devant les mamelouks du Qatar et se payer la tête de Bouteflika et par ricochet de l'Algérie par une fumante boutade à l'intention de Valls....ça fait bcp de gestes et d'actes pour l'amorphe Flamby, eh bien non, comme si ça ne suffisait pas, le voilà qui en rajoute une couche devant ses hotes Saoudiens...sa cible n'est ni une ONG, ni un dictateur africain, encore moins un richissime potentat du Golfe persique, pas meme l'Iran qui lui en fait voir de toutes les couleurs en soutenant le régime sanguinaire de Bachar...même la mauvaise blague sur le retour "sain et sauf" d'Algérie de son ami Valls était déjà noyée dans une mauvaise soupe de poissons algéroise...non le désormais ennemi public premier n'est autre qu'un humoriste qui a le malheur d’être à la fois Français (Breton, par sa mère, ça aussi ça devrait le disqualifier) et Camerounais...que lui promet-il à ce métis jongleur de mots et grand amateur de quenelle? Rien moins qu'une loi pour le faire taire à jamais...bon on a beau être président de la 5ème république, il n'en demeure pas moins que ça fait désordre de parler de politique intérieure depuis un pays étranger...Mais le sire Hollande n'en a cure...on peut cependant le comprendre, avec 15% d'opinions favorables, franchement il n'as plus aucune légitimité dans l'opinion...mais delà à s'impliquer dans les affaires internes depuis un pays ami - une amitié toute récente, toute relative, mais qui rapportent de fabuleux contrats- où on ne parle même pas Français, où les femmes n'ont même pas le droit de conduire une charrette...c'est que l'affaire doit être très grave et relever de l'honneur de la France! qu'on se rassure, Hollande n'a pas encore déclaré la guerre et n'a toujours pas envoyés de parachutistes devant la maison du Franco-Camerounais...mais au rythme où vont les choses, vu l’acharnement de Valls et de Fabius...Dieudonné devrait craindre pour sa vie...jamais l’humoriste d'origine Bretonne n'a été aussi plébiscité que depuis que François Hollande, l’Élysée, le CRIF, la LICRA et tous les cireurs du PS, ainsi que la très grande majorité des médias hexagonaux, à la demande expresse de l'ami Pérès, ont décidé de s'allier comme un seul homme pour appuyer sur le bouton..... nucléaire...Dieudonné va être pulvérisé...c'est ne pas croire à l'intelligence du peuple de France qui n'a plus les yeux bleus mais qui sait reconnaitre les siens...en sus un succulent article de la journaliste Diana Johnstone, traduit de manière truculente par un "Dziri" bien de chez nous...à lire et à partager sans retenue aucune, l'ivresse fait vivre...longtemps...surtout lorsqu'elle tacle la bêtise et l'abaissement...car désormais, l'affaire se décide en terme de popularité...et Dieudonné a déjà une belle longueur d'avance sur Hollande...2017 n'est plus loin...
La campagne contre Dieudonné vue par Diana Johnstone pour le magazine américain Counter Punch
Un
bon article très remarqué de Diana Johnstone sur les développements
autour du geste de la quenelle popularisé par l’humoriste Dieudonné.
L’article
est publié par Counter Punch, un magazine américain de gauche,
c’est-à-dire extrémiste dans la terminologie politique en vigueur aux
Etats Unis, pays où dominent traditionnellement un centre gauche et un
centre droit.
Je en ferai pas de commentaires même si ce n’est pas l’envie de le faire qui manque.
La tentative de museler Dieudonné M’Bala M’Bala
la Bête Noire [en français dans le texte, NdT] de l’establishment français
par DIANA JOHNSTONE à Paris, Counter Punch (USA) 1er janvier 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri
Les
médias traditionnels et les politiques commencent la nouvelle année
avec une résolution partagée pour 2014 : museler définitivement un
comédien franco-africain qui devient trop populaire auprès des jeunes
gens.
Entre
Noël et la Saint-Sylvestre, ce n’est personne d’autre que le Président
de la République, François Hollande qui, lors d’une visite en Arabie
Saoudite pour de (très grosses) affaires commerciales, a déclaré que son
gouvernement devait trouver un moyen d’interdire des spectacles de
l’humoriste Dieudonné M’Bala M ‘ Bala, ainsi qu’a appelé à le faire le
ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls.
