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les tourments d'un appelé du contingent


que cherche-t-on en refusant de célébrer le 19 mars ?


article de la rubrique
les deux rives de la Méditerranée > cinquantenaire
date de publication : vendredi 3 février 2012



« C’était à la fin février 1960 peut-être le 26, c’est-à-dire le jour de mes 20 ans. C’était l’après-midi. J’étais dans ma classe de CM1 à l’école de La Plaine à Bédarieux. Envoyé par Monsieur Espitalier, le directeur du cours complémentaire, qui était aussi le directeur de l’école primaire, un élève est venu m’apporter un courrier. Il s’agissait de ce que dans la région on appelait “la billette”. C’était l’avis de mon affectation pour effectuer mon service militaire. Il m’était ordonné de me rendre au Camp Sainte Marthe le 1er mars à Marseille afin de prendre le bateau pour Oran ... (lire la suite) »
Nous reprenons ci-dessous deux extraits récents du blog de cet ancien appelé pour faire la guerre en Algérie. En espérant qu’il fait erreur quand il affirme « qu’il n’y a pas de dialogue possible avec des gens qui n’ont rien appris et rien oublié ! »

2012 : le cinquantenaire de la Paix en Algérie

[Le 29 janvier 2012] – En 2012 c’est le cinquantenaire de la fin de la guerre d’Algérie. Mais qu’en retiennent donc les médias ? L’exode des Pieds Noirs, certes douloureux, et le sort, dramatique, des harkis sont l’essentiel de ce qui a été retenu.
Ce qu’ont été les cent trente deux ans de colonialisme dont huit d’une guerre atroce est gaillardement passé à la trappe. La misère du peuple algérien, ce qu’ont vécu les appelés du contingent engagés dans un conflit qu’ils désapprouvaient, tout cela est évacué !
On continue à refuser de chercher ce qui était en cause et on ne retient que la blessure de certains. Que fallait-il donc faire ? Poursuivre encore la guerre comme y engageaient l’OAS et les Pieds Noirs que cette organisation fascisante conditionnait ?
Dans le journal La Provence comme dans Le Figaro on a choisi son camp, celui du refus d’analyser ce qu’étaient le colonialisme et ses conséquences désastreuses. Pas d’examen de ce qui frappait à la porte de l’histoire. Pour les appelés du contingent, morts inutilement sur le sol africain, il n’y a pas eu le choix. Pour eux c’était le cercueil, il ne leur a pas été proposé la valise ! De même pour les martyrs algériens qui sont tombés, en bien plus grand nombre, pour l’indépendance de leur pays.
Que cherche-t-on en refusant de célébrer le 19 mars, date de l’application des Accords d’Evian et du cessez-le-feu ? A regretter la fin de la guerre et son cortège d’horreurs ? Nice Matin donne une piste : le 30 juin 2012 à 17 heures, lors de l’inauguration du Monument aux Rapatriés, « les regards des pieds-noirs et des harkis se tourneront vers la Promenade des Anglais, se fixeront sur le trottoir sud, face à la mer. » Pour un peu on les engagerait à partir à la reconquête de ces trois départements français que De Gaulle a lâchement abandonnés à l’ennemi !
Mais quel jeu jouent donc les médias en ce cinquantenaire de la paix en Algérie ? A préparer les esprits à exporter la civilisation occidentale en Iran, Syrie, Corée… comme nous avions su le faire en Indochine, à Madagascar, en Afrique (et plus récemment en Libye ou en Côte d’Ivoire)… ?
C’est vrai que le recours à la guerre serait une solution pour maintenir en état un système économique et social à bout de souffle !
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Bouclage d’un douar

