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Le jour où j’ai versé le sang pour Ouled Riah


En revenant vers Nekmaria, traumatisé par le choc de l’agression dont je venais d’être la cible, alors que je peinais à remettre de l’ordre dans la tête de ma fille, qui malgré une année exécrable, était parvenu à franchir sans dégâts l’écueil des examens, mon esprit était partagé tantôt par le discours que tenait à mes cotés le vieux Hamoudi -que son fils Mohamed, avant de quitter le plateau m’avait confié la tache de ramener à la maison-, tantôt par les sanglots persistant de ma fille. Le sang qui continuait à couler de ma joue n’arrangeait rien, en tous cas il ne m’aidait pas à donner l’image de sérénité que je voulais transmettre à mon entourage.

Surtout à ma fille, mais également au vieux Hamoudi, dont les mots me troublaient profondément. Parce qu’il expliquait à un de ses interlocuteurs que je n’étais pas un étranger mais un membre à part entière de sa famille… des mots que je garderais toute ma vie enfouis, comme les 1500 Ouled Riah. Parce qu’ils sont plus forts que la bêtise qui les a provoqué. Pour regagner Nekmaria depuis Chkarnia, lieu du drame qui venait de se jouer, il faut parcourir 3 km en lacets, avec une pente de plus 25%. J’explique alors à ma fille qui prépare son permis de conduire, en quoi consiste le frein-moteur. Mais elle repart en sanglots, car manifestement, dans sa petite tête, elle venait de vivre le drame qu’elle redoutait le plus, celui de voir son père dans pareille situation, la joue ensanglanté et une blessure de 9 cm qui évite miraculeusement l’œil droit. Et ce sang qui ne parvient pas à cicatriser. Ce n’est pas un flot, mais un mince filet que je perçois perler sur ma joue et que j’essuie machinalement de la main. Je dépose le vieux Hamoudi à Nekmaria, et prends la direction de Khadra. Mais à Doualia, je croise les gendarmes qu’Anis Benhalla ( En Nahar), depuis Mostaganem avait prévenus. Très vite je leur montre la photo de mon agresseur que ma file avait eut le réflexe de prendre juste au moment du drame.

Rigueur professionnelle
Les gendarmes me recommandent d’aller me faire ausculter à la polyclinique d’Aâchaâcha et de rejoindre la brigade de Khadra pour porter plainte. Le médecin de permanence, le Dr Med Amokrane m’ausculte avec grande attention. La tension, malgré les béta bloquants du matin, a atteint un seuil critique. On me fait une injection pour la faire tomber à un niveau normal. En quittant le centre de santé, je reçois un appel de Mohamed Bensmaïne l’ingénieur du son, qui m’apprend qu’avec l’équipe de l’ENTV, ils sont à mes trousses. C’est ensemble que nous rejoignons la brigade de gendarmerie de Khadra où je remets mon certificat médical et porte plainte. C’est à ce moment que mon agresseur, accompagné de son père et de son frère rentrent à la brigade. L’injection commence alors à faire son effet. Une fois entendu, je signe le PV et nous rentrons à Mostaganem. Faïza Mokrane, la réalisatrice est assise sur la banquette arrière. Elle me parle alors de sa perception de l’incident et me dit avoir envisagé de mettre fin au tournage. Je lui réplique que c’était le truc à ne pas faire, car les figurantes qui sont venues de Mostaganem n’allaient pas revenir une seconde fois. Dans pareille situation, il est prudent de ne pas réagir comme le veut la morale, mais seulement comme l’exige la rigueur professionnelle.
Je n’aurais jamais accepté que le tournage soit interrompu car ce documentaire, cela faisait exactement 4 ans que je le faisais dans ma tête. Depuis le jour où, accompagné de mon fils Ali, nous sommes rentrés dans la grotte de Ghar El Frachih.