Le
leader du parti conservateur d’opposition, l’UMP Jean-François Copé, a
fait immédiatement chorus en apportant un «soutien total» à la réduction
au silence de l’incontrôlable comédien.
Au
milieu de ce choeur médiatique unanime, l’hebdomadaire Le Nouvel
Observateur a écrit en éditorial que Dieudonné est «déjà mort,» lessivé,
fini. La rédaction débattait ouvertement de la meilleure tactique entre
essayer de le faire emprisonner pour «incitation à la haine raciale»,
l’annulation de ses spectacles sur la base de potentielles «menaces de
trouble à l’ordre public,» ou l’exercice de pressions en menaçant les
communes de diminuer le montant des subventions pour la culture si elles
l’autorisent à se produire.
L’objectif de Manuel Valls, le patron de la police nationale, est clair, mais le pouvoir tâtonne quant à la méthode.
Le cliché méprisant qui est constamment répété est que «Dieudonné ne fait plus rire personne.»
En
réalité, c’est le contraire qui est vrai. Et c’est là le problème. Dans
sa récente tournée dans les villes françaises, des vidéos montrent de
grandes salles archi combles pliées de rire devant leur humoriste
préféré. Il a popularisé un geste simple qu’il appelle la «quenelle.» Ce
geste est imité par des jeunes gens dans toute la France. Elle veut
dire tout simplement et à l’évidence : on en a marre.
Pour
inventer un prétexte pour détruire Dieudonné, la principale
organisation juive, le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions
Juives de France, équivalent français de l’AIPAC) et la LICRA (Ligue
internationale contre le racisme et l’antisémitisme), qui jouit de
privilèges particuliers dans le droit français (la journaliste parle du
droit de se porter partie civile, NdT) ont sorti une histoire
extravagante pour qualifier Dieudonné et ceux qui le suivent de «nazis.»
La quenelle n’est selon toute évidence qu’un geste grossier signifiant à
peu près «dans ton cul» avec une main placée en haut de l’autre bras
pointé vers le bas pour préciser la longueur de la quenelle.
Mais
pour le CRIF et la LICRA, la quenelle est «un salut nazi à l’envers».
(On n’est jamais assez «vigilant» quand on cherche un Hitler caché)
Comme
quelqu’un l’a remarqué, un «salut nazi à l’envers» peut tout aussi bien
être considéré anti-nazi. Si encore le geste a quelque chose à voir
avec Heil Hitler. Ce qui n’est manifestement pas le cas.
Mais le monde des médias reprend cette
affirmation, en signalant tout du moins que «certains considèrent la
quenelle comme un salut nazi à l’envers. » Peu importe si ceux qui
pratiquent ce geste n’ont aucun doute sur ce qu’il veut dire : N…e le
système !
Mais jusqu’à quel point le CRIF et la LICRA sont-ils «le système» ?
La France a un grand besoin de rire
L’industrie
française est en train de disparaître, avec des usines qui ferment les
une s après les autres. L’imposition des citoyens à faibles revenus est à
la hausse, pour sauver les banques et l’euro. La désillusion vis-à-vis
de l’Union européenne est de plus en plus forte. Les règles de l’UE
empêchent toute action sérieuse pour améliorer l’état de l’économie
française. Pendant ce temps, les politiciens de gauche et de droite
continuent leurs discours creux, émaillés de clichés sur les «droits de
l’homme» – en grande partie comme prétexte pour aller à la guerre au
Moyen-Orient ou pour des diatribes contre la Chine et la Russie. Le
pourcentage d’opinions positives sur le président Hollande a dégringolé à
15%. Pourtant les gens votent, avec pour résultat les mêmes politiques,
décidées par l’UE.
Pourquoi
alors la classe dirigeante concentre-t-elle sa vindicte sur
«l’humoriste le plus talentueux de sa génération" (ainsi que le
reconnaissent ses confrères, même quand ils le dénoncent)?
