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Med Gharbi, Djamila, Malika, et nous autres


Entre le confort de l’une et les combats des autres

Novembre et le Combat continue …grâce aux femmes de cette Algérie meurtrie.La célébration du 56ème anniversaire de Novembre 54 coïncide avec la sortie algérienne du livre de Djamila Benhabib "Ma vie à contre Coran". Après l'accueil unanime, parfois condescendant de nombreux journalistes d'ici et de là-bas, il y eut un papier courage de Malika Boussouf dans "Le Soir d'Algérie"(
Lien: http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2010/10/30/article.php?sid=108054&cid=16)
. J'allais dire enfin une note discordante! 
Trop simplet comme raccourci, en fait le texte de Malika Boussouf est bien un souffle digne de Novembre, car il remet les pendules à l'endroit, le décalage n'est pas seulement horaire entre la province québécoise et les Champs Élysée. Avec sa verve habituelle, sa clairvoyance redoutable et sa plume trempée dans l'encrier de l'honneur, Malika Boussouf nous interpelle. De cette interpellation, un échange que Boussayar se fait un plaisir de relayer. Surtout au moment où dans les travées enfumées du SILA, de jeunes algériens distribuent des appels à l'amnistie au profit de Mohamed Gharbi, ce Novembriste de la première heure, ce patriote des temps modernes qui se soulèvera 3 fois et qui croupit dans les geôles de la république dont il fut un incontestable géniteur. Qui a dit que la révolution finirait par manger ses enfants? Avec la condamnation de Mohamed Gharbi, la preuve en est faite: il n'est pas bon d'être révolutionnaire, et surtout de le rester! 
Dire qu'il lui aura fallu 56 ans pour s'en rendre compte! Rien que pour une bourde pareille, on devrait tout lui pardonner à ce septuagénaire persistant. Sa condamnation devrait être caduque pour gros déphasage. Il avait cru qu'avec l'avènement de l'obscurantisme, la révolution de Novembre reprenait de plus belle, car la nation était encore une fois en danger! Quel grand naïf que ce moudjahid de Souk Ahras. Au secours Frantz Fanon, le théoricien de la révolution, l'Algérie ne fait plus le distinguo entre les héros authentiques et la racaille. Et ça personne ne l'avait enseigné à Mohamed Gharbi. Normal qu'après toutes ces dérives, il se fasse sacrifier pour son entêtement à continuer à chanter "oua 3akadna el 3azma an tahia el djazaier"! Normal qu'à cause de ce combat pour lequel il s'était engagé en 1954, il se fasse rattraper par l'histoire! Connaissez vous un seul faux moudjahid qui, à l'avènement du terrorisme intégriste -durant la décennie rouge et noire-, ait (re) pris les armes pour sauver une seule (seconde) fois l'Algérie? Lui, Mohamed Gharbi l'a fait! Dur d'accepter d'un septuagénaire une erreur de jeunesse. C'est peut être pour ça aussi qu'il a été condamné? Finalement pourquoi ce bon patriote (de 1954) est-il devenu un si mauvais élève en 2008? Curieux parcours que notre érudit professeur Ridouh est seul à pouvoir expliquer. Car il y a là un véritable mystère  que seul un expert international pourrait éclaircir. A-t-on expliqué à Mohamed Gharbi, ce récalcitrant moudjahid, que la guerre était finie? Si oui, a-t-il appris la leçon? Quelle note a-t-il obtenu à l'examen final de la grâce amnistiante, un module qu'aucune école ni université n'a jamais enseigné!  En 1954, quand un indigène sur 1000 pouvait aller à l'école, Mohamed Gharbi avait 16 ans! trop vieux pour aller à l'école, les indigènes en étaient exclus dès 14 ans, mais déjà majeur pour rejoindre l'ALN! Première et lourde erreur de Mohamed Gharbi. Ne jamais s'engager dans la guerre avant sa majorité! Il est rentré trop jeune dans la guerre et il n'en est jamais sorti! C'est peut être à cause de cela que la révolution triomphera, laissant dans son sillage d'éternels enfants. Un pays qui accepte de condamner des enfants de Novembre à la peine capitale a-t-il un avenir? Nul ne peut nier que Mohamed Gharbi est un enfant de Novembre! Est-ce une raison suffisante pour le pousser vers l'échafaud? 
Boussayar



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