La route de l’Histoire

C’était le 14 juin 2008, à 10h09. Depuis cet instant, je me suis juré de consacrer le restant de ma vie à rendre justice à la tribu martyre, mais également à toutes les victimes de la barbarie coloniale. A cette époque, la route qui part de la RN11 à Nekmaria était dans un état lamentable, mais celle de Nekmaria à Ghar El Frachih était absolument exécrable. Un papier publié le mercredi 18 juin dans la page Mosta Info d’El Watan avait fait l’effet d’une bombe au niveau de la wilaya. Si bien que le lendemain, et pour la première fois, la wali de l’époque allait organiser une sortie pour se confronter à la réalité. Nul doute que la décision de refaire la route de Nekmaria a été prise ce jour-là. Le 19 mars 2011, cimetière des chouhada d’Ouled Baroudi, j’interpelle le ministre des anciens moudjahidines sur le sort fait à cette tribu par son ministère lui rappelant les faits de manière aussi succincte que possible. Là encore, décision a été prise afin que cette tragédie des Ouled Riah sorte de l’oubli. Branlebas de combat dans les travées de la république, avec prolongements au niveau local. Le recteur de l’université me demande alors de participer à une manifestation commémorative. Ce qui donnera droit à une journée d’études qui aura mis à l’épreuve toutes les compétences universitaires. De son coté, l’école des Beaux Arts avait fait venir plus de 70 artistes algériens de l’intérieur et de l’exil. Le concept « Des artistes pour Nekmaria » voyait le jour. Le 19 juin 2011, la veille de la journée d’étude sur les enfumades, arrive une équipe de l’ENTV du siège. A sa tête, Faïza Mokrane, connue notamment pour son excellent travail sur les sites des essais nucléaires Français dans le Sahara Algérien. Elle avait programmé un reportage sur la rencontre universitaire et souhaitant se rendre à la grotte. Un enseignant sollicité pour l’accompagner, s’étant décommandé à la dernière minute, c’est vers moi que le recteur se retourna, tout en sachant que mon implication dans la manifestation du lendemain ne me laissait pas la moindre fraction de seconde de disponible. Dehors, il faisait une chaleur suffocante (39°) et les banderoles ainsi que les photos de l’exposition tardaient à sortir des ateliers de confection. On m’explique alors que j’étais le seul à pouvoir accompagner la TV sur le site. J’appelle alors Med Hammoudi pour lui demander de nous attendre avec des boissons fraiches au niveau du douar Chkarnia, là où l’oued Frachih prend sa source.

Les premiers ossements depuis 166 ans
Avec un groupe d’habitants, ils nous accueillent au lieu dit, vers 16h00. Après une série de prise de vues sur les alentours de la grotte, nous décidons d’entreprendre la rude descente vers le lit de l’oued puis vers la grotte où dorment depuis 166 ans, les Ouled Riah. Pendant que le cameramen filmait sans relâche, un jeune habitant me susurre à l’oreille que la veille, des bergers ont découvert un passage vers une des grottes. Il ajoute qu’ils ont retrouvés des restes ainsi que des reliques. Je décide alors de les suivre au fond de la grotte. J’ai fais un long récit de ce jour mémorable. Après 30 minutes dans la fraicheur et surtout la proximité des Ouled Riah, je remonte à la surface avec des os humains ainsi que du linge et des outils. Faïza Mokrane fait des plans serrés et nous remontons le ravin vers le plateau. J’informe mes responsables de l’université et nous retournons sur nos pas. J’ai pris conscience que 166 ans jour pour jour, je venais, bien malgré moi, de remonter à la surface les premiers ossements humains des Ouled Riah. Le lendemain, face à un auditorium plein à craquer, j’annonce que les Ouled Ryah sont dans la salle... tous le monde s’est tourné vers les Hammoudi et les Fellah, venus en force assister à la manifestation. En réalité, religieusement enveloppés dans un drap blanc, ce sont les reliques et les ossements retirés la veille que le vieux Hammoudi tenait sur ses genoux. Nous n’étions que trois à le savoir, Med Hammoudi, son père et moi-même. Je pense que c’est ce jour là que Faïza Mokrane a pris fait et cause pour les enfumades du Dahra.

L’hélicoptère de l’Armée Algérienne
Je n’aurai pas l’indécence de parler des multiples péripéties et obstacles que certains ont dressés devant nous ; ni des sacrifices que nous avons elle et moi consentis, mais également ceux qui l’encadrent et la soutiennent, techniciens, historiens et universitaires de Chelef, de Ténès, d’Oran, avec mention spéciale au wali et à la directrice de la culture de Mostaganem. Les seuls qui se sont véritablement engagés à nos cotés. Une mention particulière à L’Armée Nationale Populaire qui a mis à la disposition de l’équipe un hélicoptère de dernière génération conduit par un pilote d’élite, ce qui a permis, pour la première fois, des prises de vues aériennes de la région montagneuse du Dahra. Je ne peux ne pas citer le courage, la ténacité et la grande abnégation des filles et des femmes des associations de Mostaganem qui ont bravé la chaleur et l’adversité, se contentant d’un bout de galette et d’une gorgée d’eau et se prêtant avec joie à la cérémonie d’habillement que la jeune Medjaher Nihad, venue spécialement de Chlef, aura dirigée comme le ferait le plus percutant costumier de Cinéccita ou d’Hollywood. Ce qui donnera des images d’une grande fidélité et certainement d’une grande qualité, car sur le plateau, il y avait aussi deux cadreurs, dont un jeune venu spécialement d’Oran, suite à la demande expresse de la journaliste. Dans cet immense chantier, monté qu’avec de bonnes volontés et surtout contre de nombreuses inimitiés, c’est un miracle que vient de se produire dans la région du Dahra. Mais comme il fallait s’y attendre, la main du mal a agit en sourdine. Un jeune homme, à peine la vingtaine, voyant son papa mis à l’écart du film de sa vie, sans doute poussé par la haine de quelques uns, a cru bon de faire un acte qu’il croyait être de la bravoure. En s’attaquant à ma personne, il croyait certainement venger ses ancêtres. D’autant qu’à ce moment précis du travail, j’avais ramené des galettes et de l’eau afin de soulager les figurants que le terrain caillouteux avaient rendus grincheux.