La
réponse en bref est probablement que la popularité montante de
Dieudonné auprès de la jeunesse illustre un accroissement de l’écart
entre générations. Dieudonné fait rire aux dépends de l’ensemble de
l’establishment politique. Ce qui a eu pour conséquences un torrent
d’injures et de démarches pour interdire ses spectacles, le ruiner
financièrement et même le faire aller en prison. Les attaques verbales
fournissent le contexte propice à des agressions physiques contre lui.
Il y a quelques jours, son assistant Jacky Sigaux a été agressé
physiquement en pleine journée par plusieurs hommes masqués devant la
mairie du 19ème arrondissement – juste en face du parc des Buttes
Chaumont. Il a déposé plainte.
Mais
quelle protection peut-on espérer de la part d’un gouvernement dont le
ministre de l’intérieur, Manuel Valls – en charge de la police – a
promis de trouver les moyens de faire taire Dieudonné ?
Cette
affaire est importante mais il est pratiquement certain qu’elle ne sera
pas traitée correctement dans les médias hors de France – exactement
comme elle n’est pas traitée correctement dans la presse française qui
est la source de presque tout ce qui est rapporté à l’étranger. Les
problèmes liés à la traduction, une part de malentendus et de
contrevérités ajoutent à la confusion.
Pourquoi le haïssent-ils ?
Dieudonné M’Bala M’Bala est né dans la
banlieue parisienne il y a 48 ans Sa mère était une blanche originaire
de Bretagne, son père était un Africain originaire du Cameroun. Ce qui
devrait faire de lui l’enfant-modèle du «multiculturalisme» que
l’idéologie dominante de la gauche affirme promouvoir. Et durant la
première partie de sa carrière, en duo avec son ami juif Elie Semoun, il
était exactement ça : il faisait campagne contre le racisme,
concentrant ses attaques sur le Front National allant même jusqu’à se
présenter aux élections municipales contre une candidate du Front
National à Dreux, une cité dortoir à environ 90 kilomètres à l’ouest de
Paris où il réside. Comme les meilleurs humoristes, Dieudonné a toujours
ciblé les événements de l’actualité, avec un engagement et une dignité
peu courants dans la profession. Sa carrière était florissante, il
jouait dans des films, était invité à la télévision et travaillait
désormais en solo. Très bon observateur, il excelle dans des imitations
assez subtiles de divers types de personnalités et groupes ethniques,
des Africains aux Chinois.
Il y a dix ans, le 1er
décembre 2003, en tant qu’invité dans une émission de télévision
traitant d’actualité intitulée «On ne peut pas plaire à tout le monde,»
un nom tout à fait approprié, Dieudonné était arrivé sur le plateau
sommairement déguisé en «converti au sionisme extrémiste», suggérant aux
autres de «rejoindre l’axe du bien israélo-américain. ». Cette mise en
cause relativement modérée de « l’axe du mal » de George W. Bush
semblait complètement dans l’air du temps. Ce sketch se terminait par un
bref salut «Isra-heil». On était loin du Dieudonné des débuts mais
l’humoriste populaire avait été néanmoins salué avec enthousiasme par
les autres comédiens tandis que le public présent sur le plateau lui
avait fait une standing ovation.
C’était dans la première année de
l’attaque américaine contre l’Irak à laquelle la France avait refusé de
s’associer, ce qui avait amené Washington à rebaptiser ce qu’on appelle
là-bas « french fries » (belges en réalité) en «freedom fries» .
Puis les protestations ont commencé à
arriver, concernant particulièrement le geste final vu comme posant une
équivalence entre Israël et l’Allemagne nazie.
« Antisémitisme ! » criait-on même si la
cible du sketch était Israël (et les Etats Unis et leurs alliés au Moyen
Orient). Les appels se multipliaient pour interdire ses spectacles, le
poursuivre en justice, détruire sa carrière. Dieudonné a essayé
d’expliquer que son sketch ne visait pas les Juifs en tant que tels
mais, à la différence d’autres avant lui, il n’a pas présenté d’excuses
pour une offense qu’il considère ne pas avoir commise.Pourquoi
n’y-a-t-il pas eu de protestations de la part des Africains dont il
s’est moqué ? Ou des Musulmans, Ou des Chinois ? Pourquoi une seule
communauté a-t-elle réagi avec autant de rage ?
A commencé alors une décennie d’escalade.
