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Un séisme nommé Sellal




Intervenant depuis Aïn Témouchent, le Premier ministre est revenu 24 ans en arrière. Portant  un jugement sévère sur Mouloud Hamrouche et sur son gouvernement de réformateurs.
 ça donne un procès en règle :
« Le laxisme du gouvernement de l’époque vis-à-vis de ceux qui ont voulu porter atteinte aux constantes et aux fondements nationaux a failli mettre en péril le pays », ajoutant que « ce comportement qui avait plongé le pays dans une spirale de sang et de violence », pour ensuite inviter les Algériens à ne pas oublier cette tragédie nationale. Du meme coup, Sellal encense l’action de son mentor, soulignant que « Abdelaziz Bouteflika a mesuré plus que quiconque l’importance de l’unité nationale lorsqu’il a proposé la réconciliation nationale pour éteindre le feu de la fitna et a tracé, à travers les programmes de développement successifs, une voie pour la relance du pays au profit de la majorité du peuple ».
 Il faut souligner que ce discours d’Ain Témouchent ne relève nullement de l’improvisation, un exercice dans lequel excelle Abdelmalek Sellal. Cette déclaration est contenue dans un discours écrit puis distribué à la presse. Son auteur mesurait donc parfaitement l’intérêt et la portée de son  message à seulement 4 mois de l’élection présidentielle.
 Le Premier ministre, ne se contente plus de soutenir Bouteflika. Désormais, il s’attaque à ses propres concurrents. Il n’aura échappé à personne que l’ex chef du gouvernement Mouloud Hamrouche n’est pas de ceux qui louvoient lorsque l’appel profond du pays retentit, car lui a de qui tenir…Même si l’information n’est pas confirmée par le principal intéressé, sa candidature à la plus haute magistrature du pays ne laisse planer aucun doute. Et s’il fallait une preuve, la tempétueux Sellal vient de nous l’administrer à  partir d’Aïn Témouchent.
...rappelons qu’au départ (septembre 98) à la démission de Zéroual, Bouteflika émarge avec le "système" pour mener à terme la réconciliation d'avec les groupes islamistes ainsi que les politics de la mouvance FIS...c'était le contrat initial, consistant à faire ce que Zéroual a refusé de cautionner...mais personne n'a parlé de la contrepartie...que le système a concédé...là, moi je crois que la suite du programme c'est Bouteflika qui l'a écrite tout seul...et qu’il l'a imposée aux militaires...avec dans ses manches de sérieuses cartes que les militaires ont dû accepter sans broncher...dès le premier mandat, des actions de diversion ont été menées par "le clan présidentiel" avec des acteurs connus puisque certains sont devenus ministres et d'autres moins visibles mais tout aussi puissants...la sphère s'est alors enrichie d'une nouvelle faune chargée du partage de la manne pétrolière...et de la contamination des principaux centres de décisions...arrive 2004, le Général Med Lamari, appuyé sur Khaled Nezzar, entame une approche avec comme fer de lance Ali Benflis...avec les résultats que l'on sait: Benflis laminé et Lamari destitué après l'affront subit devant témoins lors de l’accueil d'Alliot-Marie (ministre française de la défense) par Yazid Zerhouni...en sa qualité de ministre de l'intérieur...c'est ça la force de Bouteflika! il tient des cartes "maitresses", mais ce sont les termes du deal de 98 qui ont été revisés sans que l'autre partie ne parvienne à imposer une autre alternative...donc nous sommes bien obligés de conclure que même malade et amoindris, Bouteflika a eut l'intelligence de jalonner voire de "miner le territoire"...obligeant les uns et les autres à se tenir à carreaux...d'où cette insoutenable incertitude qui fait de notre pays, un berceau des illusions perdues...Sellal vient de nous en administrer la preuve…mais ne gâchons pas cet instant de rare félicité par lequel, par la voie la plus audible du moment, on apprend que non seulement Mouloud Hamrouche continue de faire peur mais qu’en plus il est candidat…les bouffons ont cette particularité de faire rire, mais également de ne dire que des vérités…alors apprécions ces instants à leur juste valeur…un séisme vient encore une fois de frapper à Aïn Témouchent, attendons la fulgurante réplique à Alger…

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