Une mobilisation générale
Nous entamions les prises de vue des « plans de coupe »; surtout des plans rapprochés qui donnent une dimension intime au film. Au moment où la réalisatrice allait donner le clap de la dernière séquence, le vieux Fellah vient encore une fois tout remettre à plat. J’entreprends, à force de cris, de l’en faire évacuer. Mais comme il prenait un sadique plaisir à me narguer, avec un sourire en coin qui en dit long sur son sadisme avéré, je l’empoigne et le met hors du champ des caméras. Soudain la foule se met à crier. Je me retourne et aperçoit, fonçant comme un bolide, le bras armé d’un bâton d’oléastre, le jeune D. Fellah qui vise directement ma tête. Un réflexe me permet d’éviter le coup en anticipant. C’est le réflexe de survie, car franchement, bien après, j’ai encore dans ma mémoire, ce regard de haine d’un garçon qui aurait pu être mon fils. Dans ce regard, je vois la mort venir et je vois mon crane fondu en deux et mon sang couler à flots. Je sais que je suis passé très près de la faucheuse. Qu’elle belle moisson j’aurais fais ce jour là ! A qui dois-je la vie sauve ? A la chance, au destin, à la baraka de Sidi Lakhdar et de Sidi Laadjel, à l’instinct de survie ou tout simplement à ce cri anonyme m’indiquant le danger ? Certainement un peu de tout ça en même temps. Peut être à la bonne étoile qui m’a fait découvrir ce pays et ses malheurs passés et présents. Je me retourne sur ces 4 dernières années passées à faire revivre l’histoire des Ouled Riah. Je mesure le travail accomplis. Je sais combien il reste à faire et je m’y applique avec intensité, générosité et dévouement. J’ai mobilisé des nombreux amis Français et Algériens, des institutions, des entreprises, des associations caritatives et culturelles, des bailleurs de fonds et des porteurs de projets, des chercheurs et des hommes de lettres, des historiens et des artistes, des cinéastes et de simples citoyens, des hommes, des femmes, des enfants…ceci est indéniable et j’espère ne pas verser dans l’auto flagellation en rappelant tout ça…Comme je n’attendais aucune récompense et aucune gratification, je prends pour de la pénitence cet acte d’une grande gravité. Ce jeune aurait pu me tuer d’un seul coup de bâtons. Il le voulait manifestement. Voyant son père exclu du film qui devrait consacrer sa tribu, son sang n’a tourné qu’une fois. A défaut de me tuer, il aurait pu me handicaper pour le restant de ma vie. Tout ça pour une image. C’est tout de même un peu court comme argument. On ne tue pas par une image dans un documentaire.

