Accéder au contenu principal

La Derdara et l'imposture

 Pèlerinage estival sur les terres de l'Emir Abdelkader...passage obligé sous la Derdara, le frêne sous lequel l'Emir Abdelkader a reçu l’allégeance des tribus...le lieu ne manque pas de sobriété...cependant, j'y ai relevé quelques incongruités ...qui m'ont très fortement impacté...encore une fois, ce lieu chargé de notre mémoire collective et ô combien symbolique aura été livré à une stupide méprise...


Je rentre à l'instant de la Derdara...c'est le frêne sous lequel a été sacré l'Emir Abdelkader...il a pris un coup de vieux...c pas de sa faute...des petits génies " dans le sens étymologique indigène" se sont installés tout autour...on dirait une manif...avec des pancartes...signées...ça fait très bazar ...j'ai pas osé retenir des noms...si insignifiants, comme celui d'ancien président de la RADP qui fut chassé par ceux qui l'ont mis au pouvoir, ses postes d'Oujda...après un long séjour dans une sombre caserne, une fois remis à l'air libre il est passé...ce qu'il ne fit point durant sa dictature suprême- normal il n'avait pas bcp de temps avec les hammams qu'il gérait avec rigueur pour faire fondre la graisse à de vrais patriotes...il y avait aussi des anciens chef de la PN...dont un barbu ramené depuis le fringant Sersou par celui qui s'est présenté comme étant le redresseur révolutionnaire en chef...c'est dire si la révolution avait besoin de forgerons...la suite...avec les photos de ceux qui étaient en pèlerinage avec moi - Brahim Senouci et Senouci Ouddan- dans les quartiers premiers de l'Emir Abdelkader...dans cette fertile et verdoyante plaine de Ghriss, une Mitidja haut perchée, qui mériterait qu'on lui recharge sa nappe....y compris avec l'eau du Bouhanifia, du Fergoug envasé et pourquoi pas celle du MAO...



C'est, là où, avec ses fidèles, l'Emir Abdelkader O/Mahieddine entama la résistance contre la guerre de conquête de notre si beau et si chaud pays...une chose est sure, autour du vieux frêne , on a rien trouvé de mieux à faire que de laisser des apprentis dirigeants en mal de reconnaissance et surtout de légitimité se prêter à un curieux cérémonial: planter un frêne autour de la Derdara...et pourquoi donc? je me suis dis que peut être c'était en prévision d'une éventuelle Moubaya3a? et j'ai enfin compris pourquoi ce pays est si mal géré...à chacun sa Derdara, donc à chacun son allégeance...franchement je vais vous dire... 


Ce spectacle est pitoyable car il relève d'un mimétisme primaire et stupide...à défaut de faire mieux sinon autant que l'Emir pour unifier la Nation et construire un État, nos guignols du pouvoir, lui ont infligé ce sinistre scénario...mais rassurons-nous, leurs arbres ridicules, tous flanqués du nom de son planteur...n'ont ni la simplicité ni la majesté de celui de l'Emir...alors que ce dernier s'est couvert d'une carapace en forme de mosaïque, tressée avec élégance par sa propre écorce...et que son tronc porte de multiples blessures qui feraient bondir le peintre Mohammed Khadda, l'adorateur de l'olivier, et pendant que l'original s'est pris au jeu du sculpteur en donnant de l'épaisseur à sa base...les frênes de la nomenklatura, pressés les uns contre les autres...s'étirent vers le ciel dans une minceur insipide...comme s'ils cherchaient juste à grandir vite et à faire de l'ombre au frêne Premier...morale de l'histoire, il est vain de chercher à taquiner l'histoire...elle se venge toujours de ses imposteurs...





Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Meursault, un criminel innocent

Ce texte prémonitoire de Khaled Ouaddah. Que je republie à l'occasion de la venue dans le Dahra, pour un circuit mémoriel, du romancier et pamphlétiste Rachid Boudjedra ...le texte est a mettre en relief avec la parution de son nouveau livre " Les contrebandiers de l'histoire"...ou l'impossible réconciliation avec les groupies de Sansal, KD, Bachi et autres renégats...


Albert Camus, une œuvre toujours revisitée
L'Etranger : un criminel innocent ?

Publié dans El Watan le 02 - 02 - 2006
la réalité du roman L'Etranger met mal à l'aise le lecteur. Mais d'où vient la force d'impact qui a fait de ce court récit l'objet de tant de commentaires, d'analyses et de réflexions illimitées parmi les critiques littéraires et dans le monde universitaire d'une façon générale ? C'est le caractère énigmatique du personnage de Meursault qui rend invisible la frontière entre la fiction et la réalité, à travers l'accomplissement …

Ma lettre à Walid Oudaï

Lorsque je suis venu sur vos terres, dans le Dahra Oriental, pays des Ménaceur, je ne savais rien de toi. Par contre je connaissais parfaitement tes aïeux. Avec ta soeur ainée Mina, ton papa Mohamed et tes nombreux cousins, j’ai découvert ces lieux de mémoire et d’histoire. J’ai ainsi appris, grâce à la bienveillance de Kamel Bouchama - moi je lui préfère Bouchmaa- que sur vos terres de Y’oudaiène, était né un certain Macrin, qui fut Empereur de Rome...là haut sur la montagne, à quelques encablures de Cherchell, c’est ton papa et son cousin Mohamed qui m’ont guidé vers les tombes de ton grand père Larbi Oudai...et de celle de Belkacem Allioui, un pur citadin de Césarée...tombé au combat alors qu’il était aux cotés de ta grand-mère, la célèbre moudjahida Zoulikha Oudai...dans le maquis de Y’oudaiène...c’est pourquoi, lui, l’enfant de la ville, a été enterré sur la montagne...celle qui fait ostensiblement face au pic Menaceur...ensuite, nous sommes allés sur les traces de Zoulikha...su…

De Boabdil à Sidi Mejdoub

Autant je comprends la tristesse et la douleurs de ceux qui ressentent très sincèrement cette issue comme une agression contre leur patrimoine, autant je ne comprends pas pourquoi ont n'a rien fait pour sauvegarder ces lieux remplis d'histoire...
Je connais cet endroit depuis l'année 1971...je connais la plupart des familles qui y possédaient une maison ou un cabanon, j'ai appris à connaitre le passé glorieux de ce lieux d'histoire et de patriotisme...j'ai été choqué lorsque l'ex wali Maabed avait pris la décision de procéder aux expropriations, puis je n'ai pas cherché à comprendre pourquoi de nombreux propriétaires ont accepté les offres d'expropriation...j'ai soutenu les groupe présidé par mon ami Mejdoub Kaid Omar...nous avons longuement discuté de ce qui était possible de faire pour sauver le site...puis j'ai vu les premières démolitions et j'ai eu le coeur serré...maintenant il faut se dire les choses frontalement, est…