La LICRA entama une longue série d’actions en justice contre lui
(« incitation à la haine raciale »), les perdant au début mais ne
relâchant pas la pression. Au lieu de céder, après chaque attaque
Dieudonné a poussé plus avant sa critique du « sionisme », Dans le même
temps, Dieudonné était graduellement exclu des studios de télévision et
traité comme un paria par les médias grand public. C’est seulement la
profusion récente sur internet d’images montrant de jeunes gens en train
de faire le geste de la quenelle qui a poussé l’establishment à
conclure qu’une attaque frontale serait plus efficace que d’essayer de
l’ignorer.
L’arrière-plan idéologique
Pour
essayer de comprendre la signification de l’affaire Dieudonné, il est
nécessaire d’appréhender le contexte idéologique. Pour des raisons trop
complexes pour qu’on les présente ici, la gauche française – la gauche
dont la préoccupation principale était autrefois le bien-être des
travailleurs, l’égalité sociale, l’opposition aux guerres d’agression,
la liberté d’expression – n’existe pratiquement plus. La droite a gagné
la bataille décisive de l’économie avec le triomphe de politiques qui
favorisent la stabilité monétaire et les intérêts du capital dfinancier
international (le « néolibéralisme »). Comme prix de consolation, la
gauche jouit d’une certaine prééminence idéologique basée sur
l’anti-racisme, l’anti-nationalisme et l’engagement en faveur de l’Union
Européenne – et même de l’hypothétique « Europe sociale » qui s’éloigne
à grands pas pour rejoindre le cimetière des rêves disparus. En fait,
cette idéologie coïncide parfaitement avec une mondialisation fondée sur
les exigences du capitalisme financier international.
En
l’absence de toute véritable gauche sociale et économique, la France a
sombré dans une sorte de «politique de l’identité » qui fait à la fois
l’éloge du multiculturalisme et réagit avec véhémence contre le
«communautarisme », c’est-à-dire l’affirmation de n’importe quel
particularisme jugé indésirable. Mais certains particularismes ethniques
sont encore moins les bienvenus que d’autres. Le voile islamique a été
d’abord interdit dans les écoles, et les demandes pour le faire
interdire dans l’espace public se font de plus en plus pressantes. Le
niqab et la burqa, quoique rares, ont été interdits par une loi. Des
controverses éclatent sur la nourriture halal dans les cantines, les
prières sur la voie publique, tandis que des caricatures raillent
régulièrement l’Islam. Quoi qu’on puisse penser de tout ça, la lutte
contre le communautarisme peut être vue par certains comme dirigée
contre une communauté en particulier. Dans le même temps, les dirigeants
politiques français ont pris la tête de ceux qui appellent à la guerre
dans des pays musulmans comme la Libye et la Syrie tout en affichant
leur dévotion pour Israël.
En
même temps, une autre communauté fait l’objet d’une sollicitude de tous
les instants. Ces vingt dernières années, alors que la pratique
religieuse et l’engagement politique ont considérablement décliné,
l’holocauste, appelé Shoah en France, est devenu progressivement une
sorte de religion d’Etat. Les écoles commémorent la Shoah chaque année,
elle domine de plus en plus dans une conscience historique en recul sous
les autres aspects tout comme nombre d’approches en sciences humaines.
En particulier, de tous les événements de la longue histoire de France,
le seul protégé par une loi est la Shoah.. La loi dite Gayssot prohibe
tout questionnement sur l’histoire de la Shoah, une interférence
absolument sans précédent avec la liberté d’expression. En outre,
certaines associations comme la LICRA, se sont vues accorder le
privilège de pouvoir poursuivre des individus en justice sur la base de
« l’incitation à la haine raciale » (interprétée de manière très large
et inégale) avec la possibilité d’encaisser des dommages et intérêts au
nom de la « communauté insultée ». En pratique, ces lois servent surtout
à poursuivre «l’antisémitisme» présumé et le «révisionnisme» par
rapport à la Shoah. Même si elles sont souvent rejetées par les
tribunaux, de telles actions en justice participent du harcèlement et de
l’intimidation. La France est un des rares pays où le mouvement BDS
(Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre la colonisation
israélienne peut aussi être attaqué devant les tribunaux pour
«incitation à la haine raciale.»
