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Nous et les «Nostalgériques » des deux rives

Nous et les «Nostalgériques » des deux rives

Réponse Aghilas-kosseila,
Merci pour ce long post où vous avez majestueusement fait le tour de l’histoire d’Algérie. Cependant, certains sujets ont été traités avec une certaine légèreté, voire avec désinvolture. S’il s’était agit de questions banales, je vous aurez au plus remercié pour vos bons vœux. Mais certaines de vos affirmations appellent une mise au point que voici :
 Les juifs d’Algérie ne sont pas des juifs Français, ils le sont devenus par la grâce du décret Crémieux qui en aura fait les premiers (les seuls ?) indigènes à bénéficier du statut de citoyen français « à part entière ». Je n’éprouve que du respect pour ceux parmi ces juifs qui ont combattu à nos cotés les forces coloniales et dont certains sont tombés au champ d’honneur pour que vive l’Algérie Algérienne. Tous les Algériens ne peuvent pas en dire autant !
Concernant la relation avec JP Lledo, la sortie du film « Algérie, histoires à ne pas dire » où j’y participais en qualité de témoin pour la première partie qui portait essentiellement sur l’insurrection du 20 aout 1955 sur la ville de Philippeville, (re) devenue Skikda à l’indépendance, ainsi que sur l’attaque de la petite agglomération d’El Alia où périrent 36 français. Grace au Matin-dz et au Soir d’Algérie, qui ont eut l’obligeance d’accueillir mes réactions et griefs à l’encontre du film de JP Lledo, j’ai eu l’opportunité de dire que la version des faits telle que rapportée par JP Lledo avait été tronquée et que ce réalisateur Algérien, de père espagnol et de mère juive de Tlemcen, ne s’était pas gêné pour faire l’impasse sur la gravité des massacres subies par la population autochtone de Skikda et de toute la région du Nord Constantinois, lui rappelant que face aux 71 victimes européennes d’El Alia et de Skikda, les ultras et les troupes régulières Françaises avaient massacrés plus de 12.000 (douze milles) algériens, dont des femmes et des enfants. Pour plus ample informations, vous retrouverez sur la toile nos échanges. Vous y apprendrez également que malgré ses défauts et autres zones d’ombres, le documentaire de JP Lledo demeure un film de référence, en ce sens qu’il s’agit du premier travail réel sur une histoire que les deux parties, pour des raisons que vous devinez, ne voudront jamais rendre publiques. Il faudra attendre 3 ou 4 générations, peut être un siècle si entretemps un petit incendie n’aura pas tout emporté de nos archives!
Vous me reprochez d’avoir « fait des griefs contre notre pouvoir parce que il a interdit la projection de ce film en Algérie...et même ce que vous ne dites pas...ce réalisateur a reçu des instructions de ne pas faire des témoignages en Kabylie occidentale (le Dahra.)....en Kabylie de Djurjura...et même en Kabylie des Bâbords... Sétif 1945... et Soummam... ect.. » 
Oui ! Absolument, et je ne suis pas seul. Voyez la bronca qui a suivi la sortie du livre de Saïd Saadi sur la mort des colonels Amirouche et El Haouès et vous comprendrez combien il est difficile de parler en toute objectivité de l’histoire de la guerre d’Algérie. Comme beaucoup de citoyens Algériens de Kabylie et d’ailleurs, cette histoire, avec ses victoires, ses revers, ses trahisons, ses coups bas, ses règlements de compte, ses régionalismes et ses népotismes, fut une grande révolution ! Le fait de le dire dérange non seulement les «Nostalgériques » des deux rives, ce qui est parfaitement compréhensible, mais également ceux qui ici en Algérie ne parviennent toujours pas à se frayer un chemin vers la postérité. C’est là à mon humble avis le plus grand drame de ce pays. Car le jour où nous nous retrouverons comme durant les 7 années de guerre, tous unis pour un objectif commun qui ne peut être autre chose que la grandeur de ce peuple et la noblesse de ce pays, à ce moment là, l’Algérie retrouvera sa place dans le cœur de ses enfants, et dans le concert des nations modernes. Pourquoi ce qui a été possible avec Boudiaf, Abane, Ziroud, Ben M’hidi, Didouche, Souidani, Zohra Drif, Hassiba et Djamila ne le serait il pas avec Sadi, Hamrouche, Benbitour, Bahloul, Benfodil, Mostéfaoui, Brahimi, Bouzidi, Benissaad, Benchicou, Amari et Dilem ? 
Je ne sais pas d’où vous tenez l’info de l’achat de Skikda par les Français, mais je confirme que nous sommes bien vos cousins, je sais que c’est dûr d’avoir à supporter une traitrise même passagère d’un cousin, je puis cependant vous dire que les historiens français de l’époque de la colonisation sont unanimes pour dire combien les Béni M’hénna furent de redoutables combattants. Ce n’est d’ailleurs point sans raisons que Philippeville sera la cité qui comptera le plus fort pourcentage de pieds noirs par rapport à la population indigènes. Entre le 20 et le 23 aout 1955, la France coloniale s’en était encore souvenus! Et ça, le film de JP Lledo « Algérie, histoires à ne pas dire » l’aura à peine effleuré ! D’ailleurs dans un de mes post, je lui demandais, avec Brahim Senouci, ce qu’il comptait faire lorsque des partisans de l’Algérie Française, -pour la plupart des « Nostalgériques » indécrottables qui ne veulent pas se résigner à reconnaître la défaite de la France coloniale par le peule Algérien sous la bannière du FLN/ALN- se saisiront de son film documentaire pour distiller encore leur haine de l’Algérie Algérienne. Ni Brahim Senouci, ni moi-même n’avons à ce jour reçu de réponse directe de la part du réalisateur. Par contre, ce dernier ne manque plus aucune occasion pour soutenir ouvertement le massacre des Palestiniens par l’armée sioniste. Un juif, de surcroit Algérien qui soutient les causes justes, j’en fais sans hésitations un ami et un frère de lutte, celui qui s’aligne sur les thèses stupides, revanchardes et sanguinaires du sionisme international tel qu’incarné par Israël, ça ne passe pas ! Un petit coucou à Katiba Hocine, qui vient de nous quitter. Elle était dans le film de JP Lledo en compagnie de l’icône Louisette Ighil Ahriz pour dire à JP Lledo que s’il fallait mettre des bombes pour répondre aux chars de Bigeard, elles le feraient sans hésitations.
Aziz Mouats

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