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Mostaganem : grogne chez les armateurs de pêche




C’est la mobilisation générale chez les armateurs propriétaires de sardiniers qui tentent encore une fois d’attirer l’attention des responsables locaux et nationaux sur ce qu’ils qualifient de massacre irresponsable de la ressource halieutique nationale. Ce n’est pas la première fois que des professionnels de la pêche contre le laxisme des autorités face à l’usage de filets pélagiques à mailles ultra fines qui raclent systématiquement les fonds marins. Détruisant au passage les alevins et les œufs dont l’éclosion date de quelques jours, voire de quelques semaines. Sont visés tous les chalutiers qui utilisent depuis plusieurs années déjà, les fameux filets pélagiques qui sont par ailleurs totalement interdits à la pêche. Mercredi dernier, ce sont pas moins de 50 armateurs qui se sont regroupés au niveau de la chambre de la pêche pour débattre de la situation de leur activité et attirer l’attention des autorités sur la situation alarmante du secteur de la pêche. 


Dans une lettre destinée à leur tutelle, dont une copie a été envoyée au nouveau ministre de la pêche, les armateurs de sardiniers font part de leurs inquiétudes sur l’avenir de la pêche et sur la situation financière des armateurs de sardiniers. Ils stigmatisent certains pêcheurs qui utilisent des filets à cordes, soulignant que ce type de matériel est interdit dans l’union européenne, car ajoutent-ils, ces filets ratissent tout ce qu’il y a dans la mer, empêchant ainsi le développement des espèces marines. Les signataires de la lettre dénoncent les pratiques néfastes et dévastatrices des chalutiers qui ratissent les zones d’exclusion telles que définies par l’Etat, insistant sur ses conséquences sur l’état actuel de la pêche, ainsi que sur la rareté et sur la cherté du poisson. Ils soulignent en outre que ce ralentissement de l’activité se répercute sur la santé financière des armateurs qui ne peuvent de ce fait payer les assurances ni assurer l’entretien et le renouvellement du matériel. Nombreux sont ceux qui, à la suite de la diminution drastique des captures se retrouvent pris en otage par les frais inhérents à leur activité régulière mais également par le remboursement des échéances auprès des banques. En effet, mis à part quelques cas particuliers, la plupart des armateurs ayant contracté crédits dans le cadre de la relance de cette activité, ne parviennent plus à honorer les échéances. Ils expliquent cette situation par la baisse des captures dont il attribuent l’origine aux pratiques néfastes de l’autre partie des armateurs qui ne cessent d’utiliser des filets qui ne laissent aucune chance de renouvellement. 
A l’appui de leur démonstration, nos interlocuteurs montrent une bouillie ramenée selon eux depuis un chalutier, bouillie dans laquelle il est aisé de constater qu’elle se compose quasi exclusivement d’alevins et de juvéniles de sardines franchement reconnaissables, dont l’âge ne dépasserait pas les 10 jours. Ceci nous a été corroboré par un spécialiste en biologie marine qui rappelle que les mois de mars et d’avril correspondent bien à la période reproduction des espèces pélagiques en général et des sardines en particulier. Pour lui, il ne fait aucun doute que le lot appartient de par l’âge des captures et sa fraicheur, à un prélèvement dans les zones de reproductions côtières, sensées être protégées par la loi. 
 Il se trouve, comme le soulignera le chevronné Hadj Habib, un patron de pêche très écouté et très respecté, que l’activité des sardiniers équipés de filet senne n’a aucune incidence sur les alevins du fait de la largeur de la maille qui ne retient que les poissons adultes, contrairement au filet à cordes qui en raclant les fonds marins, ne laissent passer que le sable. Pour lui, il est normal que l’utilisation de ce type de filet entraine une diminution sensible et irréversible de la ressource. Retraité, il note non sans amertume que « l’activité court à sa perte », renvoyant dos à dos « l’insouciance dramatique de ceux qui utilisent ces filets destructeurs et le laxisme troublant de l’administration qui laisse faire ».

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