Organisation
violente, la Ligue de Défense Juive (LDJ), illégale aux Etats Unis et
même en Israël, est connue pour avoir saccagé des librairies ou frappé
des individus isolés, parfois âgés. Quand les agresseurs sont
identifiés, la fuite en Israël est une bonne porte de sortie. Les
victimes de la LDJ n’inspirent jamais dans l’opinion publique quoi que
ce soit de comparable à l’indignation publique massive quand un citoyen
juif est victime d’une agression gratuite. Par ailleurs, les politiciens
se rendent au dîner annuel du CRIF avec le même zèle que ceux des Etats
Unis pour aller au dîner de l’AIPAC -pas pour financer leurs campagnes
électorales mais pour prouver la bienveillance de leurs sentiments.
La
France possède la plus importante communauté juive d’Europe
occidentale, une population qui a en grande majorité échappé à la
déportation pendant l’occupation allemande au cours de laquelle les
immigrés juifs avaient été expulsés vers les camps de concentration. En
plus d’une communauté juive établie depuis très longtemps, il y a
beaucoup de nouveaux venus originaires d’Afrique du Nord. Tout cela
contribue à une population aux succès très dynamiques, très présente
dans les professions les plus visibles et les plus populaires (le
journalisme, le show business ainsi que la science et la médecine entre
autres)
De
tous les partis politiques français, le Parti Socialiste (en
particulier via le Parti Travailliste de Shimon Peres qui est membre de
l’Internationale Socialiste) est celui qui a les liens historiques les
plus étroits avec Israël. Dans les années 1950, quand la France
combattait le mouvement de libération nationale algérien, le
gouvernement français (via Peres) avait contribué au projet israélien de
production d’armes atomiques. Aujourd’hui, ce n’est pas le Parti
Travailliste qui gouverne Israël mais l’extrême droite. La récente
visite amicale faite par Hollande à Benjamin Netanyahou a montré que la
dérive droitière de la vie politique en Israël n’a absolument pas tendu
les relations – qui semblent plus étroites que jamais.
Il
n’empêche que la communauté juive est très petite en comparaison du
grand nombre d’immigrés arabes venus d’Afrique du Nord ou des immigrés
noirs originaires des anciennes colonies françaises en Afrique. Il y a
quelques années, Pascal Boniface, un intellectuel de renom membre du PS,
avait prudemment averti les dirigeants du parti que leur biais en
faveur de la communauté juive pourrait finir par causer des problèmes
électoraux. Cet avertissement qui figurait dans un document d’analyse
politique avait provoqué un tollé qui lui avait presque coûté sa
carrière.
Mais
le fait demeure : il n’est guère difficile pour les français d’origine
arabe ou africaine d’avoir le sentiment que le «communautarisme » qui a
vraiment de l’influence est le communautarisme juif.
Les usages politiques de l’holocauste
Norman
Finkelstein a montré il y a quelques temps que l’holocauste peut être
exploité à des fins pour le moins dénuées de noblesse : comme extorquer
des fonds à des banques suisses. La situation en France est cependant
très différente. Il ne fait guère de doute que les rappels constants de
la Shoah fonctionnent comme une sorte de protection pour Israël contre
l’hostilité que génère le traitement infligé aux palestiniens. Mais la
religion de l’holocauste a un autre impact politique plus profond qui
n’a pas de relation directe avec le destin des Juifs.
Plus
que toute autre chose, Auschwitz a été interprété en tant que symbole
de ce à quoi mène le nationalisme. La référence à Auschwitz a servi à
donner mauvaise conscience à l’Europe, et notamment aux Français si on
tient compte du fait que leur rôle relativement marginal dans cette
affaire [Auschwitz] avait été une conséquence de la défaite militaire et
de l’occupation du pays par l’Allemagne nazie. Bernard-Henri Lévy,
l’écrivain dont l’influence s’est accrue dans des proportions grotesques
ces dernières années (il a poussé la président Sarkozy à la guerre
contre la Libye), avait commencé sa carrière en soutenant que le
«fascisme» est l’authentique «idéologie française». Culpabilité,
culpabilité, culpabilité. En faisant d’Auschwitz l’événement le plus
significatif de l’histoire contemporaine, un certain nombre d’écrivains
et de personnages publics justifient par défaut le pouvoir croissant de
l’Union Européenne en tant que remplacement indispensable des nations
européennes intrinsèquement «mauvaises.» Plus jamais Auschwitz !