Combattre l’amnésie
C’est juste fait pour raviver les consciences et surtout pour faire reculer l’amnésie qui entoure la conquête coloniale de l’Algérie. Mais ce que je ne lui pardonnerais jamais c’est l’intention qu’il avait de donner le statut d’orpheline à ma fille. Ça m’est insupportable, car je connais hélas ce sinistre statut depuis l’âge de 5 ans, lorsque le 23 aout 1955, des soldats Français ont emmené mon père, ses frères et ses cousins vers une destination inconnue. Quant à mon engagement vis-à-vis du Dahra et de son histoire tumultueuse, l’agression dont j’ai été victime ne fera pas changer d’un iota mon souci constant de raviver les mémoires et surtout de combattre l’amnésie que l’on veut nous imposer comme unique alternative à notre quête de vérité. Le lendemain de l’acte abject incident, je suis retourné sur les lieux. J’ai regardé l’évolution des soldats français  aux abords de la grotte. J’ai regardé les fabuleux costumes ramenés d’Echlef, j’ai noté que les casquettes que Halim Rahmouni a confectionnées à ma demande afin de compléter les uniformes des soldats de Pélissier. Je me suis rapproché de Ferraï Lounès, le discret et talentueux cadreur de l’ENTV, j’ai aussi parlé avec Mohamed Bensmaïne, l’ingénieur du son, j’ai lu dans leur regard la satisfaction du devoir accomplis. Manifestement, le documentaire sera une grande réalisation à l’actif de ceux qui, dans l’ombre et plus grave dans l’adversité, auront participé à raviver cette terrible tragédie. Le film qui en sortira rendra enfin compte de cette période trouble et tragique du Dahra, lorsqu’un jeune érudit du nom de Boumaza, fera se soulever les tribus, à un moment où, affaibli par les trahisons, l’Emir Abdelkader tentait de reconstituer ses forces. Ce pan inconnu de notre histoire sera à jamais transmis aux générations à venir.

La ruée vers Nekmaria
Alors que nous quittions, Madani Beghil, sa fille Kahina et mon ami Miloud Kadi, les lieux, je vois arriver un rutilant 4X4, avec à son bord un couple et leu enfant. Je leu demande comment ils ont fait pour venir jusqu’à nous. Ils m’expliquent qu’ils avaient pris connaissances de l’existence de cette grotte et qu’ils ont décidés de la visiter. Lui est Algérois et elle de Tebessa. Il y a 4 ans, nous étions seulement trois, Abdelkader, le guide, Ali, mon fils et moi même…aujourd’hui nous sommes des milliers à connaître la tragédie des populations du Dahra. Même avec des fous furieux, le miracle est devenu possible…et ça rien au monde ne pourra le changer…plus jamais…même si j’en souffre terriblement, d’une souffrance endogène, je ne suis pas prêt d’oublier que le Dahra n’est qu’une partie de l’Algérie. D’avoir aidé à la faire découvrir est pour moi une formidable compensation des souffrances et des trahisons endurées…A défaut d’avoir donné plus, j’ai payé la rançon due aux Ouled Riah par le sang…dans les petites cervelles des gens bien-pensants, je sais combien ça fait mal…pourtant je n’en tirerais aucune gloire, ni aucune honte…je n’ai fais que mon devoir, j’ai payé le prix le plus fort…la parenthèse est désormais fermée…le bébé du couple algérois que j’ai pris en photo prendra le relais. Un jour, le 5 juillet 2045, il ramènera ses enfants visiter l’endroit où, 2 siècles plutôt la colonne conduite par le colonel Pélissier, décima en les enfumant, 1500 Ouled Riah ainsi que leur bétail…lorsque sa fille de 20 ans lui demandera comment ce sinistre colonel était parvenu à retrouver la grotte, il pourra lui expliquer que parmi les 25.00 soldats, il y avait déjà 700 traitres, avec à leur tête le Khalife de Nekmaria…

« Nous venons d’enfumer Pélissier »
Ce sont ses descendants que j’ai croisé en ce funeste jour du 15 juillet 2012…lorsque j’ai frôlé la mort de si près…l’histoire est un éternel recommencement…il vaut mieux ne pas y entrer…car une fois pris dans la tourmente, on ne peut plus en sortir…après tout, ce qui compte, c’est que promesse a été tenue, désormais plus personne n’osera dire « je ne savais pas »…des femmes enceintes, des bébés, des gens humbles se rendent en procession à la grotte…les Ouled Riah ne sont plus seuls…le marquis de la Moscova peut dormir tranquille…le dernier message de Faïza Mokrane reçu le 16 juillet 2012 à 21h24, envoyé du lieu de tournage «  nous venons d’enfumer Pélissier !...

Commentaires

  1. Mon cher ami Aziz, ne vois tu pas là un destin tout tracé à l'avance. Le jeune homme aurait pu te tuer, mais Allah ne lui a pas permis de le faire. Cet acte oh combien odieux , fait de toi une autre victime des enfumés , car ton sang à coulé sur les lieux même du drame.
    C'est une image qu'il sera difficile d'enlever de ta fille et de tous ceux qui ont assisté à la scène imprévue.
    Tu as , un jour dit dans tes écrits, que tu faisons partie de cette population et de cette region.bienheureux que tu sous toujours parmi nous et parmi les tiens.

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    1. je n'ose même pas imaginer si à la place de son bâton il avait un fusil ou une lame...

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  2. ...et puis tu conquis nos coeurs, mon ami!

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