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Djamila, Malika, Wassila, Bakhta, Dalila et le décalage horaire


À PROPOS DU LIVRE MA VIE À CONTRE-CORAN DE DJAMILA BENHABIB
C’est mon avis !

Le Soir d’Algérie du 30 octobre 2010

Par Malika Boussouf
Comment expliquer l’épuisement que l’on éprouve au sortir d’un ouvrage aussi fastidieux à parcourir ? Comment cautionner un écrit qui justifie la xénophobie quand il ne l’encourage pas ? Faut-il rappeler, par exemple, que les crimes d’honneur obéissent à des codes qui, à l’origine, n’avaient pas de références religieuses ?
...... Parler de l’Algérie aurait suffi à illustrer tout ce que l’ouvrage s’est épuisé à aller chercher ailleurs. Quand on n’a pas de problème existentiel pourquoi s’en inventer ? C’est tellement inutile ! À moins que ces derniers ne s’avèrent indispensables à la justification du départ ou à l’adoption de soi par les autres ? Fuir le carcan algérien pour ne se revendiquer que comme citoyenne du monde, oui ! C’est même très bien ! Pourquoi culpabiliser, alors, au point de dire : «Je regardais ailleurs pour ne pas trop m’apitoyer sur mon sort» ? S’il est vrai que Ma vie à contre- Coran n’est pas destiné à un lectorat algérien, il faut certainement le lire non seulement pour éprouver cet intense plaisir d’en avoir fini avec mais aussi et surtout pour comprendre pourquoi il a été écrit par cette citoyenne québécoise d’origine algérienne qui pleurniche sur son itinéraire d’enfant gâtée et sa condition de femme privilégiée. Il s’agit d’une femme «modèle» qui s’est forgée une personnalité juste comme on les aime en Occident. Ces femmes qui viennent de pays musulmans et qui, parce qu’en quête de reconnaissance, crachent plus loin que tous dans la soupe qui les a nourries. Des femmes qui pour mieux être regardées
dans leur pays d’adoption empruntent dans un excès de zèle enragé le langage désopilant d’éternels pourfendeurs de l’Islam. J’ai vainement attendu que Djamila Benhabib aborde le combat féministe en Algérie.
Rien ! Elle a fui les islamistes ici pour les retrouver au Canada. Les dénoncer là-bas en écoutant Rock Voisine et en s’adonnant au plaisir retrouvé de monter à cheval, c’est tellement plus confortable ! Que vive donc la liberté d’expression propre à l’Occident, mais que vive aussi celle qui fait l’objet de batailles quotidiennes en Algérie.
C’est ce combat que beaucoup d’entre nous préfèrent mener. Il est plus excitant ! Et tant pis pour celles et ceux qui s’offusqueraient que l’on puisse défendre l’Islam et Allah sans être un fou de Dieu ni un adepte du foulard. Comme il est agréable de ne pas appartenir au clan.
M. B.


Dalila B. à Aziz Mouats
J'ai lu le livre de D.Benhabib il y a quelques mois et effectivement, je pense qu'il n'apporte rien de nouveau à ceux et surtout celles qui ont vécu ces années là au pays, jour après jour, ceux qui ont vécu l'escalade de la violence, ceux qui ont pleuré les morts, ceux qui ont résisté d'une manière ou d'une autre à la barbarie islamiste, ceux que le cauchemar n'a pas emporté. En revanche, il apporte à ceux qui ne vivent pas en Algérie, le ressenti d'une algérienne (une parmi tant d'autres) refusant le dictat des islamistes. Pourquoi pas?
En revanche, j'ai beaucoup (et c'est peu dire) apprécié "une femme en colère" de Wassyla Tamzali. A lire si ce n'est déjà fait. Elle interpelle de manière magistrale les intellectuels de l'autre coté de la grande bleue qui ne limitent les droits de la personne humaines qu'aux contrées occidentales.
Dans quelques heures seront lancés à partir de la baie d'Alger 56 coups de canons. Pour moi, ils retentiront toujours avec nostalgie et  beaucoup de peine, car l'Algérie dont ont rêvé ceux qui ont donné leur vie pour ce pays, n'est sûrement pas l'Algérie d'aujourd'hui!
Je ne dis qu'à quelques rares personnes "bonne fête" pour le 1er Novembre, tu en fais partie désormais, alors Aziz, bonne fête, car on contribue un peu, un tout petit peu à notre manière, à construire l'Algérie dont ont rêvé nos martyrs.
Affectueusement.

Aziz Mouats à Dalila B.

Bouleversant ton mail, bouleversante ton analyse, bouleversante ton appréciation sur la construction du pays, bouleversant ton respect pour nos valeureux martyrs. Avec autant de bouleversements à la fois, au point où j'en suis ému, je voudrais te dire que le plus choquant pour moi, ce ne sont pas les prises de positions des intellocs de là-bas, ils sont forcément forgés à une vision différente de la notre, mais ce sont les louanges de certains journalistes bien de chez nous qui sonnent mal. C'est pourquoi je partage totalement le coup de gueule de Malika Boussouf. « Ya Bourab », que deviendrions-nous lorsque nos femmes se glisseront toutes dans l'aplat-ventrisme occidentalo- islamiste? Heureusement que certaines de nos compagnes maintiennent en vie ce zeste de lucidité qui les rend si grandes à nos yeux. A une collègue –Bakhta A.- qui m'interpelle souvent sur l'abnégation à la tache de nos universitaires de l'autre sexe, je suis presque soulagé de lui dire voilà des femmes qui ont gardé le sens de l'honneur et celui du combat pour la lumière et contre l'obscurité...
 Non pas l'obscurité, ça c'est féminin, ça véhicule encore de la douceur, je lui préfère l'obscurantisme et je l'accompagne de la lâcheté. Merci Dalila et bonne fête, merci Malika Boussouf, vous avez de qui tenir. Merci Bakhta et Wassila, vous nous donnez tant de courage, car vous êtes nos "derniers" vigiles. A vous et à toutes vos semblables, bonne fête du 1er Novembre, vous le valez très bien. Et encore merci pour cette droiture qui vous donne toute cette grandeur. 
Un petit et fort amical coucou à Mme Wassila Tamzali. Tout comme de nombreux agronomes de ce pays, j'ai connu Nadia Zougar/Tamzali qui officiait de manière magistrale à l'école d'agriculture de Aïn Taya.....nous sommes des milliers à avoir la faiblesse d'en garder un souvenir impérissable. L'Algérie est un si petit pays, finalement....
Aziz Mouats

Commentaires

  1. Je suis très émue de découvrir cette évocation de ma mère, Nadia Zouggar.
    Bien amicalement,

    Nadjet Z.

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  2. Salut nadjet c'est tarik salemkour j espère que tu vas bien

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Salut Tarik
      ça va bien merci.
      J'espère que tu vas bien aussi.

      Supprimer

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