Dissoudre les Etats nations dans une bureaucratie technocratique libérée
de l’influence émotionnelle de citoyens qui pourraient ne pas voter
correctement. Vous vous sentez français ? Ou allemand ? Vous devirez en
éprouver de la culpabilité – à cause d’Auschwitz.
Les Européens sont de moins en moins
enthousiastes devant l’UE car elle ruine leurs économies et leur retire
tout contrôle démocratique sur elles. Ils peuvent voter pour le mariage
gay, mais pas pour la moindre mesure keynésienne et encore moins
socialiste. La culpabilité pour le passé est néanmoins supposée
maintenir leur fidélité à l’égard du rêve européen.
Les
fans de Dieudonné, si on en juge par les photos, semblent être en
majorité des hommes jeunes, âgés entre 20 et 30 ans. Ils sont nés deux
bonnes générations après la seconde guerre mondiale. Ils ont passé leurs
vies à entendre parler de la Shoah. Plus de 300 écoles parisiennes
arborent une plaque commémorant le sort funeste d’enfants juifs déportés
dans les camps de concentration nazis. Quel peut bien être l’effet de
tout ça ? Pour beaucoup de ceux qui sont nés longtemps après ces
terribles événements, il semble que tout le monde est supposé se sentir
coupable – si ce n’est pas pour ce qu’ils n’ont pas fait, alors c’est
pour ce qu’ils auraient été supposés avoir fait s’ils en avaient eu la
possibilité [s'ils avaient vécu à l'époque, NdT].
Quand
Dieudonné a transformé Chaud Cacao, une vielle chanson «tropicale» un
peu raciste, en Shoah Ananas, le refrain a été repris en masse par les
fans de Dieudonné. J’ose croire qu’ils ne se moquent pas de la véritable
Shoah mais plutôt de ceux qui leur rappellent tout le temps des
événements qui sont supposés les faire se sentir coupables,
insignifiants et impuissants. Une bonne partie de cette génération en a
assez d’entendre parler de la période 1939 – 1945 alors que son propre
avenir est sombre.
Personne ne sait quand s’arrêter
Dimanche
dernier, Nicolas Anelka, un footballeur très connu d’origine afro-belge
[la famille d'Anelka est en fait originaire des Antilles, NdT] qui
évolue en Angleterre a fait une quenelle après avoir marqué un but – en
signe de solidarité avec son ami Dieudonné M’Bala M’Bala. Suite à ce
geste simple et à la base insignifiant, le tumulte a atteint de nouveaux
sommets.
A
l’Assemblée Nationale française, Meyer Habib représente les «Français
de l’étranger» – dont 4 000 Israéliens d’origine française [plus de 78
000 inscrits sur les registres électoraux en réalité, NdT]. Lundi
dernier, il a twitté «La quenelle d’Anelka est intolérable ! Je vais
déposer une proposition de loi pour punir ce nouveau salut nazi pratiqué
par les antisémites.»
La France a adopté des lois pour « punir
l’antisémitisme » [aucune de ces lois ne concerne exclusivement
l'antisémitisme, NdT]. Le résultat est à l’opposé. De telles
dispositions tendent simplement à confirmer la vieille idée selon
laquelle «les juifs dirigent le pays» et participent à la montée de
l’antisémitisme. Quand de jeunes français voient un Franco-israélien
essayer de transformer en délit un simple geste, quand la communauté
juive se mobilise pour interdire leur humoriste préféré, cela ne peut
que faire monter l’antisémitisme et même encore plus rapidement.
Il reste que dans cette escalade le
rapport de forces est très inégal. Un humoriste n’a pour armes que des
mots et des fans qui pourraient bien se disperser quand la situation va
se corser. De l’autre côté se trouvent l’idéologie dominante et le
pouvoir de l’Etat.
Dans
ce genre de conflit, la paix civile dépend de la sagesse et de la
capacité de ceux qui ont le plus de pouvoir à faire montre de retenue.
S’ils n’agissent pas en ce sens, alors cela pourrait être un jeu sans
vainqueurs.
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