“La valise ou le cercueil” à Zinga Zanga

[Le 23 janvier 2012] – Sans que la salle soit pleine il y avait beaucoup de monde pour assister à la projection du film de Charly Cassan et Marie Havenel. Je me suis fait tout petit et je me suis glissé subrepticement dans le public sans faire de vague. Je n’étais pas au milieu d’amis !
Ce n’est pas un film historique mais un film de propagande. Il entend réécrire la saga de l’Algérie en gommant de larges pans de ce qu’elle a vécu. Le plus patent sans doute c’est l’absence dans les images des appelés du contingent qu’on avait pourtant envoyés par centaines de milliers dans les opérations de maintien de l’ordre. De l’ordre colonial bien entendu !
Mais le colonialisme non plus, on n’en parle pas. Le débarquement à Sidi Ferruch le 14 juin 1830 ? Certes l’affaire du coup d’éventail reçu par le consul Duval est reconnue pour ce qu’elle est, un prétexte ! Non, Alger est un repaire de Barbaresques qui se livrent au commerce des esclaves et, condamnation sans appel, d’esclaves blancs. Parce que quand il s’agit de noirs on est moins regardant et la Traite des Nègres à laquelle s’est livrée la France pendant des siècles est une peccadille !
Les Européens viennent mettre en valeur un pays laissé à l’abandon par les autochtones qu’au demeurant l’armée française a libéré des Ottomans et de leurs janissaires. Ils sont très bien les colons, respectueux des premiers occupants, de leur religion, de leur mode de vie, de leur identité… Ils ne sont quand même pas accueillis à bras ouverts et il faudra attendre 1847 pour obtenir la reddition d’Abd el-Kader.
Les événements de Sétif et de Guelma le 8 mai 1945 ? Ce n’est pas si dramatique qu’on l’a dit. Européens et Maghrébins auraient dû fêter en communion la victoire sur le nazisme. Quelle idée de poser alors la question de l’indépendance de l’Algérie ?
Oui, pourquoi les Arabes et les Kabyles voulaient cette indépendance ? Ils n’étaient pas bien avec tout ce que la France leur apportait en matière de civilisation ? Il faut croire que ces populations sont masochistes !
Ah, la Légion qui défile à Sidi Bel-Abbès ! Elle le fait dans un ordre parfait qui inspire la confiance. C’est que dans ce pays on a quand même besoin en permanence de la force armée et ça date de la conquête de l’Algérie !
L’histoire va s’accélérer en 1954. Oui, le terrorisme aveugle c’est atroce mais pourquoi ne s’est-on pas interrogé sur ce qui l’engendrait ?
Du coup d’Etat ramenant De Gaulle au pouvoir en 1958 aux journées des barricades à Alger en 1960 jusqu’au putsch manqué d’avril 1961 on assiste aux soubresauts d’une guerre qui n’en finit pas.
Pourtant le 19 mars 1962 c’est le cessez-le-feu, quelque chose d’insupportable pour la majorité des Pieds Noirs qui le 26 mars répondent à un mot d’ordre de l’OAS et se font massacrer dans la rue d’Isly. Ce jour là j’étais à Géryville, j’ai été témoin de violences faites aux Algériens qui manifestaient leur joie par des militaires d’origine Pied Noir qui n’acceptaient pas cette évolution des choses.
L’exode ? Oui c’était sûrement douloureux mais pouvait-on s’empêcher de penser qu’il aurait fallu d’autres rapports entre les communautés que celles qui avaient prévalu pendant cent trente deux ans de colonialisme dont huit d’une guerre atroce et quelques mois d’une politique de terre brûlée pratiquée par l’OAS, à Oran notamment ?
Les harkis ? Mais dans quelle galère les avait-on embarqués ? Pauvres gens qui se sont fait avoir par ceux là même qui prétendaient les défendre ! J’ai connu le camp du Plô de Mailhac à Saint-Pons-de-Thomières. On y avait reproduit les mêmes mentalités que sous la domination coloniale ! On ne gagne jamais rien à se soumettre à celui qui vous domine !
Je ne suis pas de ceux qui ont porté De Gaulle sur les fonts baptismaux et je rappelle que sous son autorité la guerre a duré plus de temps que sous tous les autres dirigeants de la République. Que voulait-on de plus ? Continuer la guerre ?
Le retour, au cours de voyages du souvenir, de Pieds Noirs en Algérie a encore des relents de racisme. Sans eux c’est la ruine ! Et n’oublions pas non plus cette appréciation d’un Pied Noir qui a choisi l’Espagne pour s’y installer après l’indépendance de l’Algérie « On a été bien accueillis par Franco ! »
Je crois sincèrement qu’il n’y a pas de dialogue possible avec des gens qui n’ont rien appris et rien oublié !


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